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Poésie

Posts Tagged ‘à jamais’

Un testament d’équinoxe (Edouard J. Maunick)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



Illustration: Raymond Douillet
    

Un testament d’équinoxe

… si parler le poème
est une manière de vivre /
alors / j’ai bien vécu
le temps de tous les mots
sédentaires et nomades
dont j’ai forgé le sens
jusqu’au dire infini
du pain et de la boue /
des arbres et des grands vents /
des noces à jamais vives
des îles et de l’ailleurs /
à ma passion rebelle
à tout agenouillement /
mes bruyants soliloques
au nom des petites terres
et de la mienne en propre /
j’ai joint le tressaillement
des choses de la vie /
mais aussi de la mort /
si Dieu est une question /
peu importe la réponse /
l’éternité s’épelle /
elle ne s’écrit que peu.

(Edouard J. Maunick)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Si tu désires (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



 

Albena Vatcheva   (31) [1280x768]

Si tu désires souffrir pour Dieu
Tu dois rompre à tout jamais avec le monde

Dis-toi ceci : tant que te réclame l’ici-bas
L’attrait de Dieu ne viendra pas t’obséder

L’attrait d’amour pour Dieu
Il faut, pour l’obtenir, l’estimer à son juste étalon

(Râbi’a)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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L’arc-en-ciel (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


WhereRainbowRises

L’arc-en-ciel a juré d’errer à jamais
Il a perdu sa maison première

(Adonis)

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Bien sûr que nous ne vivrons pas heureux à jamais (Richard Brautignan)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



Illustration: Maria Amaral 
    
bien sûr que nous ne vivrons pas heureux à jamais

Pour parler franchement,
je veux t’embrasser
si doucement
que tu éprouveras
à mon égard
pour la première fois
la paralysie de l’amour.

(Bien sûr, on ne
vivra pas heureux à jamais,
mais seulement
à la façon
des êtres humains.

***

of course, we will not live happily ever after

To put it bluntly,I want to kiss youso gently
that you will feeltowards me
for the first timelove’s paralysis.

(Of course, we will not
live happily ever after,
but only
in the fashion
of human beings)

(Richard Brautignan)

 

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp / Romain Rabier
Editions: Points

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Ce qui s’était perdu dans l’hiver de ton coeur (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
Ce qui s’était perdu
Dans l’hiver de ton coeur
Disparu de ta vue
Egaré à jamais
Si tu l’épouses à l’instant même
Dans le ciel tout vibrant de sa perte
En grand silence
et en secret
Voici qu’il t’est redonné
Comme moisson nouvelle
Neige offerte au soleil
Matin bleu de crocus
Doux printemps apaisé

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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A présent que le rythme (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Illustration: Tomas Januska
    
A présent que le rythme
Se fait lumière en toi

Tu n’as plus à marcher
Vers le lieu de ton repos

Tu épouses l’instant
Des solitudes vives

Toute présence t’est familière
Te voici à jamais

Dans l’enfance du Chant
Où l’oiseau te rejoint

Les couleurs te respirent
Le silence est ta voix

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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La « brûlure du Poème » (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Christiane Singer
    
La « brûlure du Poème »
Est en moi comme un vide incendiaire
Que je n’ai pas voulu remplir. A jamais neuf.
Et qui s’invente de neuf chaque jour. »

(Christiane Singer)

 

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Fidèle (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Christian Schloe 4 [1280x768]

Fidèle

1. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des choses sans importance pour vous
Un soir d´été, le vol d´une hirondelle
Un sourire d´enfant, en rendez-vous
Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des riens qui pour moi font un tout
Un vieux toutou, une boite d´aquarelle
Le port de La Nouvelle au mois d´août.

2. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des lieux et des amis très doux :
Un drôle d´Albert et sa sœur en dentelles
Un castillet tout neuf, un Canigou.
Une rue de Béziers, une tante Emilie
Une maman partant pour Budapest
Ma vieille maison avec sa tonnellerie
Et près de la gendarmerie, les express.

3. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
Au souvenir d´un soir à Montauban
Candides ardeurs, nos cœurs je me rappelle
S´étaient donnés si jeunes sur un vieux banc
J´étais parti dans la nuit des vacances
Plus léger qu´un elfe au petit jour
Mais à présent à présent quand j´y pense
Je pleure toujours mon premier amour.

4. Fidèle, fidèle pourquoi rester fidèle
Quand tout change et s´en va sans regrets
Quand on est seul debout sur la passerelle
Devant tel ou tel monde qui disparaît
Quand on regarde tous les bateaux qui sombrent
Emportant les choses qu´on espérait
Quand on sait bien que l´on n´est plus qu´une ombre
Fidèle à d´autres ombres à jamais.

(Charles Trenet)

Illustration: Christian Schloe

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COQUILLAGES (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




COQUILLAGES

J’ai tendu le bras dans l’eau scintillante
Et ramassé sur le sable blanc, sous les vagues,
Des coquillages, déposés sur les plages où, seule,
J’habite un monde limité d’années et de jours.
J’ai tendu le bras le long d’une myriade d’années
Pour ramasser le trésor du fond marin né d’hier et millénaire,
Et tenu dans ma main des formes façonnées le jour de la création.

Bâtissant leur beauté dans les trois dimensions
Par lesquelles le monde s’éloigne de nous,
Et dans la quatrième, qui nous emporte
D’un moment à l’autre, d’une année à l’autre,
Ils demeurent tous dans leur continuel présent.
L’hélice tourne sur elle-même, telle une pensée sans fin,
Instantanée du sommet jusqu’au bord
Comme une danse dont l’image est l’arapède ou le murex,
la cyprée ou le vigneau à reflets d’or.

Ils dorment sur le fond marin, toupies bourdonnantes
Dont la musique est l’octave nacrée de l’arc-en-ciel,
Coquillages mélodieux qui murmurent à jamais :
 » Le monde où tu vis n’a pas encore été créé.  »

***

SHELLS

Reaching down arm-deep into bright water
I gathered on white sand under waves
Shells, drifted up on beaches where I alone
Inhabit a finite world of years and days.
I reached my arm down a myriad years
To gather treasure from the yester-millennial sea-floor,
Held in my fingers forms shaped on the day of creation.

Building their beauty in the three dimensions
Over which the world recedes away from us,
And in the fourth, that takes away ourselves
From moment to moment and from year to year
From first to last they remain in their continuous present.
The helix revolves like a timeless thought,
Instantaneous from apex to rim
Like a dance whose figure is limpet or murex, cowrie or
golden winkle.

They sleep on the ocean floor like humming-tops
Whose music is the mother-of-pearl octave of the rainbow,
Harmonious shells that whisper for ever in our ears,
« The world that you inhabit has not yet been created. »

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Toi qui ne jettes plus d’ombre (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Toi qui ne jettes plus d’ombre, toi partout, nulle part,
Tu es tout ce que tu aimais,
Vagues au grand large, or du soleil sur la mer,
Passant à jamais.

***

You who cast no shadow, nowhere, everywhere,
All that you loved you are,
Sun’s gold on the sea, waves far out from the shore,
Flowing for ever.

(Kathleen Raine)

 

 

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