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Poésie

Posts Tagged ‘à tâtons’

LA CHAISE (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



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LA CHAISE

La chaise qui fut branche, résonance
d’ailes à venir
et qui maintenant n’a que le silence
pour se souvenir,
la chaise hantée de volante neige,
de vent, de soleil,
s’étonnant d’avoir été prise au piège
d’un fixe sommeil,
cherche à s’éveiller, à fuir de la chambre.
— Je l’entends, la nuit,
gémir à tâtons et toute se tendre
vers l’ancien pays.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

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A tâtons (Ôshikôcbi no Mitsune)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

chrysanthème

A tâtons
J’aurais voulu le cueillir,
Mais la gelée blanche
Qui le couvrait m’a caché
Le chrysanthème blanc.

(Ôshikôcbi no Mitsune)

Illustration

 

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AUTOBIOGRAPHIE 29 (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

AUTOBIOGRAPHIE 29

« Celui qui entrevoit l’énigme du nihilisme
pourrait entrevoir aussi une étoile
qui file, et acquiesce. »
(K. Axelos, le Jeu du monde)

Chaque étoile
soudain embrasée
flamboie
ou file
traçant un arc de lumière fugitive
par-dessus le souffle du néant
et me laisse
seul près du roc
ou trébuchant
cherchant mon chemin à tâtons
par les sous-bois
avec
pour seul sentiment de l’existence
le frémissement d’un ventre animal

*

AUTOBIOGRAPHY 29
« The man who sees into the enigma of
nihilism, might also see a shooting star, and acquiesce. »
(K Axelos, le Jeu du monde)

Each star
in its own sudden fire
blazes
or shoots
in a fast fine curve of light
over the breathing emptiness
and leaves me
alone by the rock
or stumbling
groping my way
through the undergrowth
with only
the feeling of existence
as it trembles in an animal’s belly

(Kenneth White)

 

 

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Si nous avions su cela (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Edward Hopper
    
Si nous avions su cela : que le vent console
bien plus encore qu’il ne frappe – et le coeur
endolori s’endort dans sa main
comme un enfant

tandis que les larmes continuent de couler,
ou c’est la forêt d’un coup qui s’ouvre en deux
pour donner passage au souffle du ciel
et boire à pleine gorge

la lumière toute nue que les bûcherons
cherchent à tâtons comme un nid de silence
au bout des tronçonneuses — si nous avions su
cela, serions-nous restés

si longtemps assis dans l’affliction des chambres ?

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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La fleur cueillie est devenue silence (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



la fleur cueillie est devenue silence
rose faite de tant d’yeux fermés
que son parfum nous gagne
comme le sommeil

où passerait la nuit
sinon à travers nous qui cherchons
les racines d’une île
sous l’eau sombre à tâtons

nous dormons nous respirons
pour rejoindre une enfance
un instant éclairée
par la source du souffle

(Jean-François Mathé)


Illustration

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La route (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
La route

L’enfant cherchait.
Une route à peine tracée.
Il y allait à tâtons.

Le chemin se perdait,
Noyé sous la pluie.
Et tombait la pluie.

Tombait la pluie.
Tombait. Il marchait.
Il la regardait tomber.

Pas âme qui vive.
Il se palpa la figure.
C’est moi, dit-il.

Ce qui manquait.
Ce qui s’était perdu.
Il ne savait plus.

Continuait la pluie.
Pleuvait la pluie.
Pleuvait la pluie.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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NOCTURNE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Arnold Böcklin
    
NOCTURNE

Je veux exprimer mon angoisse par des vers
qui diront abolie ma jeunesse de rêves et de roses,
et amèrement détruite mon innocence première
par des soucis médiocres et une peine grandiose.

Et le voyage vers un vague Orient sur d’invisibles barques,
et les graines d’oraisons qui fleurirent en blasphème,
et les effarements du cygne au milieu des flaques
et le bleu nocturne et factice de l’odieuse bohème.

Clavicorde lointain qui dans le silence et l’oubli
ne donna jamais au rêve ses accords éminents,
esquif orphelin, arbre très illustre, obscur nid
qui adoucit la nuit d’une tendresse d’argent…

Espérance odorante d’herbes fraîches, madrigal
du rossignol printanier, de l’oiseau matinal,
fleur de lys arrachée par un destin fatal,
poursuite du bonheur, persécution du mal…

L’amphore funeste contient le venin des anges
qui sera au long de la vie la torture intérieure,
la conscience épouvantable de notre humaine fange
et l’horreur de se sentir passager, l’horreur

d’avancer à tâtons, en d’erratiques alarmes,
vers cet inconnu inévitable et la
violence cauchemardesque de ce sommeil de larmes
dont nulle autre qu’Elle ne nous éveillera !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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L’emplacement du vide (Fabienne Courtade)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Jean-Michel Folon 
    
l’emplacement du vide
les écumes

que laisse le corps
son avancée à tâtons

(Fabienne Courtade)

 

 

Recueil: Ciel inversé 2
Traduction:
Editions: Cadex

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Je sais que vous veillez (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration: Francine Van Hove
    
Je sais que vous veillez dans cette nuit si blanche
qu’on croirait un verger assailli par le vent
et l’heure des lampes devient douce
si votre ombre descend sur la plage d’un livre
si votre souffle éveille le charbon du poème
à la vie de la flamme.

Peut-être suis-je seul avec ma blessure
et mon sang qui écrit
peut-être suis-je loin de vous
de ce visage dont j’existe
et de ces mains ravies à l’écume des astres
et de ce corps si pur et sans baiser
peut-être

et j’envie votre chambre
qui peut vous voir sans cesse
cette table ces livres et la couleur du mur
et la fenêtre mi le visage du soir écrase sa noirceur
et l’eau qui coule entre vos doigts
sans souvenirs ni pensée.

O je vous aime
ma solitude crie à travers ce papier
comme dans le château
la voix du prince vers la belle endormie.

O je vous aime
ma solitude crie et tend ses mains lointaines
à tâtons vers vos mains
je ne veux plus de ce poème
ni du mensonge de mon rêne
mais le pain de vos lèvres
mais le vin de vos yeux
mais l’air de votre souffle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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En ce monde, sans remède est la fuite du temps (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Ukiyo-e Harunobu  jeune fille

 

En ce monde,
Sans remède
Est la fuite
Du temps.
Sans intermission
Les adversités nous poursuivent
Et nous attaquent
De cent manières.
Les jeunes filles
Imitant toutes les filles
Enroulent à leurs poignets
Des bijoux chinois
Elles font voltiger leurs manches
D’un blanc éblouissant
Et sont suivies d’une traîne
D’un rouge écarlate.
Aux amies du même âge
Elles se joignent
pour jouer.
Ne pouvant s’arrêter
A la fleur de leur jeunesse
Elles doivent la laisser passer.

Sur leur chevelure
D’un noir corbeau
Un beau jour
Tombera la gelée blanche,
Sur le rose
De leur visage
Venues on ne sait d’où
Se dessineront des rides.
Les sourires et les sourcils peints
Qu’elles arborent toujours
Se faneront
Comme se flétrissent les fleurs.
En ce monde
Il n’en va pas autrement.
Les jeunes guerriers
Imitant tous les garçons
Ceignent
leur deux sabres
Tenant d’une main ferme
Leurs arcs de chasse,
Ils posent sur leurs chevaux bais
Leur fin tapis de selle.
Ils se hissent sur leur monture
Et caracolent.
Ainsi font-ils
Sur cette terre.
La porte de bois
Derrière laquelle dort la jeune fille
Est rouverte par un jeune homme
Qui s’approche à tâtons.
Les beaux bras
Aux beaux bras se mêlent.
Combien y en aura-t-il encore
De telles nuits à dormir ensemble ?
Quand sur leur canne
Ils redresseront leurs reins,
Lorsqu’ils iront par ici
Les gens d’eux s’écarteront,
Lorsqu’ils iront par là
Les gens les haïront.
Ainsi des vieux
En va-t-il
Quelque regret que l’on ait
De cette vie si brève
Il n’y a point de remède

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Ukiyo-e Harunobu

 

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