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Poésie

Archive for 20 juin 2020

Gravitations (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020


 


 

Marie Čermínová  88587_n

Gravitations

je suis l’angoisse
le noir et le poli le rose et le coton
de la cuisse à la fin des années
devant lui s’étend l’immense terre

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Marie Čermínová

 

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Il y en avait des arbres par la fenêtre (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



 

Carry Akroyd oaks (Centre)

il y en avait des arbres par la fenêtre
mais quand on est préoccupé de soi-même et de tous les autres
est-ce qu’on les voit seulement les arbres
on le sait par expérience même si ce n’est rien du tout
même si ça n’existe pas l’expérience
et c’est pourquoi on se fiche des arbres
on se fiche des arbres

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Carry Akroyd

 

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Le temps tombe (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



 

Ettore Aldo Del Vigo -  (51)

le temps tombe
les petits hommes de préhistoire circulent
entre les buildings
dans la pluie chargée de missiles

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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La mort n’est qu’une toute petite chose glacée (Alain Grandbois)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



DEMAIN SEULEMENT

Car la mort
N’est qu’une toute petite chose glacée
Qui n’a aucune sorte d’importance
Je lui tendrai demain
Mais demain seulement
Demain
Mes mains pleines
D’une extraordinaire douceur.

(Alain Grandbois)


Illustration: Les Mains de Rodin

Poète découvert chez Lara ici

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La vie crue (Jean-Paul Michel)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



 

La vie crue, sans phrase,
avait été perdue

(Jean-Paul Michel)

Illustration

 

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L’eau claire de toujours (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020


photo-688094-L

Eau extraordinairement pure,
magiquement naturelle, luxe des luxes,
eau étrangement proche,
familièrement mystérieuse,
tu es le miroir de l’invisible
et ton silence le chant de l’ignoré.
Eau, tu es du même tonneau
que mon âme,
te boire me vivifie
et j’ai l’impression qu’une fois mort
je me baignerai en toi toute l’éternité.

(Henri-Frédéric Blanc)

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L’art de ne pas être vu (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020


29_chat-cache-sous-une-couverture

Le chat a toutes sortes de cachettes:
les normales, les spéciales,
les très extraordinaires
et les totalement secrètes.
Il est versé dans la science
de la disparition
et sait s’approcher à un poil
de l’invisible.
Jour après jour il m’initie
au plaisir d’être caché.

(Henri-Frédéric Blanc)

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QUAND (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



QUAND

Quand peu avant midi
Le soleil est sur la prairie,

Que la chaleur,
Disent les pâquerettes, est bonne
Au niveau de la fleur
Au niveau des racines,

Que le pré est ouvert
A des champs, des landes,
Des chemins, du ciel,

Qu’il y a :
C’est un chant comme c’est du silence,

Que toutes les choses
Ont le temps de se regarder,

Le brin d’herbe
A les dimensions du monde.

II
Quand beaucoup de choses
Au soleil s’acceptent,

Quand on n’a pas envie
De quitter le pré, le talus,

Quand on se sent de connivence
Avec tous les verts,

Avec la barrière et plus loin
Les toits du hameau,

On peut être tenté de se dire
Que la sphère est partout
En train de s’accomplir.

III
Quand la plage vers le soir
Est de la couleur de la mer,

Que la mer
N’est que le prolongement de la plage,

Quand il n’y a de sûr
Que ce gris qui n’est même pas gris,

Ce plan horizontal et, au-dessus de lui,
Le vague hémisphère translucide,

Il faut sortir
De cette espèce d’éternité.

IV
Quand on torture quelque part
Un corps qui ne peut pas
Crier plus fort que lui,

Rien ne le dit.
Le sol

Est comme un autre jour,
L’air aussi, les feuillages,
Les courbes, les couleurs
Et l’aboiement d’un chien
Aux confins de la Beauce.

Mais il est vrai
Que l’on torture tous les jours
Depuis toujours,

Que l’habitude est prise,
Que c’est enregistré
Sans grandes variations.

(Eugène Guillevic)

 

 

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