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Poésie

Posts Tagged ‘à tâtons’

ARRÊT BRUSQUE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
ARRÊT BRUSQUE

Se battre contre le brouillard
les couleurs du crépuscule
Tous les parfums de l’oubli
et avancer sur ce chemin
dont on devine déjà la fin
à tâtons une canne à la main
Faut-il attendre la nuit qui tombe
ou le lever du jour le lendemain
et tous les autres lendemains
étendre sans cesse les bras
pour mieux crier ou se taire
pour se heurter une fois de plus
à ce mur qu’on nomme l’inconnu
avant d’atteindre le bord du gouffre
et le silence absolu
l’oubli de l’impossible retour
aveugle sourd muet paralytique
dont les mains sont vides comme les yeux
et la tête qui ne sait plus où se donner
pour marcher sans savoir où s’arrêter

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Le voyage (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020




    
Le voyage

Partir avant le jour, à tâtons, sans voir goutte,
Sans songer seulement à demander sa route ;
Aller de chute en chute, et, se traînant ainsi,
Faire un tiers du chemin jusqu’à près de midi ;
Voir sur sa tête alors s’amasser les nuages,
Dans un sable mouvant précipiter ses pas,
Courir, en essuyant orages sur orages,
Vers un but incertain où l’on n’arrive pas ;
Détrempé vers le soir, chercher une retraite,
Arriver haletant, se coucher, s’endormir :
On appelle cela naître, vivre et mourir.
La volonté de Dieu soit faite !

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

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LA CHAISE (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



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LA CHAISE

La chaise qui fut branche, résonance
d’ailes à venir
et qui maintenant n’a que le silence
pour se souvenir,
la chaise hantée de volante neige,
de vent, de soleil,
s’étonnant d’avoir été prise au piège
d’un fixe sommeil,
cherche à s’éveiller, à fuir de la chambre.
— Je l’entends, la nuit,
gémir à tâtons et toute se tendre
vers l’ancien pays.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

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A tâtons (Ôshikôcbi no Mitsune)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

chrysanthème

A tâtons
J’aurais voulu le cueillir,
Mais la gelée blanche
Qui le couvrait m’a caché
Le chrysanthème blanc.

(Ôshikôcbi no Mitsune)

Illustration

 

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AUTOBIOGRAPHIE 29 (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

AUTOBIOGRAPHIE 29

« Celui qui entrevoit l’énigme du nihilisme
pourrait entrevoir aussi une étoile
qui file, et acquiesce. »
(K. Axelos, le Jeu du monde)

Chaque étoile
soudain embrasée
flamboie
ou file
traçant un arc de lumière fugitive
par-dessus le souffle du néant
et me laisse
seul près du roc
ou trébuchant
cherchant mon chemin à tâtons
par les sous-bois
avec
pour seul sentiment de l’existence
le frémissement d’un ventre animal

*

AUTOBIOGRAPHY 29
« The man who sees into the enigma of
nihilism, might also see a shooting star, and acquiesce. »
(K Axelos, le Jeu du monde)

Each star
in its own sudden fire
blazes
or shoots
in a fast fine curve of light
over the breathing emptiness
and leaves me
alone by the rock
or stumbling
groping my way
through the undergrowth
with only
the feeling of existence
as it trembles in an animal’s belly

(Kenneth White)

 

 

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Si nous avions su cela (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Edward Hopper
    
Si nous avions su cela : que le vent console
bien plus encore qu’il ne frappe – et le coeur
endolori s’endort dans sa main
comme un enfant

tandis que les larmes continuent de couler,
ou c’est la forêt d’un coup qui s’ouvre en deux
pour donner passage au souffle du ciel
et boire à pleine gorge

la lumière toute nue que les bûcherons
cherchent à tâtons comme un nid de silence
au bout des tronçonneuses — si nous avions su
cela, serions-nous restés

si longtemps assis dans l’affliction des chambres ?

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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La fleur cueillie est devenue silence (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



la fleur cueillie est devenue silence
rose faite de tant d’yeux fermés
que son parfum nous gagne
comme le sommeil

où passerait la nuit
sinon à travers nous qui cherchons
les racines d’une île
sous l’eau sombre à tâtons

nous dormons nous respirons
pour rejoindre une enfance
un instant éclairée
par la source du souffle

(Jean-François Mathé)


Illustration

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La route (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
La route

L’enfant cherchait.
Une route à peine tracée.
Il y allait à tâtons.

Le chemin se perdait,
Noyé sous la pluie.
Et tombait la pluie.

Tombait la pluie.
Tombait. Il marchait.
Il la regardait tomber.

Pas âme qui vive.
Il se palpa la figure.
C’est moi, dit-il.

Ce qui manquait.
Ce qui s’était perdu.
Il ne savait plus.

Continuait la pluie.
Pleuvait la pluie.
Pleuvait la pluie.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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NOCTURNE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Arnold Böcklin
    
NOCTURNE

Je veux exprimer mon angoisse par des vers
qui diront abolie ma jeunesse de rêves et de roses,
et amèrement détruite mon innocence première
par des soucis médiocres et une peine grandiose.

Et le voyage vers un vague Orient sur d’invisibles barques,
et les graines d’oraisons qui fleurirent en blasphème,
et les effarements du cygne au milieu des flaques
et le bleu nocturne et factice de l’odieuse bohème.

Clavicorde lointain qui dans le silence et l’oubli
ne donna jamais au rêve ses accords éminents,
esquif orphelin, arbre très illustre, obscur nid
qui adoucit la nuit d’une tendresse d’argent…

Espérance odorante d’herbes fraîches, madrigal
du rossignol printanier, de l’oiseau matinal,
fleur de lys arrachée par un destin fatal,
poursuite du bonheur, persécution du mal…

L’amphore funeste contient le venin des anges
qui sera au long de la vie la torture intérieure,
la conscience épouvantable de notre humaine fange
et l’horreur de se sentir passager, l’horreur

d’avancer à tâtons, en d’erratiques alarmes,
vers cet inconnu inévitable et la
violence cauchemardesque de ce sommeil de larmes
dont nulle autre qu’Elle ne nous éveillera !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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L’emplacement du vide (Fabienne Courtade)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Jean-Michel Folon 
    
l’emplacement du vide
les écumes

que laisse le corps
son avancée à tâtons

(Fabienne Courtade)

 

 

Recueil: Ciel inversé 2
Traduction:
Editions: Cadex

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