Arbrealettres

Poésie

LES verts et l’indigo (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

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LES verts et l’indigo brûlant et l’azur pâle
Que roule dans ce faste impertinent ton flot,
Et les étoiles d’or et la lune d’opale
Que tu balances dans la nuit comme un falot,

Tu les as pris aux ciels merveilleux des aurores,
Aux rêves des minuits, aux gloires des couchants
Pour en farder l’éclat de tes houles sonores,
Et tu cherches l’écho des roches pour leurs chants!

Ne sens-tu pas en toi l’opulence de n’être
Que par toi seule belle, ô Mer, et d’être toi?
N’as-tu pas ton arcane où nul oeil ne pénètre,
Comme l’Espace! et n’as-tu pas, aussi, l’effroi?…

Pour toi, mon coeur, qui ris de honte et te renies,
Si leur gloire sur toi pèse d’un vaste poids;
Si, sous l’immensité des cieux et des génies,
Ta vaine vanité semble un crime parfois;

Du moins sois fier, malgré les soirs d’impatience
Exulte d’être toi, puisque tu restes tel —
Toi qui n’as pas, rythmant quelque réminiscence,
Cherché le plagiat qui m’eût fait immortel!

(Francis Vielé-Griffin)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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