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Poésie

Posts Tagged ‘à vif’

Le rêve du végétal (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



    

Le rêve du végétal
Au plus profond
Qui chuchote ?
Entre âme et chair
Quelle voix
Chante le rêve du végétal ?
Quelle voix
Chante les silencieuses spirales
Et la danse
Hors le sommeil sans rupture
De l’origine ?

Quelle mémoire
Epelle à vif
Le mystère en miroir
Des univers ?

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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C’est mettre à vif son âme (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
C’est mettre à vif son âme
que de rebrousser chemin
dans son intimité avec un être,

en même temps
qu’on assume sa perfection.
Ligoté, involontaire,

j’éprouve cette fatalité
et demande pardon à cet être.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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Infirmes, nos gestes (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




   
Infirmes, nos gestes,
ils se détachent
les uns des autres,
accumulent
les saccades, plus
acérées, urgentes,
mais ce qui les attire,
qu’ils réussissent
à ne pas le cerner, ils s’aèrent,
ils se suivent,
laissant à vif ces lèvres
que rien ne fermera
d’une blessure : à nous
maintenant de répondre,
d’accomplir leur rôle,
sans prudence
ils ont rendu l’espoir

(Pierre Dhainaut)

 

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La lumière qui s’écroule sur moi (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Kathryn Jacobi
    
La lumière qui s’écroule sur moi
quand je marche dans la nuit
m’a fait au visage de grandes blessures
que le jour ne peut refermer.

C’est un visage vraiment nu
qui se fixe à ma chair dépaysée
quand le monde cherche le matin
dans les tas d’ordures de la rue.

Les fenêtres sont des trous
d’où je regarde le ciel de bien plus près
que de la tour la plus haute :
adossé contre l’ombre, je peux me tenir debout.

Quand le soleil se lève
je crois qu’il va m’aider à vivre
mais au fond de moi le sang se rouille
échappé d’un coeur qui ne verra jamais le jour.

Quand une femme qui doit être belle apparaît
plus près de moi que toute la clarté de la terre,
je suis sûr que je pourrai l’aimer
mais la foule l’emporte dans ses bras.

Dans une chambre, une femme m’attend
dont le corps à vif va s’ouvrir au mien
dans un instant d’une plénitude telle
que rien ne peut la limiter, pas même la mort.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Dans une chambre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Pascal Renoux
    
Dans une chambre une femme m’attend
dont le corps à vif va s’ouvrir au mien
dans un instant d’une plénitude telle
que rien ne peut la limiter, pas même la mort.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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J’accueille ta vision dans le coeur (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    

j’accueille ta vision
dans le coeur du coeur noir
l’écho de ta blessure

tout est à vif
dans la bouche des nuées
tout est offrande

j’appartiens à ton souffle
dans le coeur du coeur noir
à la source sans retour

la rage au ciel
enfin dépossédé
j’invoque ta brûlure

renversé
dans le coeur du coeur noir
j’en fais mon visage

ta voix promise
j’en dis l’horizon
et la faille si douce

plus bas sans appui
dans le coeur du coeur noir
je me saigne à ton étoile

la nuit tremble
et je la recueille
pour t’engloutir enfin

l’infini se lève
dans le coeur du coeur noir
avec le ciel ravivé

avec le coeur à l’écoute
dans la saison du souffle
aux confins de l’intime

le lait de l’éveil
dans le coeur du coeur noir
je l’offre à ta nuit

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Trois temps autrefois (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Trois temps
autrefois
harmonisaient la détresse
et la joie
Et maintenant le futur
blesse
On s’allège peu à peu des roueries
des subterfuges
On marche à vif
sur le présent disjoint

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Cette soif (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2016



Christian Schloe 12

Cette soif

Le sommeil se dérobe
laissant le sang à vif

Le jour est sans appel
Un démenti du jour

Gravée dans l’âme:

Cette soif.

(Andrée Chedid)

Illustration: Christian Schloe

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L’ultime à vif (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2015



l’ultime à vif
le parcours broyé de la grâce
un halètement de réel
qui pétrit la plénitude

(Zéno Bianu)


Illustration: Alberto Giacometti

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CE N’EST PAS TOI (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Karst_Dent-de-Crolle-8 [1280x768]

CE N’EST PAS TOI

Ce n’est pas toi qui materas le monde
Et t’enfonceras muet en un avec le temps,
Lézardé, tu seras le désir,
Calciné, à vif, la voix rauque.

Comme le Karst, quand le vent encore chaud
Embrase les pinèdes,
Incendie l’obscur — et ton pas
En vain va chercher la paix dans les ténèbres.

Ce n’est pas toi qui l’étreindras
Quand la noire nuit tombera sur elle,
Tu rêveras et tu convoiteras
Et la mort t’arrachera le rêve.

(Srecko Kosovel)

 

 

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