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Poésie

Posts Tagged ‘à présent’

Quelle empoignade (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Illustration: Eliette Graf
    
Quelle empoignade
dans le tilleul, entre
le vert qui se rebiffe

et la rouille de l’automne
entêté ! ça claque au
vent! ça se brouille !
ça grelotte ! ça proteste !

Où sont donc nos
anciennes cachettes,
si chaleureuses, si
discrètes? et nos

amours sans importance,
qu’ils seraient bien
venus, à présent!

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous devons faire en sorte (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Nous devons faire en sorte que le texte que nous lisons nous lise.
Que la musique que nous écoutons
nous entende.
Que cela que nous aimons
au moins paraisse nous aimer.

Il faut en finir avec l’illusion
d’une réalité à un seul sens.
Il importe à présent
que chaque chose en ait au moins deux,
bien qu’au fond nous sachions
que si une chose n’a pas tous les sens
elle n’en a aucun.

Nous devons faire en sorte que la rose
que nous venons de créer en la regardant
nous crée à son tour.
Et obtenir qu’ensuite
elle engendre à nouveau l’infini.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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SYLLABES À ERATO (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Edward John Poynter
    
SYLLABES À ERATO

Pour toi se penche le coeur dans la solitude,
exil de sens obscurs
où aime et se transmue
ce qui paraissait nôtre hier
et qui est à présent enfoui dans la nuit.

Des demi-cercles d’air te font un visage
resplendissant et tu m’apparais
au moment où accourt la première angoisse
et je deviens blanc tandis que tarde
la lumière d’un sourire sur ta bouche.

T’avoir c’est te perdre,
mais tant pis : tu es encore belle,
surprise dans la pose gracieuse du sommeil:
sérénité de la mort joie extrême.

***

SILLABE A ERATO

A te piega il cuore in solitudine,
esilio d’oscuri sensi
in cui trasmuta ed ama
cio che parve nostro ieri,
e ora è sepolto nella notte.

Semicerchi d’aria ti splendono
sul volto; ecco m’appari
nel tempo che prima ansia accora
e mi fai bianco, tarda la bocca
a luce di sorriso.

Per averti ti perdo,
e non mi dolgo: sei bella ancora,
ferma in posa dolce di sonno:
serenità di morte estrema gioia.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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SEULEMENT (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




SEULEMENT

Je comprends déjà la vérité

elle éclate dans mes désirs

et dans mes détresses
mes déceptions
mes déséquilibres
mes délires

je comprends déjà la vérité

à présent
chercher la vie

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Ferdinand Hodler

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A présent (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



 

Illustration: Caroline Vabre
    
à présent l’air est l’air, chose est chose: nulle extase

***

now air is air and thing is thing: no bliss

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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Très haut amour (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    

Très haut amour à présent que tu meures

La neige a tué mon plus bel horizon,
la neige a bloqué les issues et les rêves,
la neige de la grande nuit a ruiné notre ciel.

Très haut amour à présent que tu meures

(André Velter)

 

 

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REPOS (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
REPOS

Les fleurs quand j’étais
fatigué me procuraient
du silence pour me reposer.
Tellement, qu’il ne leur échappait
un son jusqu’au matin.

Et même à l’univers
avec ses étoiles flottantes
le silence avait
(phénomène rare)
clos les lèvres.

Et ma mère retira
sa voix qui est,
même à présent que j’ai vieilli,
une musique douce
et continue :

« Dors, mon enfant « .

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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AU MILIEU DU FLEUVE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
AU MILIEU DU FLEUVE
Tchang-Tsi

Dans mon bateau, que le fleuve balance, sans brusquerie,
je me promène, tant que le jour dure.
Et je regarde l’ombre des montagnes, dans l’eau.

Je n’ai plus d’autre amour, que l’amour du vin,
et ma tasse pleine est en face de moi.
Aussi mon cœur est rempli de gaîté.

Autrefois, il y avait dans mon cœur plus de mille chagrins ;
mais à présent :
Je regarde l’ombre des montagnes, dans l’eau.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Les vrais amants (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Raymond Peynet
    
les vrais amants à chaque irruption de leur coeur
vivent plus longtemps que tout ce qu’ils et chacun qui;
quoi que l’espoir affirme et quoi que nie la peur,
tous deux prouvant le vrai le faux est démenti

(tout doute ou certitude,que bons ou méchants fourrent
parmi les purs semblants de leurs pauvres cervelles
—grimace des singeries de durée:seul l’amour
qui passe l’entendement nous arrive immortel)

tellement à jamais l’un ou l’autre à présent
d’aimer,et chaque ici un partout se révèle
que plus vrais grandiraient les plus fidèles amants
si de minuit tombaient plus qu’il n’est de soleils

(oui; que le temps questionne son était par souci
du sera,leurs yeux ne sauraient manquer un oui)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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A présent je t’aime à présent tu m’aimes (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
à présent je t’aime à présent tu m’aimes
(et plus refermés
sont les livres
qu’ils ne ferment)
et au fond du haut qui simplement tombe
(avec un cri
chaque
autour dans la ronde)
ce quelqu’un qui appelle n’est que nous-mêmes

nous est tout ce qui brille plus que soleil
(et toute chose plus belle
que les livres
ne révèlent)
nous est tout et chaque chose plus que croyable
(avec un tourne
saute
vivants que diable)
nous sommes une fois un à merveille

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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