Arbrealettres

Poésie

SES YEUX (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022


 

SES YEUX

Ses yeux où se blottit comme un rêve frileux,
Ses grands yeux ont séduit mon âme émerveillée;
D’un bleu d’ancien pastel, d’un bleu de fleur mouillée,
Ils semblent regarder de loin, ses grands yeux bleus.

Ils sont grands comme un ciel tourmenté que parsème
— Par les couchants d’automne et les tragiques soirs —
Tout un vol douloureux de longs nuages noirs;
Grands comme un ciel, toujours mouvant, toujours le même !

Et cependant des yeux, j’en connais de plus beaux
Qui voudraient sur mes pas promener leurs flambeaux,
Mais leur éclat répugne à ma mélancolie.

Les uns ont la chaleur d’un ciel oriental,
D’autres le mol azur des lointains d’Italie,
Mais les siens me sont chers ainsi qu’un ciel natal.

(Georges Rodenbach)

Illustration: Mandy Tsung

 

4 Réponses vers “SES YEUX (Georges Rodenbach)”

  1. Joli poème
    Ce que j’aime dans les poèmes de Georges Rodenbach c’est la chute. Chaque fois elle est belle et je suis tellement curieuse que je commence par lire la chute.
    (je sais il ne faut pas faire ça c’est comme les romans policiers il ne faut pas lire la fin avant mais moi j’ai du mal à me retenir même pour les romans)

    Cette chute me fait penser à cette jolie citation de l’écrivain libanais Amin Maalouf

    « Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d’exil, et d’autres qui sont la terre natale.

    Le ciel natal ce sont les yeux bleus et la terre natal ce sont les bruns.
    Ainsi il n’ y a pas de jalouses. Et les verts c’est quoi la pelouse natale ? 😉

    • arbrealettres said

      Le plus dur je pense c’est justement de faire une fin qui … ne CHUTE pas!!
      C’est comme tomber en Amour c’est plutôt monter!! lol!!
      Donc oui des fins qui … s’ENVOLENT!! et Envolent le lecteur!! ((-:
      les yeux marrons : une forêt d’automne
      les yeux noirs; une forêt noire ??? 😉

      • Tu as raison, la fin d’un poème ce n’est pas une chute, c’est une envolée ou une apothéose.

        Et la vie est un poème dont la mort est l’apothéose.

        « Mourir n’est pas finir, c’est le matin suprême. » disait Victor Hugo : matin suprême donc apothéose.

        • arbrealettres said

          Peut-être finalement le « truc » est de commencer par trouver la fin ?

          euh là j’en suis moins persuadé!!
          l’agonie n’a rien du tout de poétique
          mais bon peut-être oui c’est peut-être les douleurs d’un enfantement vers « Ailleurs »…
          Qui vivra … VERRA! 😉

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :