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Poésie

Archive for 15 novembre 2020

Après l’errance (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Illustration: Philip McKay  
    
Après l’errance dans les villes
après les années qui ont fatigué mes épaules.
Je nous chante
chante nos enfances.
Je ne crois pas avoir vieilli. Je marche étranger,
ni plainte, ni consolation — amour et mort
se partagent le même ciel et j’exhorte
ceux qui viendront après moi
à éclairer
de leur corps les ténèbres.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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Poitrine offerte (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020




    
Poitrine offerte à nos fenêtres
la vie nous a attirés puis rejetés
dans les filets des tempêtes.

Quand je demande : qu’avons-nous vu?
je ne vois que barreaux.

Comme nos aïeux
nous avons l’illusion
d’être hors des filets
et d’aimer une vie amoureuse de ses chaînes.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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Il était à l’écoute (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Illustration
    
il était à l’écoute du halètement des fleurs qui s’ouvraient

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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La vie m’a questionné (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Illustration: Lucie Llong
    
La vie m’a questionné
je lui ai répondu par ton corps.

Doux le mirage
généreuse la grâce de l’illusion.

Mon corps ne pouvait contenir tout ce vacarme ses sens s’écroulaient dans le plaisir
montaient dans le désir
son corps ne connaissait pas d’accalmie.

Retrouvailles était le nom de chaque cellule ses désirs polissaient ses membres.
La passion est une forme du réel le désir une forme de la vérité le plaisir une forme du temps et le corps vêtement du corps.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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SUCCINCTES (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020




    
SUCCINCTES

Branches émerveillées
avant la fin de la lumière

*

Rayon oblique
dernier captif de
la fleur rouge

Enfants qui jouent
à petits cris
dans mon oreille

Cloches qui disent
Qui sers-tu ?

*
Main
qui plante
pour les papillons du futur

Rose blanche
Feuilles charmées par la pluie

*

Sur l’herbe passe
l’ombre d’un papillon

*

Ombre fine
Chardons bleus
En soleil
Amoureux

*

Branche de roses
Indéchiffrées
Son grand visage
Emplit mes yeux

*

Soleil
à l’état sauvage

*

Avril
adolescent
demi-nu
demi-dieu

*

La terre
aux genoux éclatants

*

Voyelle
Blanche
Soleil Muet
Sous les
Nuages

*

Liberté
D’or
Tilleul

(Henry Bauchau)

 

Recueil: Poésie complète
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Au fils du nomade (Hawad)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



    

Au fils du nomade

Chausse tes sandales
et foule le sable
qu’aucun esclave n’a piétiné

Éveille ton âme
et goûte les sources
qu’aucun papillon n’a frôlées

Déploie tes pensées
vers les voies lactées
dont aucun fou n’a osé rêver

Respire le parfum des fleurs
qu’aucune abeille n’a courtisées

Écarte-toi des écoles et des dogmes
Les mystères du silence
que le vent démêle dans tes oreilles
te suffisent

Éloigne-toi des marchés et des hommes
et imagine la foire des étoiles
où Orion tend son épée
où sourient les Pléiades
autour des flammes de la Lune
où pas un Phénicien n’a laissé ses traces

Plante ta tente dans les horizons
où aucune autruche n’a songé à cacher ses oeufs

Si tu veux te retrouver libre
comme un faucon qui plane dans les cieux
l’existence et le néant suspendus
à ses ailes
la vie la mort

(Hawad)

Caravane de la soif, traduit de la tamajadht des Touaregs par l’auteur et Hélène Claudot-Hawad, Édisud, 1985.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’éphémère et la silhouette (Mariem Mint Derwich)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020




    
L’éphémère et la silhouette

Je te danserai l’éphémère sur la dune endormie
L’imperceptible de la trace
Le vent qui efface, caresse chuchotée,
Les notes envolées, fugitives des histoires d’antan

Je te danserai la lumière de la lune
la lumière tremblotante
au feu assoupie,
ce que murmure l’homme quand il rêve

Je te danserai les palmiers au ciel découpés
le nuage dans le regard des bergers,
les gestes esquissés et qui s’en sont allés,
la paume au sol posée, disparue

Je te danserai l’entre souffle,
les crépuscules, l’instant parfait,
la plénitude d’ici
quand d’autres parlent de demain

Je te danserai l’ailleurs, l’horizon en renaissance,
le lieu secret de l’homme qui s’expire,
il y aura cet à peine visible,
silence

Je te danserai les pistes et les déserts,
un mot balbutié sur la paupière de la nuit,
que tout s’enfuit, que tout reste,
qu’il n’est de battement que celui que l’on porte

Je te danserai la flamboyance de la mer,
la goutte d’eau puisée,
la vague qui fait les mondes,
l’empreinte de ton pied sur le sable mouillé

Je te danserai les brumes qui rendent aux yeux la fulgurance,
les silences des choses, les chants des mondes,
les animaux de l’aube et les premiers frissons,
la beauté de ce qui est et la silhouette tremblée de toi homme

Je te danserai les couleurs à peine rencontrées,
les livres qu’on n’écrira jamais,
la poésie enfermée dans la main,
les mots et les oiseaux, la trace et le rien

Et, au milieu de la nuit du monde,
l’heure bleue, celle des hommes en prières,
l’immensité de ce qui s’écoute,

Je te danserai l’éphémère et la silhouette…

(Mariem Mint Derwich)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Bricolage (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Illustration: Josephine Wall
    
Bricolage

Tu naquis d’un bricolage
Du génial univers
Par étranges combinaisons
Par surprise et par liaisons
Tu devins Toi plutôt que mouche
Plutôt que zèbre souris lion
Surgi du magma des possibles
Et de la souche de toute vie
Tu devins Toi
Unique au monde
Face à l’éphémère défi.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Multiple (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Illustration: Carrie Vielle
    
Multiple

Je fonce vers l’horizon
Qui s’écarte
Je m’empare du temps
Qui me fuit
J’épouse mes visages
D’enfance
J’adopte mes corps
D’aujourd’hui
Je me grave
Dans mes turbulences
Je pénètre
Mes embellies
Je suis multiple
Je ne suis personne
Je suis d’ailleurs
Je suis d’ici

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’Après (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



    

L’Après

Que m’importe cet « après »
Au coeur blafard
À la mémoire dissoute

Que m’importe d’errer
Loin des chemins vécus
D’enfoncer passions et souvenirs
Dans l’océan impassible

Que m’importe de flâner
Loin des visages reconnus
Et de m’ancrer dans l’infini
Irréversible ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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