Arbrealettres

Poésie

Archive for 27 mai 2020

Les chèvres dans l’herbage (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



 

Les chèvres dans l’herbage
sont une libation de lait

Où est l’oeil de la terre
nul ne le sait
mais je connais les ombres
qu’elle apaise

Dispersées, on voit mieux l’étendue
de l’avenir

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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Apporte-moi (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



 

Apporte-moi la plante qui nous mène
là où surgissent de blondes transparences
et s’évapore la vie telle une essence ;
apporte-moi le tournesol affolé de lumière

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Victor Wang

 

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Les labours (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020


Les labours s’étendent
pleins du fini de la substance.
Bien au-dessous du mur du son
tien mien forme et fond
se rejoignent
que les oiseaux chantent ou se taisent
près ou loin.

(Jean Follain)

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L’Aube (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



Un toit de maison puis l’étoile
au-dessus pâlissante
arrêtaient les regards d’un homme
qui se sentaient repris par le fin jeu des causes
plus bas les enseignes
dévoilaient leurs mots d’or
le bois, le fer, la pierre
imposaient leur présence
une fenêtre grande ouverte
montrait le mur d’ocre et l’armoire
et la main qui posait une cuiller de fer
sur la faïence d’une assiette
à l’ancien ébrèchement.

(Jean Follain)

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Retouche au canal (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



 

canal   [1280x768]

retouche au canal

gardé par l’eau plus tachée qu’un buvard
ce qu’écrivit l’oiseau
se lit à contrejour
sur le paysage aux pieds droits

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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LA PIE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



 

pie

LA PIE

L’averse a cessé; le vieux soleil rit
Sur la route rose et blanche
Mais il reste encor des gouttes aux branches
Du pommier gris.

La carriole roule comme une folle
Et l’essieu mal huilé crie;
La pie secoue ses plumes dans la prairie
Puis s’envole.

Ma vie est ainsi :
Certes la douleur ancienne est assoupie
Et le passé peu à peu s’effeuille;
Mais des larmes pourtant pointent parfois aux cils
Et mon coeur reste en demi-deuil,
Comme cette pie.

(Tristan Klingsor)

Illustration

 

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Il arrive (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020


Il arrive que pour soi
l’on prononce quelques mots
sur cette étrange terre

(Jean Follain)

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IMPRESSION DU MATIN (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



IMPRESSION DU MATIN

La Tamise nocturne dont l’or et l’azur
Se fondent dans la grisaille ;
Un chaland couvert de paille
Ocre s’y avance : le brouillard sur

Les ponts, jaunâtre et glacé, se faufile
Jusqu’aux maisons, leurs fronts
Ne sont plus qu’ombres et Saint-Paul rond
Comme une bulle flotte sur la ville.

Et voici qu’éclate le cri
De la vie qui s’éveille ; les rues s’agitent,
Pleines de chariots : c’est la fuite
Des oiseaux qui vont chanter sur les toits éblouis.

Mais une femme spectrale et seule,
Dont le jour baigne les cheveux blafards,
A la lueur des réverbères rôde sur le tard,
Ses lèvres étincellent, son coeur n’est qu’une meule.

***

IMPRESSION DU MATIN

The Thames nocturne of blue and gold
Changed to a Harmony in grey :
A barge with ochre-coloured hay
Dropt from the wharf : and chill and cold

The yellow fog came creeping down
The bridges, till the houses’ walls
Seemed changed to shadows and St. Paul’s
Loomed like a bubble over the town.

Then suddenly arose the clang
Of waking life; the streets were stirred
With country waggons: and a bird
Flew to the glistening roofs and sang.

But one pale woman all alone,
The daylight kissing her wan hair,
Loitered beneath the gas lamps’ flare,
With lips offlame and heart ofstone.

(Oscar Wilde)

 

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