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Poésie

Posts Tagged ‘à fleur d’eau’

Le Sel du Silence (Serge Meitinger)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Le Sel du Silence

Plein calme sur le lac

Du fond monte le silence —
comme une île plate et ronde à fleur d’eau
une grande feuille étale
— lotus nénuphar —

les monts éclairés retiennent les vents.

(Serge Meitinger)

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Le désir n’a pas de légende (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Le désir n’a pas de légende

Passé le genou où la main se creuse
comme une semence qui germe
en soulevant un peu la terre,
je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

Plus haut ta peau est si claire
que les jambes en sont nues pour tout le corps
et mon regard s’y use
comme au plus tranchant d’un éclat de soleil.

Au-delà, il y a ta lingerie qui sert à t’offrir
et à colorer mon désir.
Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent
et je vois la ligne de partage de ta chair.

Géants de la sensation,
mes doigts vont se fermer
où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

Et c’est enfin la pleine rivière
que je remonte sans effort,
parce que tes seins s y élèvent
comme deux cailloux à fleur d’eau.

[…]

(Lucien Becker)

 Illustration: Renata Domagalska

 

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Le nageur (Irving Layton)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



 

Le nageur

C’est la faillite de l’après-midi, vois
Le nageur plonge de son radeau
Son acte de guerre ouvre des corolles d’éclaboussures –
Les têtes de serpents frappent
Vite et en silence

En refaisant surface vois comme pour un instant
Un jonc brun avec de merveilleux bulbes,
Il repose à fleur d’eau
Alors que bruit et lumière viennent avec une violente passion
En partant de la mer fertile autour des Pôles
Pour éclater comme des coquillages brillant autour de ses oreilles.

Il plonge, il flotte, il va dessous comme un voleur
Là où son sang chante dans les ombres tigrées
Dans la verdure sans odeur qui le mène vers la maison,
Un saumon mâle qui descend des escaliers taillés
À travers des bas quartiers sous-marins…

Étonné par le souvenir d’ouïes perdues
Il découpe des gestes de retour en soi
Sur la plage comme un crâne;
Il pousse ses yeux à chercher
Le soleil qui se vide dans l’eau,
Et la dernière vague qui danse
Rejette son adolescence vers le sable de marbre.

(Irving Layton)

Illustration: Bernard Troublé

 

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