Arbrealettres

Poésie

L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable

L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table ?

Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !

(Paul Verlaine)

Illustration

 

Une Réponse to “L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable (Paul Verlaine)”

  1. (1) Pavillon du confiné volontaire
    ————

    Il quitte rarement son logis confortable,
    Sauf s’il a décidé d’aller je ne sais où;
    Il vit entre ces murs comme un rat dans son trou,
    Mais cela n’est pas loin du bonheur véritable.

    Son coeur et ses poumons sont dans un état stable,
    Et quant à son travail, il n’en fait pas beaucoup;
    Pour un peu de lecture il dépense trois sous,
    Heureux quand un auteur lui semble inimitable.

    En l’âme du reclus ne sont que tièdes flammes,
    Mais il garde le goût du sourire des femmes;
    Une d’elles lui parle et ça le rend heureux.

    Son bureau contre un mur et sa petite chambre
    Et de longs jours passés sans fatiguer ses membres,
    Rien de bien remarquable et rien d’aventureux.

    (2) Drac d’azur
    ————-

    Le drac d’azur ne vit jamais dans une étable,
    Mais au fond du jardin de l’hôpital des fous.
    Est-ce dans une grotte, est-ce dans un grand trou ?
    Il a le verre en main, le flacon sur la table.

    Son oncle était marquis, son aïeul connétable,
    Lui, c’est moins d’embarras, car il n’est rien du tout ;
    Les honneurs, la richesse, à vrai dire, il s’en fout,
    En fait de nonchaloir, je le crois imbattable.

    Voudriez-vous avoir un tel époux, madame ?
    Car, jamais de tels gens n’importunent les femmes,
    Ni ne deviennent durs quand ils sont malheureux.

    Le matin, sans ronfler, ils dorment dans la chambre,
    Ramassent au jardin les feuilles en novembre,
    Et mangent du magret, s’ils ont un petit creux.

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