Arbrealettres

Poésie

L’amour et la mort (Louise Ackermann)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

Alexander Daniloff

L’amour et la mort

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l’un de l’autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu’osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu’un élan d’espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu’au néant vous jetez, dans l’ivresse
D’un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : „ Aime et meurs ici-bas !
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n’échapperez pas.

Eh bien ! puisqu’il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l’immense Nature
Aimez donc, et mourez !
[…]

(Louise Ackermann)

Illustration: Alexander Daniloff

 

2 Réponses vers “L’amour et la mort (Louise Ackermann)”

  1. Méditation mélancolique === 12-5-21 pour A. K.
    ——————-

    Face à la mort, la lutte est continue,
    Opposons-lui des arguments de poids ;
    Ce n’est pas tout d’accepter cette loi,
    Car nul ne peut la dire bienvenue.

    Face à la mort, l’espérance est ténue,
    Mais ce n’est pas non plus chacun pour soi ;
    Merci à ceux qui ont pris soin de moi
    Pour protéger ma vieillesse chenue.

    Je la connais, j’y songe, au quotidien,
    De vieux auteurs en ont parlé si bien…
    J’écris aussi ce texte en leur mémoire.

    Soyons sereins, la nuit comme le jour,
    Ayons en nous la sagesse et l’amour ;
    Que notre vie soit une belle histoire.

  2. Seigneur de la mare
    ————

    Je règne sur l’étang du Pays des Légendes,
    Aucun autre pouvoir n’existe en cet endroit ;
    C’est moi qui suis l’arbitre, et la source du droit,
    Je n’en abuse point, car ma sagesse est grande.

    Certains de mes pareils se déplacent en bandes,
    Quant à moi, je vis seul, et pourtant sans effroi.
    J’ai vu passer ici des jours chauds, des jours froids,
    Aux caprices de l’air personne ne commande.

    Nulle révélation ne me fit dévoilée,
    Nul message ne vient de la nuit étoilée,
    Sauf l’immobilité du bel astre du Nord.

    De l’inframonde, si je sois franchir la porte,
    Tu ne verras faiblir ni frissonner mon corps ;
    La mort est un repos, cela me réconforte.

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