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Poésie

Archive for 26 août 2020

C’est de la poésie (Jean Marcenac)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Ce n’est pas de moi
C’est de la poésie
C’est une statue d’eau dans un lac
De flammes dans le feu
Et d’ombre dans la nuit.

(Jean Marcenac)

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Je cueille des soleils (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Je cueille des soleils
Dans le ciel du matin
L’air a le goût des fruits
Qu’ils ont mûris
La fleur est un calice
Où communie l’abeille

Une natte de lumière
Coiffe la maison
De cheveux clairs
Que le vent agite
Dans tous les sens.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Belle-de-nuit (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Belle-de-nuit

[La grisette et le rentier]
Elle a seize ans, un sourire perpétuel sur les lèvres,
un éclair à domicile dans ses yeux.
Ses lèvres sont roses et ses yeux noirs.
Je ne vous parle ni de sa taille, ni de ses pieds,
ni de ses mains, ni de ses cheveux.
Je vous renvoie à tous les portraits de grisettes
qui ont paru depuis mil huit cent trente jusqu’en mil huit cent quarante-six inclusivement.
Car mademoiselle Pierrette n’est pas autre chose qu’une grisette.
Il est vrai qu’elle prend le titre d’artiste en couture.
[Son voisin de palier, le rentier, se présente à midi]
chez l’artiste en robes, autrement dit la couturière.

—Je veux vous parler.
—Et moi je veux dormir.
—Jusques à quand, malheureuse femme,
vous laisserez-vous aller à tous les caprices de votre légèreté?
Jusques à quand votre inconduite fera-t-elle le sujet des conversations de tout le quartier?
Quoi! ni la mine renfrognée du portier,
ni les plaintes, ni les clameurs des locataires contre vous n’ont pu vous avertir?
—Aurez-vous bientôt fini votre sermon? demanda Pierrette en bâillant;
je vous préviens que je tombe de sommeil.
—C’est cela, reprit Coquelet: quand on a fait de la nuit le jour,
il faut bien changer le jour en nuit.
Mais ne voyez-vous pas qu’à ce train de vie vous allez perdre votre jeunesse, ruiner votre santé?
[Et de proposer sa solution:]
—Voulez-vous être ma femme, consentez-vous à devenir madame Coquelet?

Le vieux rentier songea un instant à se mettre à genoux,
mais comme il n’était pas sûr que Pierrette consentît à le relever,
il aima mieux entendre la réponse sur ses jambes.
Cette réponse fut un éclat de rire!

(J.J. Grandville)

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Chaque pétale (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Chaque pétale qui tombe
est une larme de la fleur
dont la chute retentit
dans mon coeur sensible.

(Jean-Baptiste Besnard)

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L’orchidée du désir (Jean Marcenac)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



A hauteur de tes yeux le jour perd sa lumière
Bel oiseau qui dort dans son vol
Le temps pose une seule étoile sur la terre
L’orchidée du désir

(Jean Marcenac)


Illustration: Marie-Paule Deville Chabrolle

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LA MER (Henry Jacques)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



LA MER

Poètes de tous poils dont les pieds ont des bottes,
Dont l’aile est repliée au mitan des capotes,
Par ce que nous savons, par ce que nous aimons,
Par le vent et le sel qui brûlent nos poumons,
Par les hivers du Cap tatouant nos mains bleues,
Les torrides soleils où flambent nos cheveux,
Par l’espace cabré que domptent les filins,
Par les bois et le fer, par le chanvre et le lin,
Nous chanterons d’instinct, toute âme, toute chair,
N’importe la musique et n’importe le vers ;
LA MER !

(Henry Jacques)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Tremblement de demoiselles (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



La niche de neige est plus lente,
Plus transparente la fenêtre,
Voile turquoise négligemment
Jeté sur une chaise.

Un tissu ivre de soi, sous
La caresse de la lumière,
Éprouve l’été — puisse-t-il
N’être pas touché par l’hiver.

Et si, en diamants de glace,
Le froid ruisselle, ici c’est
Tremblement de demoiselles
Si vivantes, aux yeux bleus.

(Ossip Mandelstam)

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Le vent (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Sur le ventre du champ
Le vent secoue une touffe d’arbres
Il rôde à ras du sol
Et bien qu’il soit impalpable
J’en arrache des bribes
D’un souffle enjôleur
Il berce les arbres lents
Sournois soudain il les tourmente
Et rythme la danse des vagues.

(Jean-Baptiste Besnard)

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A bord de la « Virginie» (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



A bord de la « Virginie»

Voyez, des vagues aux étoiles,
Poindre ces errantes blancheurs!
Des flottes sont à pleines voiles
Dans les immenses profondeurs;
Dans les cieux, des flottes de mondes,
Sur les flots, les facettes blondes
De phosphorescentes lueurs.

Et les flottantes étincelles,
Et les mondes au loin perdus,
Brillent ainsi que des prunelles;
Partout vibrent des sons confus,
Disant les légendes nouvelles;
Le coq gaulois frappe ses ailes.
Au guy, l’an neuf, Brennus, Brennus.

L’aspect de ces gouffres enivre.
Plus haut, ô flots! plus fort, ô vents!
Il devient trop étroit de vivre
Tant ici les songes sont grands.
Ne vaudrait-il pas mieux renaître,
Et s’insurger pour disparaître,
Dans le fracas des éléments!

Enflez les voiles, ô tempêtes!
Plus haut, ô flots! plus fort, ô vent!
Que l’éclair brille sur nos têtes!
Navire, en avant! en avant!
Pourquoi les brises monotones?
Ouvrez vos ailes, ô cyclones!
Traversons l’abîme béant.

(Louise Michel)


Illustration

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Sans doute te suis-je inutile, O nuit (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Sans doute te suis-je inutile,
O nuit; de l’abîme du monde,
Comme une coquille sans perle,
Je suis jeté sur ton rivage.

Indifférente tu fais écumer ton flot
Et tu chantes sans conciliation,
Mais tu vas aimer et apprécier
D’une coquille inutile le mensonge.

Sur le sable tu seras près d’elle,
Vêtiras ta chasuble, à
Jamais unie avec elle
L’énorme cloche de la houle.

Et la frêle paroi de la coquille,
Maison d’un coeur inhabité,
Tu la rempliras des murmures
De l’écume, de vent, de pluie, de brume

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Alexandre Séon

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