Arbrealettres

Poésie

Archive for 22 janvier 2021

L’esprit (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



L’esprit, ce loup blessé à mort, rôde,
sous un ciel d’étain,
dans un bois de bouleaux en larmes.

(Bernard Montini)

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CHANSON (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Une vieille très vieille aimée
Riche de peines
Aux laines usées
A naufragé
Elle tenait des voiles et des cordes
Et du fil

Perdue dans ses buées

Engloutie et ouverte
La vieille goélette
Tenant ses cordelettes

La jeunesse a pleuré
Face aux murailles de la mer
Face aux silences de l’enfer

(Pierre Morhange)


Illustration: Théodore Boulard

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Eux, au regard incertain (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021


Lunginovic


Eux, au regard incertain, à peine sortis
de l’ombre et déjà foudroyés.
On les croise en silence;
on fait semblant de parler du temps,
en laçant des souliers qui n’existent pas.
On souhaiterait tellement
un miracle dans la seconde.

(Bernard Montini)


Illustration: Tamara Lunginovic

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L’esprit n’a ni taille ni forme (Dalaï-Lama XIVème)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



 

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L’esprit n’a ni taille ni forme,
il est seulement conscience.

L’éveil se produit
lorsqu’il n’y a plus d’obstacle à notre conscience ou vision spirituelle.

[…]

La conscience ne pénètre pas et ne s’élargit pas,
elle s’ouvre simplement à ce qui a toujours été présent.

(Dalaï-Lama XIVème)

 

 

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Je suis un voyageur en noir (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Je suis un voyageur en noir.
Qui voudrait suivre mes empreintes?
Qui voudrait m’entendre et savoir?
Bateau de deuil, bateau de plaintes,
Je suis un voyageur en noir.

Je suis un navire en détresse
Sous l’offense du mauvais sort.
Ma cargaison n’est que tristesse,
Ah! ne montez pas à mon bord,
Je suis un navire en détresse.

Je suis un voyageur en noir.
Toute saison m’est étrangère.
Un souvenir veut me revoir,
Ma pensée est sa messagère,
Je suis un voyageur en noir.

Enfants, beaux oiseaux demoiselles,
Citadelles d’enlacements,
Dites, la parole peut-elle,
Peut-elle égarer le tourment?
Enfants, beaux oiseaux demoiselles,

Peut-elle égarer le malheur,
Lui faire quitter son ouvrage,
Le changer en saule pleureur
Drapant une chambre d’ombrage?
Peut-elle égarer le malheur?

Mes mains sont herbier de caresses.
Herbes d’amour, fleurs de mes soins
Ne sont plus qu’ombre et sécheresse
En ma paume et bruissant au loin.
Mes mains sont herbier de caresses.

Notre lit était un pays,
Une île, une gorge bien creuse,
La plaine où nous avons cueilli
Des fleurs du nom d’aventureuses.
Notre lit était leur pays.

Jeunes filles battant des ailes,
Premiers rayons, premier oubli.
Dites, la parole peut-elle
Plier le drap de l’ancien lit ?
Jeunes filles battant des ailes,

Peut-elle égarer le chagrin,
Le changer en rose des vents marins,
Soit en forêt, soit en prairie ?
Peut-elle égarer le chagrin ?

Si vous montez du puits des larmes,
Enfants, vous venez de mon coeur.
Vous êtes, peut-être, en vos charmes
Ma morte libre de mes pleurs?
Si vous montez du puits des larmes

Vais-je m’arrêter à jamais
Auprès de vous, mes patineuses ?
Comme vous, celle que j’aimais
Etait en étant nombreuse.
Vais-je m’arrêter à jamais

Pour votre chaleur à ma hanche,
Pour goûter à votre pâleur
Et pour vos doux bras de peau blanche ?
Ne serais-je plus voyageur
Pour votre chaleur à ma hanche?

Sous quelque auvent, guettant mon pas,
Un petit garçon me supplie,
Il crie :  » Oh! ne t’attarde pas,
Ma mère croit que tu l’oublies
Sous quelque auvent, guettant un pas  »

Femme, mon ange fiancée,
Nous marierons nos souvenirs.
Cultive un jardin de pensées
Je viendrai bientôt les cueillir.
Femme, mon ange fiancée,

Regarde aux miroirs du trépas,
Rougissante des nuits prochaines,
Ta lèvre où mon baiser soupa.
Attend la fin de ma semaine,
Regarde aux miroirs du trépas.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Max Mitenkov

 

 

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AMOUR (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



AMOUR

Une petite plage
Où l’on ne rit pas
Où personne ne passe
C’est l’amour

L’ombre non plus n’y chasse
De bras en bras
Un autre jour

Pas de fausse mésange
Mais au loin
Une petite île

Comme une meule de foin
Et sous l’aile d’un ange
Deux anges
Immobiles

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

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Les marches (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Les marches

Monterai-je encore souvent ces marches vertes ?
Monterai-je encore souvent pensant à toi
Ces marches conduisant à ma chambre déserte ?
Referai-je toujours la route d’autrefois ?

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

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Parfois (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Parfois d’un vol les oiseaux choisissent mon jardin
Et je les guette
Et j’aveugle ma tête
Mes cerises leur plaisent

Dans mes mains des cartes à jouer ont été mises
Et je vois que je suis attablé

(Pierre Morhange)

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