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Poésie

Posts Tagged ‘à travers’

UNE OUVERTURE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE OUVERTURE

Comment dessiner si on ne fait que deviner
entre deux arbres, dans la rapidité des nuages
une vague lumière incertaine, fragile mais constante,
qui repose dans sa parfaite limpidité,
couronne d’écume ? C’est la terre, c’est peut-être le visage
de la terre et une offrande du ciel, le paradis épars
qui à travers ombres et branches a parcouru le champ entier
de la mémoire dans un vertige immobile. Comment être
l’oiseau fidèle de cet éclair ? Comment garder vivantes
les images concaves et aériennes, les germes de l’origine ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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La survie après la mort (Nathan Katz)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




    
La survie après la mort

Et, à la fin, quand nous serons morts,
Peut-être allons-nous continuer à vivre
Dans tout ce qui est beau.

Peut-être serons-nous là
Où lève le blé vert ;
Dans ces millions, ces millions
De petites plantes
Qui poussent dans les vastes champs.

Peut-être serons-nous vivants
Dans la force du vent quand il passe à travers bois,
A fléchir même les chênes,
Et dans l’éclatante éclosion des fleurs des jardins paysans.

Peut-être continuerons-nous à vivre
Dans tout ce qui est beau
Dans tout ce qui est vivant.

***

‘s Witerlàbe noh n em Tod

Un wenn mr emol tot sin,
Villicht ass mr no witerlàbe tien
So in allem wu scheen isch.

Villicht ass mr do sin
Im Làbe, wu im junge Chorn tribt ;
In dàne Millione n un Millione
Vo chleine Pflànzle
Wu stupfle n im wite Fàll.

Villicht ass mr lebàndig sin
In dr Chraft vum Wing, wu dur ‘s Holz geht,
Ass si d’Eichbaim biege,
Un im gsunge Bliehje vo de Maie n im e Büregarte.

Villicht ass mr no witerlàbe tien
In allem wu scheen isch,
In allem wu lebàndig isch. –

(Nathan Katz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’œuvre poétique I, Sundgäu
Traduction: Traduit de l’alémanique par Théophane Bruchlen, Jean-Paul de Dadelsen, Guillevic, Alfred Kern, Jean-Paul Klée, Gérard Pfister, Yolande Siebert et Claude Vigée.
Editions: Arfuyen

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RENCONTRE (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2021



RENCONTRE

Avant l’aube, nous étions en route à travers les champs gelés.
L’aile rouge se levait. Encore la nuit.

Soudain un lièvre passa, tout près, devant nous,
Et l’un de nous le désigna de la main.

C’était, i1 y a longtemps. Aujourd’hui ne vivent plus
Ni le lièvre, ni celui qui le désigna.

Mon amour, où sont-ils donc, où vont-ils,
Geste de la main, trace de la course, et bruit des mottes de terre ?

Ce n’est point par regret que j’interroge, mais dans un songe paisible…

(Czeslaw Milosz)

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J’ai dû rassembler ma propre immensité… (François Jacqmin)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



    

J’ai dû rassembler ma propre immensité…

J’ai dû rassembler ma propre immensité
pour tenir tête à la neige.
Sa pâleur
ressemblait au système du néant
vu à travers le sommeil.
Jusqu’ici
j’avais vécu dans une encoignure ;
je me sentais peu fondé à dire « il n’y a rien ».
La voyant si blanche, je voulais
être digne de son enchantement sans emploi.

(François Jacqmin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Livre de la neige
Traduction:
Editions: La Différence

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Dans la barque oubliée (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021



Illustration: James Jacques Joseph Tissot
    
Dans la barque oubliée,
le fil des reflets
nous emporte le
long des rives
aux verts contrastés.

Jaillissent des boutons rosés,
curieux, par milliers,
tendus vers le bleu du ciel.
Avec urgence
ils froissent leurs pétales de soleil.
Les friselis des arbres fleurissent
retiennent leur rire
devant le vert franc
des nuages de canopée bien taillés.

bambous
bambous noirs
bambous
bambous droits
pulse le vert tendre

A travers les entrelacs des branches
la transparence s’apprivoise.
Elle verdit
au plus près des nervures,
le grand écart de la sève
qui n’attend plus.

Lumière à ne plus savoir
à voguer sur l’instant
à fermer nos paupières chlorophylles.

Les pierres ont guidé nos errances.
Le pont moussu n’a pas arrêté notre barque
et sans cesser
la lumière douce du couchant
nous berce encore dans son sillage.

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Matin d’octobre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Matin d’octobre

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
À travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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RONDEAU DE LA VIE QUI SE RETIRE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration: Jérôme Royer
    
RONDEAU DE LA VIE QUI SE RETIRE

Démon Vital, toi qui dans ma jeunesse
Tenais bandés mes tendons résolus,
Précipitant vers amour et prouesse
Tout mon squelette aujourd’hui si perclus, —
De mes fols sens, de mon coeur chimérique
Combien de fois forças-tu les transports!
Combien de fois à travers tout mon corps
Ai-je senti ton fluide électrique,
Démon Vital!

Ô si longtemps dans ma boîte à cervelle
Toi qui soutins les pensers chevelus,
Et de ma jambe et de mon rein fidèle
Les bonds musclés et les combats râblus,
Tant que ton flot ruissela dans ma tête,
Tant que ton feu délia mes ressorts,
Beauté n’était ni palmes ni trésors
Dont mon ardeur n’entreprit la conquête,
Démon Vital!

Démon Vital, maintenant tu me quittes;
Dans mes vieux nerfs tes généreux influx
Ont espacé, puis cessé leurs visites,
Tes chauds courants ne me fréquentent plus.
A quel ennui ta retraite me livre!
De l’ancien souffle â peine un reste encor,
Oiseau blessé, volète dans mon for,
Et je me meurs de ne plus vouloir vivre,
Démon Vital.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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A travers les pins (Françoise Naudin)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



A travers les pins
le bleu du ciel
tiré à quatre épingles

(Françoise Naudin)


Illustration

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J’ai senti un cri infini (Edvard Munch)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2020



Illustration: Edvard Munch
    
Je me promenais sur un sentier avec deux amis.
Le soleil se couchait.

Tout à coup, le ciel est devenu rouge sang.
Je me suis arrêté, épuisé me suis appuyé sur une clôture,
il y avait du sang et des langues de feu
au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville.

Mes amis ont continué,
et je suis resté là, tremblant de peur.

J’ai senti un cri infini
qui passait à travers l’univers.

***

eg gik bortover veien med to venner – solen gik ned –
Jeg følte som et pust av vemod –
Himmelen ble plutselig blodig rød –
Jeg stanset, lænede meg til gjerdet mat til døden –
så ut over de flammende skyerne som blod og sværd over den blåsvarte fjord og by –
Mine venner gik videre –
jeg sto der skjælvende av angst –
og følte et stort uendelig skrik gjennom naturen.

(Edvard Munch)

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Chanson (Pas par le plafond) (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020




    
Chanson
(Pas par le plafond)

Pas par le plafond,
Pas par le plancher,
Petit enfant sage,
Tu ne partiras.

Pas brisant les murs
Ou les traversant,
Pas par la croisée,
Tu ne partiras.

Par la porte close,
Par la porte ouverte,
Petit enfant sage,
Tu ne partiras.

Ni brûlant le ciel,
Ni tâtant la route,
Ni moquant la lande,
Tu ne partiras.

Ce n’est qu’en passant,
À travers les jours,
C’est à travers toi
Que tu partiras.

(Guillevic)

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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