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Poésie

Posts Tagged ‘abasourdi’

Le pêcheur au soleil (Lise Deharme)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2021




Le pêcheur au soleil

La ligne d’or
danse sur l’eau
de chaque rayon
sort un oiseau.

Pêcheur qui dort
abasourdi
croit que le lac
est plein de nids.

(Lise Deharme)

Illustration

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En rêve tu es mienne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    
En rêve tu es mienne

Notre bonheur s’est tapi, muet,
Nous écoutions cachés dans un silence secret.
Même les flammes du poêle dansaient avec bonheur,
L’ardeur de l’amour desséchait nos lèvres.
Même l’austère pendule ne bourdonnait pas.
Les murs blancs et fiers en furent abasourdis …

En rêve, tu es toujours à moi toute entière.
Parfois, même réveillé, je crois encore à nos baisers.

(Attila Jozsef)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le mendiant de la beauté
Traduction: Francis Combes, Cécile Guichard, Georges Kassai
Editions: Le temps des cerises

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L’ARAIGNÉE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



L’ARAIGNÉE

C’est une araignée énorme qui ne marche plus;
une araignée incolore dont le corps,
tête et abdomen, saigne.

Aujourd’hui je l’ai vue de près. Avec quel effort
vers tous ses flancs
elle étirait des pattes innombrables.
Et j’ai pensé à net yeux invisibles,
nautoniers fatals de l’araignée.

C’est une araignée qui palpitait fixement
sur un rasoir de pierre ;
abdomen d’un côté,
tête de l’autre.

Avec toutes ces pattes, la pauvre, elle ne sait comment
avancer. Et, en la voyant ainsi
aujourd’hui, abasourdie, en transe,
quelle peine m’a fait cette voyageuse.

C’est une araignée énorme, son abdomen
l’empêche d’escorter sa tête.
J’ai pensé à ses yeux
à ses nombreuses pattes…
Comme elle m’a fait de la peine cette voyageuse !

***

LA ARAÑA

Es una araña enorme que ya no anda;
una araña incolora, cuyo cuerpo,
una cabeza y un abdomen, sangra.

Hoy la he visto de cerca. Y con qué esfuerzo
hacia todos los flancos
sus pies innumerables alargaba.
Y he pensado en sus ojos invisibles,
los pilotos fatales de la araña.

Es una araña que temblaba fija
en un filo de piedra;
el abdomen a un lado,
y al otro la cabeza.

Con tantos pies la pobre, y aún no puede
resolverse. Y, al verla
atónita en tal trance,
hoy me ha dado qué pena esa viajera.

Es una araña enorme, a quien impide
el abdomen seguir a la cabeza.
Y he pensado en sus ojos
y en sus pies numerosos…
¡Y me ha dado qué pena esa viajera!

(César Vallejo)

Illustration: Odilon Redon

 

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