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Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire (Pentti Vihtori Holappa)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire,
à cet éclair fulgurant où la perfection se matérialise,
où l’ère glaciaire abat son poing sur l’hémisphère.
J’écris l’apocalypse et je la vois se réaliser.
Dans ma poitrine, à l’endroit du cœur, quelque chose
bouge pourtant comme un colibri énervant ses ailes.
Je le nomme amitié, je l’appelle amour.
Il guette une branche où s’envoler.

(Pentti Vihtori Holappa)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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A un écureuil à Kyle-Na-No (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018


 


 

A un écureuil à Kyle-Na-No

Viens donc jouer avec moi ;
Pourquoi faut-il que tu t’enfuies
A travers l’arbre qui s’agite,
Comme si j’avais un fusil
Pour t’abattre et te tuer ?
Alors que tout ce que je veux
C’est te gratter la tête
Et te laisser partir.

***
To a squirrel at Kyle-Na-No

Come play with me ;
Why should you run
Through the shaking tree
As though I’d a gun
To strike you dead ?
When all I would do
Is to scratch your head
And let you go.

(William Butler Yeats)

 

 

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L’ombre d’un arbre (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018




Ce n’était que l’ombre d’un arbre
Entrant à midi dans la chambre,
L’ombre candide d’un érable,
Une ombre d’or et d’ambre.

Pourquoi eut-il si peur
Quand elle vint heurter la table?
D’où provenait cette lueur?
Tout paraissait inexplicable.

Un matin, il abattit l’arbre.
Il se crut délivré.
A midi, l’ombre de l’érable
Rampa lentement vers ses pieds.

Lorsqu’il tenta de se lever
Pour fuir dans la chambre voisine,
Il resta stupéfait: ses pieds
Avaient pris racine.

(Maurice Carême)

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Et maison neuve on bâtira (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Et maison neuve on bâtira

Refrain
On va construire une maison
Pour abriter les camarades
On va construire une maison
Du rez-d’-chaussée jusqu’aux mansardes
On va construire une maison
Le toit les murs les fondations
On va construire une maison.

1
Il faut d’abord abattre la masure
Les vieux taudis les nids à rats
Il faut d’abord abattre la masure
Et maison neuve on bâtira.

2
Il faut aussi creuser profond la terre
Le terrassier a de bons bras
Il faut aussi creuser profond la terre
Et maison neuve on bâtira.

3
Maçon construis de solides murailles.
C’est le gros oeuvre et il tiendra
Par le ciment la pierre et la pierraille
Et maison neuve on bâtira.

4
Le fer, le bois soutiendront la charpente
Couvreur, plombiers, faites le toit
Qu’il nous abrite à l’instant des tourmentes
Et maison neuve on bâtira.

5
Pour la lumière et les fortes serrures
Bons compagnons fait’s c’ qu’il faudra
Comme un voilier inclinant sa mâture
La maison neuv’ naviguera.

6
Le menuisier fait les planchers solides
Pour le repos des travailleurs
Et la maison malgré les vents perfides
Verra briller les jours meilleurs.

7
Pour la construire éblouie de lumière
Soyons unis dans la cité
Et que ces buts guident nos coeurs sincères:
La justice et la liberté.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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RETOUR À L’AUBE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




Illustration

    
RETOUR À L’AUBE

Un bouquet de soleil danse dans la serrure
Les tables sont fleuries
On glisse les parures
Une main cache encore les écluses dorées

Tout ce qui dort a son secret
Le village enfoui sous la lampe
Les oiseaux perchés sur la rampe
La feuille blanche du plafond

J’ai reconnu ton pas
La voix-fée de la porte
Le cri désespéré d’un homme qu’on abat
La chambre sous le toit
Et la petite morte.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Il advient au poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Il advient au poète d’échouer au cours de ses recherches sur un rivage
où il n’était attendu que beaucoup plus tard, après son anéantissement.
Insensible à l’hostilité de son entourage arriéré le poète s’organise,
abat sa vigueur, morcelle le terme, agrafe les sommets des ailes.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Martinet (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017



Illustration
    
Le Martinet

Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie
sa joie autour de la maison. Tel est le coeur.

Il déssèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein.
S’il touche le sol, il se déchire.

Sa répartie est l’hirondelle. Il déteste la familière.
Que vaut dentelle de la tour ?

Sa pause est au creux le plus sombre. Nul n’est plus
à l’étroit que lui.

L’été de la longue clarté, il filera dans les ténèbres,
par les persiennes de minuit.

Il n’est pas d’yeux pour le tenir. Il crie, c’est toute
sa présence. Un mince fusil va l’abattre. Tel est le coeur.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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A l’ombre d’un myrte (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2017




    
A l’ombre d’un myrte

Pourquoi te serai-je lié,
Ô mon myrte charmant ?
L’amour, le libre amour, ne peut être lié
A nul arbre planté en terre.

Ô que j’étais malade et las
Étendu sous mon myrte
Semblable à la bouse sur le sol
Lié à mon myrte.

Souvent mon myrte soupirait en vain,
A contempler ma lourde chaîne ;
Souvent mon père nous vit soupirer
Et rit de notre naïveté.

Ainsi je l’abattis et son sang
Colora les racines issues du myrte.
Mais le temps de la jeunesse a fui
Et des cheveux gris couvrent ma tête.

***

In a Myrtle Shade

Why I should I be bound to thee,
O my lovely Myrtle-tree?
Love, free Love, cannot be bound
To any tree that grows on ground.

O! how sick and weary I
Underneath my Myrtle lie;
Like to dung upon the ground,
Underneath my Myrtle bound.

Oft my Myrtle sigh’d in vain
To behold my heavy chain:
Oft my Father saw us sigh,
And laugh’d at our simplicity.

So I smote him, and his gore
Stain’d the roots my Myrtle bore.
But the time of youth is fled,
And grey hairs are on my head.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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N’abats pas d’arbre (Hamo Sahian)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



N’abats pas d’arbre
pour mon cercueil
dépose-moi au creux
du tronc d’un vieil arbre
au bord du bois
au sommet de la colline
afin que je puisse
aller trouver
afin que je puisse
aller embrasser
ses racines
et qui sait, peut-être qu’un jour
j’émettrai un jeune arbre
dans la lumière du monde.

(Hamo Sahian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (IV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (IV)

Il me faut inventer d’incroyables pièges de chair
pour prendre le monde dans un baiser,
il me faut abattre les murailles dont tu t’entoures
pour que le plaisir puisse te couper en deux.

C’est alors que l’air est dans ma bouche
la racine même de l’espace et des fruits
que, pour me laisser passer de ma vie à ta vie,
tu te fais arche des épaules aux pieds.

Partout sur les murs, sur les visages
la lumière se dévêt de sa lingerie
et montre son beau ventre de femme
d’où l’ombre tombe comme une fourmilière écrasée.

Car il y a vraiment de quoi vivre sur la terre,
mais il faut avoir la force des arbres
pour pouvoir repousser le ciel bas
que la mort fait peser sur les paupières.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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