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Poésie

VAGUE EST LE PONT (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020



Phyllis Mae Richardson Fisher  covered-bridge-phyllis-mae-richardson-fisher

 

VAGUE EST LE PONT

Vague est le pont qui passe à demain de naguère
Et du milieu de l’âge on est des deux côtés
Le mur ne fait pas l’ombre et n’est pas la lumière
Qu’on appelait l’hiver qu’on nommera l’été

Il n’est pierre de moi qui dorme quand tu danses
Chacune est une oreille et chacune te voit
Ton immobilité me tient lieu de silence
Et chacun de tes mots tombe à l’envers de moi

Je dis à mots petits de grands espaces d’âge
Qui font en leur milieu croire qu’il est midi
J’ai peur d’être le pont qui prend pour son voyage
Le voyage de l’eau entre ses bras surpris

Il va neiger tantôt d’une neige si calme
Sur des rives de moi où j’hésite à courir
Que je m’attache à tout ce qui me semble halte
Sur la courbe attelée aux chevaux de mourir

(Gilles Vigneault)

Illustration: Phyllis Mae Richardson Fisher

 

3 Réponses vers “VAGUE EST LE PONT (Gilles Vigneault)”

  1. A reblogué ceci sur Maître Renard.

  2. Pont transtemporel
    ——————

    D’autrefois vers demain, cheminant aujourd’hui,
    Tu dois franchir le pont sur lequel chacun marche ;
    Il est plaisant à voir, il a de belles arches,
    Tu peux voir, au-dessous, le fleuve qui s’enfuit.

    Il a vu défiler des rois, des patriarches,
    Sous la lune d’argent, sous le soleil qui luit ;
    Passants pleins d’enthousiasme, errants chargés d’ennui,
    La différence entre eux se voit à leur démarche.

    Cette mer inconnue où les fleuves se jettent
    Est, disent les chercheurs, aux ouragans sujette,
    Plus d’un vaillant navire en fut désemparé.

    Qui survole ces eaux, sinon les hirondelles,
    Messagères d’espoir ; j’aime les admirer,
    Qui connaissent nos murs et s’y montrent fidèles.

    • Pont du Coq de Pierre
      ——–

      Des deux côtés du pont sont de belles fontaines
      Qui chantent leur chanson lorsque le soir descend ;
      Un vagabond qui voit le ciel couleur de sang
      Ralentit quelque peu sa démarche incertaine.

      Qu’importe la rumeur de la ville inhumaine,
      La peine et le tracas s’en vont dans le courant ;
      L’errant, comme cette eau, devient indifférent,
      Cessant d’entretenir des espérances vaines.

      Comme un amant comblé pardonne à ses rivaux,
      Le marcheur veut aller vers un monde nouveau ;
      Ici la rivière est aisément franchissable.

      Une muse, sans bruit, prend le même chemin,
      Sur l’épaule du gars venant poser sa main ;
      Son corps, me semble-t-il, n’est plus insaisissable.

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