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Poésie

Archive for 8 octobre 2020

DANS L’OUBLI DE LA CIBLE (Zéno Bianu)(Inger Christensen)(Peter Huchel)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



    

DANS L’OUBLI DE LA CIBLE

se perdre
dans la vraie neige
cette neige en juin
avec semences et fleurs
quand jamais on ne meurt
Inger Christensen

lorsque sur les pierres il neige
j’entends alors vos pas
Peter Huchel

(Zéno Bianu)(Inger Christensen)(Peter Huchel)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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LOINTAIN SOUFFERT (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



    

LOINTAIN SOUFFERT

la souffrance
ne sait penser
qu’en angles morts

glissons
jusqu’à l’extrême étoile
pour perdre tous les angles

éprouvons d’un coup
la mesure de notre gouffre

dévoilons
ce qui jamais ne fut

plus haut
où tout s’affole
où scintille l’inattendu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cela venait d’ailleurs (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



Illustration: Emil Nolde
    
Cela venait d’ailleurs.
Le destin n’avait plus qu’à suivre et à remercier.
Notre respiration commune.
Pour arrêter le temps.
La terre promise dans chaque seconde.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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SANS LIEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



Milarépa

    
SANS LIEU

Je suis celui qui pourchasse
le visage des apparences
Milarépa

sans lieu
sans nom
le géomètre des éclipses
parcourt l’horizon

sans lieu
sans mémoire
il prend le suaire du ciel
et l’étend sur le monde

sans lieu
sans boussole
le visage sillonné d’ombres
il explore les abîmes d’en-haut
sans lieu
sans cesse
il s’en va caresser la mort
au-delà des lunes brûlées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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SÈVE ASCENDANTE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



Illustration: Vincent Van Gogh
    
SÈVE ASCENDANTE

Un frisson parcourt les arbres
comme un battoir vert
Ossip Mandelstam

ce sont les arbres
du grand paysage interne
écoutons-les croître
ce sont arbres à visions

arbres résistants
aux racines comme des mains
arbres-personnages
selon Van Gogh

arbres de vie vivante
dont chaque feuille
est une prophétie
arbres aux mélancolies fulgurantes

arbres d’un Paul Klee
pénétrant dans les profondeurs de la forêt
pour se réfugier dans le vert
chaud tendre abyssal

arbres aux tendresses
qui trouent le ciel
interprètes des vents solaires
babels de toutes les géographies

arbres voyants
hommes posés sur la tête
dont la sève bleutée
circule dans notre sang

(Zéno Bianu)

Illustration: Paul Klee 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mère oubliée (Tricia Benoit)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



Illustration: Giovanni Giacometti
    
Mère oubliée

Il paraît que mes enfants sont grands
Moi je dirai qu’ils sont indifférents
Il paraît qu’on ne doit pas se voir souvent
Et c’est là mon principal tourment.
Chacun suit son chemin
Moi je suis au bout du mien
Chacun va vers son destin
Et notre famille, qu’est-ce qu’elle devient ?
Moi je ne suis plus que chagrin.
Il paraît que ce n’est pas normal
D’avoir au coeur aussi mal
Mais il n’y a pas de médicament
Pour cesser d’être maman.
Il paraît que mes petits enfants
N’ont pas besoin de grande maman.
On ne les berce plus, il y a la télé
On ne leur lit plus, il y a les dessins animés
D’ailleurs lire des livres en papier
Il paraît que c’est démodé.

(Tricia Benoit)

 

Recueil: L’égotiste romantique
Traduction:
Editions: du Lys Bleu

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J’ai cru que c’était quelqu’un (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



 

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J’ai cru que c’était quelqu’un
Mais ce n’était personne
J’ai cru parler à quelqu’un
Mais je n’ai rien dit à personne
Quand j’ai vu qu’il avait quelqu’un

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Carlo Carra

 

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Narcissa (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



Narcissa

Narcissa la blonde était la plus belle des jeunes filles du pays;
pas une seule sur toute la côte, depuis Catane jusqu’à Syracuse,
qui pût se vanter d’avoir l’oeil aussi doux, la taille aussi souple, le pied aussi fin.
Méfiez-vous de Narcissa la blonde.
Il y en a qui sont belles et qui ne le savent pas, ce sont celles-là qu’il faut aimer.
Il y en a qui sont belles et qui le savent, ce sont celles-là qu’-il faut fuir.

Narcissa la blonde savait qu’elle était belle, et Luigi l’aimait.
Ceux qui ont connu Luigi, fils du vieux Luigi-Naldi le soldat,
disent que c’était un brave compagnon, hardi à la mer,
bon à ses camarades, craignant Dieu et honorant les saints;
mais il aimait Narcissa la blonde.
Partout il la suivait, toujours il pensait à elle.
Qui n’a pas vu Luigi pleurer en pressant sur son coeur
une fleur tombée du sein de Narcissa,
ne sait pas ce que l’amour peut faire d’un homme.
Si au moins l’amour de Narcissa l’avait dédommagé!
Mais elle passait son temps devant son miroir,
à peigner sa longue chevelure et à sourire à sa beauté.
C’est à peine si son amant pouvait obtenir un mot ou un regard.
Luigi voyait bien que Narcissa la blonde ne l’aimait pas,
mais il était ensorcelé.

[Pour satisfaire les luxueux caprices de Narcissa Luigi se
fait brigand et perd son âme et puis sa vie….]
Elle fut obligée de quitter le village et d’aller se cacher
dans la grotte du Monte-Negro, à côté de laquelle coule une source profonde.
Au lieu de pleurer ses erreurs et de faire pénitence,
elle passait les longues heures de la journée à regarder son image
que lui renvoyait le miroir de l’onde.

[Un jour elle disparut.]
On laissa dire qu’elle s’était noyée pour se soustraire à ses remords;
mais chacun sait que l’ondine avait pris son visage
pour l’attirer dans l’abîme et la livrer à Satan.
Ainsi périssent toutes les femmes sans coeur.

(J.J. Grandville)

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Il est de ces miracles inopinés (Ananda Devi)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



 

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Il est de ces miracles inopinés qui jaillissent de l’instant et dont le
frémissement ressemble à une surface ridée
qui d’un seul coup se lisse et retrouve un air de jeunesse endormi

A chaque moment, sa patience.

Je n’attends de la vie que le choc de ses instants

(Ananda Devi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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La Faute (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



La Faute

la sainte femme a dénoué sa chevelure
en pleine rue

l’escalier de l’amant aussi vif qu’une flamme
la met en cendre

derrière la porte
le ciel tient dans un verre d’eau
avec tous ces nuages.

(Daniel Boulanger)

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