Arbrealettres

Poésie

L’ arbre à poèmes (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2021



L’ arbre à poèmes

-Sors de ce vieux bourbier à poésie, poète !
de sa vase gluante aux crapauds endormis.
Soulève-toi d’horreur, mais non plus
à demi, couverts de lieux communs épais,
d’images blettes.

Jarrets gonflés par ton effort, soulève-toi
des eaux croupies du Rêve. -Oui, c’est
fait. Mais pourquoi, resté-je ainsi courbé,
vaincu par mon effort ! Un peuple de
sylvains me nargue sur ces bords ?…

A leurs cris je me dresse en piétinant
d’orgueil. Que fais-je là ? Je prends
racine, je m’enfeuille, et j’entends rire
Pan au cœur de ma feuillée… Je suis
un arbre à poèmes : un poémier.

(Paul Fort)

8 Réponses vers “L’ arbre à poèmes (Paul Fort)”

  1. filamots said

    Bonjour poète 🙂
    Un arbre à poèmes, avec un arbrealettres…hum…hum….Paul Fort, fait fort dans ce domaine. Je connais l’illustration, mais non le poème. Un poémier c’est trop mignon comme expression. Poémier, pomme, pom – pom – pom
    Comme tout cela chante ce soir.
    Gros bisous poète
    Geneviève en panne totale d’inspiration.

    • arbrealettres said

      Hello Gene!
      Oui j’ai failli illustrer avec l’avatar mais c’était un peut trop nombriliste! lol!
      Pom pom pom … comme la neuvième 😉
      Pas grave tu te débrouilles très bien comme toujours ne t’inquiètes pas, sois telle que tu es dans le moment présent 😉
      (je sors de mon cours de QiGong lol!)
      Bises

  2. Intéressant ce poème. Une certaine puissance se dégage des vers.
    Le poète c’est vrai est pareil à un arbre, il peut voir éclore des poémes au bout de ces branches (ou plutot sa main) , ses racines dans la boue, la vase gluante de la vie d’où ils tirent la sève de l’inspiration et s’élance vers l’or du ciel. Comme dit Baudelaire « Tu m’as donné de la boue et j’en ai fait de l’or ! »,

  3. A reblogué ceci sur Maître Renard.

  4. Arbre intemporel
    ————

    Arbre qui de Chronos l’emprise désamorce,
    D’un monde parallèle il sut franchir le seuil ;
    Ce puissant végétal n’en tire aucun orgueil,
    Tu ne le verras point se vanter de sa force.

    Nul ver ne se nourrit de la chair de son torse,
    Nul champignon pervers ne le mène au cercueil ;
    Jamais aucun corbeau ne portera son deuil,
    Aucun castor glouton ne mordra son écorce.

    Je n’ai jamais connu cet autre firmament ;
    Aristote, d’ailleurs, en parle rarement,
    Les touristes non plus n’y vont pas, même en rêve.

    La lune vient parler, certains soirs, avec lui,
    Perdus dans cet échange ils traversent la nuit ;
    Or, bien qu’intemporel, il trouve la vie brève.

    • Arbre de l’infante
      ———-

      Sur une branche est un oiseau sans crainte,
      C’est de l’infante un compagnon prisé ;
      Sur ses mains, même, il aime se poser,
      Son amitié pour elle n’est pas feinte.

      Elle lui chante une douce complainte
      Sur les méfaits d’un vieux renard rusé ;
      Un noir corbeau par lui fut abusé
      Sur ce même arbre, auprès du mur d’enceinte.

      L’oiseau répond de sa timide voix,
      Aux trois couplets il ajoute un envoi ;
      D’une cigale on entend la rengaine.

      C’était au temps où l’infante chantait,
      Où le bon roi mille roses plantait,
      Où le bouffon soupirait pour la reine.

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