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Poésie

Archive for 7 juillet 2020

Je vais à l’orient des candeurs claires (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Alexandre Pavlenko  (11) [1280x768]

Je vais à l’orient des candeurs claires
Où l’on brandit ses songes dégainés!

Jusqu’à la route, ardue aux seuls qui n’ont pas foi,
La forêt se meurt en broussailles;
— Route des pays bleus où le plus digne est roi,
Route prédestinée
Qui court, radieuse comme une année,
Par la plaine des représailles!…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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On ne se couchait jamais (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Rockwell Kent 34 [1280x768]

On ne se couchait jamais sans glisser un chemin sous l’oreiller.
Pour que dès le réveil on continue sa marche.

(Pascal Commère)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Seul le désir est resté jeune (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Seul le désir est resté jeune
Sans réfléchir
Ni au comment ni au pourquoi

Mais il descend de plus en plus
Dans la mine
Du corps où épuiser à coups de
Pic le filon d’anthracite

Dont la salamandre des chairs
A tant besoin

Comme aux confins
De l’espace ces constellations
Dont nous n’avons plus
Que la lumière froide

Et la courbe pure de l’horizon

(Werner Lambersy)

Illustration: Claude Verlinde

 

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Le château de l’espérance (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Le château de l’espérance

Ta pâle chevelure ondoie
Parmi les parfums de ta peau
Comme folâtre un blanc drapeau
Dont la soie au soleil blondoie.

Las de battre dans les sanglots
L’air d’un tambour que l’eau défonce,
Mon coeur à son passé renonce
Et, déroulant ta tresse en flots,

Marche à l’assaut, monte, – ou roule ivre
Par des marais de sang, afin
De planter ce drapeau d’or fin
Sur ce sombre château de cuivre

– Où, larmoyant de nonchaloir,
L’Espérance rebrousse et lisse
Sans qu’un astre pâle jaillisse
La Nuit noire comme un chat noir.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Sabin Balasa

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Je sentais un cri infini (Edvard Munch)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait —
tout d’un coup le ciel devint rouge sang je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture —
il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville —
mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété —
je sentais un cri infini qui se passait à travers l’univers et qui déchirait la nature.

(Edvard Munch)

Illustration: Edvard Munch

 

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Triste fleur (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Triste fleur qui croît seule et n’a pas d’autre émoi
Que son ombre dans l’eau vue avec atonie.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Conda de Satriano

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Seul le rythme (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Seul le rythme provoque le court-circuit poétique
et transforme le cuivre en or, la parole en verbe

(Léopold Sédar Senghor)

Illustration

 

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À LA PROVENCE (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020




À LA PROVENCE

Lorsque je m’interroge et que je cherche en moi
Et le peu que je suis et d’où me vient mon âme,
Provence, c’est à toi que je songe, et je crois
Que tu mis dans mon coeur vraiment toutes tes flammes.

Oui, quand je cherche, au fond de moi-même, d’où sort
La brise de tiédeur qui souffle dans ma tête,
Les chants dont je ne puis retenir les essors,
D’où vient le carillon des éternelles fêtes

Dont de lointains clochers sonnent en moi les jours,
D’où vient cette jeunesse et cette simple joie,
Je me dis bien souvent que c’est toi qui l’envoies,
Provence, tout cela, dans des bouffées d’amour.

(Emile Ripert)

Illustration: Christian Guinet

 

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NE croyez pas (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Anne-François-Louis Janmot (11) [1280x768]

NE croyez pas,
—Pour ce qu’avril rit rose
Dans les vergers,
Ou pâlit de l’excès voluptueux des fleurs —,
Que toutes choses
Sont selon nos gais coeurs,
Et qu’il n’est plus une soif à étancher.

Ne croyez pas,
— Glorieux des gloires automnales,
Ivres des vins jaillis que boit l’épi qu’on foule —,
Qu’il n’est plus une faim que rien ne soûle :
Car Décembre est en marche dans la nuit pâle.

Oui, mais ne croyez pas
—Parce qu’autour de vous toute âme est vile,
Et que la foule adore son vice servile,
Parce que, sur la plaine où le Mystère halète
Courbant l’épi, froissant la feuille, d’ailes inquiètes,
Grandit la ville —,
Ne croyez pas,
—Bien que tout coeur soit bas —,
Que le vieil Angelus sonne à jamais le glas,
Croyez, sachez, criez à pleine voix
Que l’Amour est vainqueur et que l’Espoir est roi!

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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Fracasse les vitrines (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Fracasse les vitrines
Brise les carapaces
Déplace les montagnes
Comble l’abîme et passe
Le mur est toujours là
Le même mur debout
Tout est toujours de face
Et la mort est au bout.

(Paul-Alexis Robic)

 

 

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