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Poésie

Archive for 14 décembre 2020

On n’est pas là, rempli comme une épicerie (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2020




    
On n’est pas là, rempli
Comme une épicerie

Attendant qu’ils y viennent,
Les gens,

Vous demander
Ce qui leur manque.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Ouvrir
Traduction:
Editions: Gallimard

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On ne s’accroche pas, comme ça (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2020



Illustration: René Julien
    
On ne s’accroche pas, comme ça,
À n’importe quoi,

À quelque chose
Qui est là,

Qui vient tout seul,
À la verticale.

Alors,
Il faut bien aller.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Ouvrir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le soleil, aujourd’hui, je me le suis donné (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2020




    
Le soleil, aujourd’hui,
Je me le suis donné.

J’en ai mis plein mes poches
Et dans d’autres endroits
Où mes mains ne vont pas.

Je peux escalader
Ce qui me séparait.

Je peux montrer aux gens
Comment c’est, la lumière.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Ouvrir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Penser que le soleil lui-même a des ennuis (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2020




    
Penser que le soleil
Lui-même a des ennuis,

Que le soleil lui-même
A de sombres histoires

Avec de petits riens
Qui font les grands nuages

Et d’autres petits riens
Qui font pire, en lui-même,

Cela devrait pouvoir
Me consoler un peu.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Ouvrir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avec un nénuphar (Henrik Ibsen)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2020



Avec un nénuphar

Vois, ma bien-aimée, ce que j’apporte ;
cette fleur aux blanches ailes.
Portée par des courants tranquilles elle
a nagé ce printemps, lourde de rêves.

Si tu veux la fixer en ton foyer,
fixe-la sur ton sein, ma bien-aimée ;
derrière ses pétales se cachera
une profonde et quiète vague.

Prends garde, enfant, aux courants de l’étang.
Dangereux, dangereux de rêver là !
Le nøkken* fait mine de dormir ;
des nénuphars jouent au-dessus.

Enfant, ton sein est le courant de l’étang.
Dangereux, dangereux de rêver là ;
des nénuphars jouent au-dessus ;
le nøkken* fait mine de dormir.

* Ainsi s’appelle une créature surnaturelle qui vit dans l’eau
et qui demeure bien vivante dans les croyances populaires :
c’est un homme qui joue du violon (en général)
et attire les jeunes filles imprudentes.

(Henrik Ibsen)

Recueil: Poèmes
Traduction: Régis Boyer
Editions: Les Belles Lettres

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