Arbrealettres

Poésie

FILLE (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2022




    
FILLE

Tes chaudes mains, souples brandons,
Frôlent en vain ma solitude;
Ton plaisir ne m’est qu’une étude;
Le dédain préside à mes dons.

Le fruit banal où nous mordons
Pend triste au clos de l’habitude;
Je farde mal mon hébétude
Du frais carmin des abandons.

Sans que ta force ne le sente,
Ton désir n’étreint qu’une absente;
Le coeur distrait rêve ou s’endort.

Comme une fille ses piastres,
Au bord du ciel, alcôve d’or,
Mes yeux pensifs comptent les astres.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

Une Réponse vers “FILLE (Marguerite Yourcenar)”

  1. Monstre inattentif
    ———-

    C’est l’animal le plus distrait,
    Lui qui de ses pareils diffère;
    En désordre sont ses affaires,
    Du monde il se met en retrait.

    Il boit, ce n’est pas un secret,
    Car jamais il n’en fit mystère ;
    Il naquit dans le Finistère
    Et s’en éloigna sans regret.

    Des monstres il n’est pas le pire ;
    Les djinns des infernaux empires
    Sont plus déplaisants mille fois.

    Il parle avec les hirondelles
    Qui ne lui sont guère fidèles ;
    Ça lui est fort égal, ma foi.

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