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Poésie

Posts Tagged ‘abandon’

Que je puisse me laisser rencontrer (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



 

Illustration: Gilbert Garcin
    
Que je puisse me laisser rencontrer, que je le puisse moi-même,
c’est là le premier don de l’autre,
et c’est en tant que véritable don que véritablement il m’appartient…

C’est l’autre déjà qui me donne le pouvoir de me donner à lui.
Cet abandon est son événement et son avènement.

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: L’effroi du beau
Traduction:
Editions: Le Cerf

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Il cherche un mot (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Illustration: Horace Vernet 
    
Il cherche un mot

Il cherche un mot qu’il a perdu jadis
dans sa mémoire ou dans le grand canal
qui le relie à des fleuves perdus,
un mot sans joie et dont il ne sait rien
sinon qu’il pleure un abandon fatal.

Il cherchera tout au long de sa vie
dans le lexique ou dans le volubulaire.
Il croit qu’il vole, à moins que minéral,
il soit joyau, à moins que végétal,
il soit caché dans le jardin des jours.

Et le voilà, ce mot, il filtre à peine
et l’homme rêve : il va surprendre enfin
ce qui fuyait sa vie et sa pensée.

Ce mot qui tremble, il est la clé du monde.
L’homme l’entend, il va le révéler
lorsque la mort pose un doigt sur sa bouche.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Je reste à vous attendre au bord de ma fenêtre (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Mais qu’importe à l’oiseau
Qui porte dans le rêve
L’abandon de son aile
Et ces grands alizés

Le regret du poète
Et son amour pareil
Au doux vrombissement
D’un insecte doré

Voyageurs de ma vie
Qui parcourez sans peine
Cet océan de brume
Entre le monde et moi

Je reste à vous attendre
Au bord de ma fenêtre
Soleils tant attendus
Par les jours de grands froids!

(René Guy Cadou)


Illustration: Serguéï Andréïévitch TOUTOUNOV

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Je t’ai faite, depuis, la reine de mes rêves (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




Je t’ai faite, depuis, la reine de mes rêves.
Nulle frontière autour et le domaine est tel
qu’en face l’infini n’est qu’un simple archipel
dont la fine échancrure enfle d’un flot de sève.

Quelle semence d’or sur l’espace et le temps !
Déjà le grand pavot mystique nous embaume.
L’Eternité fleurit dans le coeur du royaume
et c’est toi le lotus lumineux de l’Etang.

Mais ton haut « ravenale » arborant sa verdure
déploie en éventail nos millions de désirs :
l’hivernage, trop long, a durci la nervure.

Quand donc retentiront, pour nos divins plaisirs,
et l’appel du printemps et le chant de la rose
et les cris d’abandon de ta nudité rose…

(Jacques Rabemananjara)

 

 

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La Carte du Royaume des Précieuses (Charles Sorel)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



La Carte du Royaume des Précieuses

On s’embarque sur la Rivière de Confidence
pour arriver au Port de Chuchoter.

De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère,
qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie
qui est la capitale du Royaume.

A une lieue de cette ville est un château bien fortifié
qu’on appelle Galanterie.
Ce Château est très noble,
ayant pour dépendances plusieurs fiefs,
comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés
et Amitiés amoureuses.

Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie,
qui sont toutes couvertes d’un côté par les Montagnes de Minauderie
et de l’autre par celles de Pruderie.

Derrière tout cela est le lac d’Abandon,
qui est l’extrémité du Royaume.

(Charles Sorel)

voir ici: Carte DE Tendre (et pas « du ».. Tendre est un Pays.. un BEAU Pays!)  de Madeleine de Scudéry (15/11/1607  02/06/1701)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre
http://www.miscellanees.com/t/tendre01.htm

 

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L’homme au cœur blessé (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Pablo Picasso - The Old Guitarist (1903) 00

L’homme au cœur blessé

Jour après jour, les jours s´en vont,
Laissant la vie à l´abandon.

Dans le jardin de l´homme au cœur blessé,
L´herbe est brûlée. Pas une fleur.
Sur l´arbre mort, plus rien ne peut pousser.
Rien que les fruits de sa douleur.

Les quatre murs de sa maison
N´abritent que l´absence
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?

Parfois, des larmes viennent abreuver
L´herbe brûlée du souvenir
Mais quel soleil pourra-t-il réchauffer
Les jours enfuis ou à venir?

Les quatre murs de sa maison
N´abritent que l´absence
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?

Jour après jour, les jours s´en vont,
Laissant la vie à l´abandon.

(Georges Moustaki)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Dans l’odeur des charbonnettes… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Dans l’odeur des charbonnettes…

Dans l’odeur des charbonnettes
La forêt s’endort;
A peine le vent halette
Aux frondaisons d’or.

A travers les feuilles mortes,
D’azur rechampi,
Au soleil ouvrant sa porte,
Le bacul tapi,

Dans la coupe solitaire
Presque inapercu,
Arrondit son toit de terre
Comme un dos bossu.

Au fond, le lit de fougère,
Le buffet branlant,
Le pain près de la soupière
Dans un linge blanc.

A l’ombre du toit rustique,
Sous un baliveau,
La fontaine aromatique
Tord son écheveau.

Et parfois un rouge-gorge
Vient en voltigeant,
Du framboisier qui le loge
Boire au flot d’argent.

O sauvage et sans contrainte,
Comme un lièvre pait,
Savourer d’une âme simple
Cette immense paix.

Avoir pour toute richesse
Et suprême don,
Sous l’humble toit qui se dresse
En cet abandon,

Et pour qu’au ciel me sourie
L’azur infini,
D’aimer comme un enfant prie,
D’aimer mon ami!

(Marie Dauguet)

 

 

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La conscience identique (Philippe Omsil)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



Le coeur d’enfant
est du coeur d’arbre
la même extase.

L’un, cette obstination de courage vain
à détourner le cours de la vie,
à renouveler sans cesse son étincelle.

L’autre, cet abandon à la nuit
de tout songe sans un cri,
sans même un murmure.

La conscience identique.

(Philippe Omsil)


Illustration

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LAISSE ICI TON BAGAGE D ESPOIR… (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
LAISSE ICI TON BAGAGE D’ESPOIR…

Laisse ici ton bagage d’espoirs,
De peurs secrètes, de ténèbres,
Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
Et tous les morts qui t’accompagnent
De leurs paisibles voix aimées.
Tu dois poursuivre seul,
Lourd de tes mots, de tes silences,
Sans autre recours que ton dénuement,
Pour mesurer ta vie
A l’abandon des êtres et des rêves,
Pour que ton âme s’illumine
De ce qu’elle a quitté.

Ce qui est écrit sur la pierre
Ne t’apprend rien que tu ne saches.
Méfie-toi de ces mots qui voudraient
Te parler de toi. Ils sont leurres.
Ce qu’ils cherchent à dire
Demeure en deçà des paroles.
Fouille en toi plus profond,
Jusqu’à cette lueur qui tremble
En ce miroir embué de ténèbres
Où ton visage dort encore.
Ne désespère pas, tout est si proche,
Ta lumière ici fait silence.

Toutes les routes sont promises
A qui les rêve sans les voir.
L’une s’ouvre à tous les voyages,
L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
La troisième fait don d’une enfance
A celui qui n’en avait plus,
Une autre encore à l’errance t’incite
Vers une terre en friche où naisse enfin
L’espoir sous la parole et toute paix
Dans le regard des hommes.
Tu t’inventes, les yeux fermés,
Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

Ce que le monde te raconte,
Préserve-le comme un secret
Scellé sous l’écorce de la chair.
Au fond de tes yeux veille encore
L’innocence du premier regard.
Chaque syllabe en toi fait don
De sa lumière au jour qui la suscite
Et, d’un souffle, renait pour mourir
D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
La neige, le galet, l’oiseau perdu
Et cette flaque où le ciel nu respire.

(Pierre Gabriel)

 

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Comme un jardin à l’abandon (Aurélia Lassaque)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Céline Decubber
    
Comme un jardin à l’abandon

Comme un jardin à l’abandon
Ta peau
Comme un jardin à l’abandon
Avec beaucoup de fleurs dedans.

Tu dis — J’aime tes longs cheveux —

Dans le creux de ta main
La clé d’une maison inconnue;
Celle de tes ancêtres.

Tu dis que les volets ont perdu leur couleur,
Comme les vieilles tortues qui encombrent la mer.
Tu as dénudé tes yeux
Sur mon épaule.

À l’heure de la prière,
Nous avons dessiné des oiseaux
Avec l’ombre de nos mains.

Tu me parlais d’arbres
Qui ouvrent leurs feuilles
Au clair de lune.

Et je ne t’écoutais pas.
Je ne voyais déjà plus tes mains
Qui ouvriraient
Bientôt loin de moi
Les volets ternes d’une maison
Au bord d’une rivière
Dont tu ne m’as jamais donné le nom.

(Aurélia Lassaque)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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