Arbrealettres

Poésie

Archive for 8 mai 2020

La Belle endormie (Georges de Scudéry)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Alphonse Mucha Art 397 [1280x768]

La Belle endormie

Vous faites trop de bruit, Zéphire, taisez-vous,
Pour ne pas éveiller la belle qui repose ;
Ruisseau qui murmurez, évitez les cailloux,
Et si le vent se tait, faites la même chose.

Mon coeur, sans respirer, regardons à genoux
Sa bouche de corail, qui n’est qu’à demi close,
Dont l’haleine innocente est un parfum plus doux
Que l’esprit de Jasmin, de Musc, d’Ambre et de Rose

Ah que ces yeux fermés ont encor d’agrément !
Que ce sein demi-nu s’élève doucement !
Que ce bras négligé nous découvre de charmes !

Ô Dieux elle s’éveille, et l’Amour irrité
Qui dormait auprès d’elle, a déjà pris ses armes,
Pour punir mon audace et ma témérité.

(Georges de Scudéry)

Illustration: Alphonse Mucha

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

VOL D’OISEAU DANS LA MATINEE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Pic-vert

VOL D’OISEAU DANS LA MATINEE

La courbe que trace en l’air
La navette du pivert
D’arbre en arbre semble tendre
Des guirlandes d’azur tendre.

(Francis Jammes)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au bord de la mer (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020


Des écueils portent des noms précieux
la mer se soumet à la lune
le pêcheur à pied des marées basses
revient porteur des crabes verts
dans la hotte d’osier mort
lorsqu’une fille s’écrie
laissez-moi à mes peines.

(Jean Follain)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La loterie (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



On a brisé
la petite loterie
où l’on gagnait un verre à fleurs
et des gens restent
autour des débris de sa roue
béats dans leur vêture
jupes roidies et scintillantes
vestes incrustées
de larmes de plâtre
redingotes noires épuisées.
Sous ces hardes les corps parfois beaux
de ceux qui tentèrent pour si peu la fortune
frissonner au vent de mer.

(Jean Follain)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA BOUE SACREE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Sarolta Bán _92

LA BOUE SACREE

Je connais le mystère
De ton génie, A coeur
Une motte de terre
Mêlée avec des pleurs.

(Francis Jammes)

Illustration: Sarolta Bán

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Brûler (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Brûler, en esprit, tous ces livres, tous ces mots
— toutes ces innombrables, subtiles, profondes,
mortelles pensées. Pour s’ouvrir à la pluie qui
tombe, traversée de moucherons, d’insectes, à
ce pays gris et vert; aux espèces diverses d’arbres,
de vert; à un craquement dans les pierres du
mur ou le bois de la porte.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour transformer l’absence (Isabelle Courteau)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020


absencejpg

Comment échapper au somnambulisme
D’une souffrance qui, sans répit, nous tance
Nous tient à un voir sans voir
Faux cristal à fendre telle une eau
Pour retrouver le sans éclat
Seule, la contrainte, de l’intérieur
Qui s’allume, s’éteint, puis
S’allume pour s’éteindre.

Le deuil ne finit pas
Nos constructions d’images profondes chancellent
Au-dessus des douleurs profondes
Pas de froid qui morde, ni de vent du nord
Que la difficile joie d’une lumière
Qu’une transparence secrète
Pour être ici autant que là
Mélange.

N’être que fidèle au fond obscur
Malgré mon attention toujours insuffisante
A ce qui sourd et se compose dans l’épaisseur
Centre qui se présente
Comme à la périphérie oculaire
Le regard orgueilleux de sa prise
Défait sans cesse.

La peine de l’exil est si vraie
Mais les larmes sont d’un grotesque théâtre
Ce qui est prison, est éclatement
Ce qui est danger, est liberté
Tu trouveras rien,
Ce rien qui aura épuisé.
Ta soif ne sera que grondement sourd.

A ce silence, tu auras donné ton silence qui,
Dans ton absence, est encore ce que tu m’as laissé
Dans une approche d’une abrupte douceur
Quelque chose qui dit oui.

(Isabelle Courteau)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :