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Posts Tagged ‘abattoir’

C’était affreux… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
C’était affreux…
A Mademoiselle M. R.

C’était affreux ce pauvre petit veau qu’on traînait
tout à l’heure à l’abattoir et qui résistait,

et qui essayait de lécher la pluie
sur les murs gris de la petite ville triste.

Ô mon Dieu! Il avait l’air si doux
et si bon, lui qui était l’ami des chemins en houx.

Ô mon Dieu! Vous qui êtes si bon,
dites qu’il y aura pour nous tous un pardon

— et qu’un jour, dans le Ciel en or, il n’y aura
plus de jolis petits veaux qu’on tuera,

et, qu’au contraire, devenus meilleurs,
sur leurs petites cornes nous mettrons des fleurs.

Ô mon Dieu! Faites que le petit veau
ne souffre pas trop en sentant entrer le couteau…

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉCLIPTIQUE. LES HALLES (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

ÉCLIPTIQUE. LES HALLES.

Tu étais mon absence.
Partout où je respirais, tu me trouvais
dans la parole
qui parlait pour revenir
vers ce lieu.

Le silence
était
dans les abattoirs de l’errance
et la moelle
d’une hâte habile de putain, une faim
qui est devenue
un lit pour moi,

comme si l’aveugle
fureur d’Ezéchiel
que je découvrais, le «Vivez» et le
«Oui, il nous a dit,
quand nous étions dans notre sang,
Vivez», avait été simplement ta façon
de m’approcher —

comme si quelque part,
visible, une pierre arctique, aussi blanche
que le sperme, s’était
écoulée, phrase-flamme après phrase-flamme,
de tes lèvres.

(Paul Auster)

Illustration: Charles J. Dwyer

 

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Retouche au grand chariot (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



Illustration: Miquel Barceló

    

retouche au grand chariot

Ecart des yeux
des longues bêtes d’abattoir
la nuit au front bas
gémit dans l’étable du ciel

le vrai voyage est dans les têtes fermées

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Plus loin (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2016



Plus loin on prend encore une autre direction
Mais toujours les mêmes reviennent
Vers la colline singulière
Où le chemin tourne en montant
Jusqu’au rocher sanglant où périt la lumière
Dans les abattoirs du couchant

(Pierre Reverdy)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Vers des clartés au loin (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016




Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée ;
dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches,
leur tête dodeline, lourde et calme.
Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée.

Dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches,
des tachetées, des noires et des rousses ;
mais nul ne peut leur expliquer
qu’il est minuit et que l’on va vers l’abattoir.

Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée ;
dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches
leur tête dodeline, lourde et calme.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Aurélie Mantillet

 

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DUBLIN BLUES (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2015



 

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DUBLIN BLUES

LE temps me saisit de sa main courante
par un bout de rue où nul ne m’attend
sauf dans le saloon aux portes battantes
la barmaid qui sert les morts sur un rang

J’avais trop rêvé d’une fée aux miettes
qui donc l’appelait mirette d’oiseaux
pour ne pas finir par perdre la tête
en virant au noir d’encre du ruisseau

La nuit qu’écrasaient les chevaux de frise
fait un abattoir de mon carrousel
et mon Opéra se change en cerise
au fond d’un bocal du dernier bordel

(Paul Gilson)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Des chevaux (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2015


chevaux

 

Nous étions devenus ces chevaux dans la prairie,
– nous l’aurions voulu! –
nous mettant à courir quand il nous plaît,
puis, équanimes,
sur l’herbe et les fleurs qui souffleraient,
et comme eux,
si l’abattoir s’approche – c’est demain –
qui ne le sauraient pas.

(André Frénaud)

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