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Posts Tagged ‘(Abdelwahab El-Bayati)’

Les cendres dans le vent (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


 

Les cendres dans le vent

Depuis dix nuits j’endure les tourments
Chevauchant la douleur meurtrière
Ils m’ont tranché les membres, les ont brûlés
Et dispersé leurs cendres au vent
Se sont rués sur mes cahiers
En ont pillé les pages, étouffé les désirs
Et foulé les signes dans la boue
Mes guenilles et mon sang
Me voilà dépouillé
Libre comme ce feu, ce vent
Libre pour l’éternité
Gouttes des pluies de l’été
Cité dont personne ne revint
Rendez-vous au dernier jour
Aimé ne joue point sur la guitare du corps
Mes membres sont devenus l’humus
De ces forêts de cendre
Grandira la forêt mon étreinte
Mon amant
Et grandiront les arbres
Notre rencontre après-demain
Dans le temple des lumières
L’huile ne manquera pas dans la lampe
Le rendez-vous sera tenu
La blessure ne guérira point
Mais la semence s’épanouira

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Ratko Krsanin

 

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Tristesse de la violette (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Tristesse de la violette

Les multitudes qui travaillent
Ne rêvent pas à la mort du papillon
Ni aux tristesses des violettes
Ni au voile qui scintille
Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été
Ni aux amours du fou avec son fantôme
Les multitudes qui travaillent
Qui se dépouillent
Qui se déchirent
Les multitudes qui fabriquent le bateau du rêveur
Les multitudes qui tissent les mouchoirs des amants
Les multitudes qui pleurent
Qui chantent qui souffrent
Tout autour de la terre
Dans les usines de fer, au fond des mines
Qui mâchent le soleil des morts certaines
Rient parfois aux éclats
Tombent amoureuses
Mais pas comme le fou d’un fantôme
Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été
Les multitudes qui pleurent
Qui chantent, qui souffrent
Sous le soleil de la nuit
Rêvent de leur pain quotidien

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration

 

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Tes yeux verts (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018


 

Tes yeux verts

Tes yeux verts ont empli mon calice
Du vin des souffrances… j’ai créé
En leurs vagues la rencontre
Source dans ma poitrine
Présence dans mon désir, mon sang
Battements du coeur, mes larmes
Ombres des peupliers
Au miroir ruisselant
Je désire leurs aveux
De fantômes lointains
Je demeure éveillé
J’ai erré vent désespoir
Vent du désert au désert
Souvenir, peur panique
Tes yeux, mes yeux rencontres
Je dis : séquelle d’amour
L’objet en est passé
Demain détresse, demain
S’en reviendra pour boire
Aux sources de mon désert
Demain ? Mais sans promesse
Sans rencontre et sans source

Tes yeux verts ont fané
Mes roses, ont asséché
Le parfum de mes prés
Je n’ai pas cessé d’être
Un bourgeon sur leurs vagues
Qui m’inspiraient l’amour
Sans que j’en fusse conscient
Je suis l’amour mystère
Toi prêtresse endormie
Mes offrandes oubliées
En ce couvent ruiné
Mon demain, mon hier
Chaînes et larmes séchées

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Marilyn Jacobson

 

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Dans mon village (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



Dans mon village, nos enfants
Chantaient pour la terre après la pluie
Le bras du printemps secouait la vie
Dans les chemins de lune

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Béatrice Réfievna

 

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Où donc est la lumière ? (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



Les veilleuses s’éteignent dans ma poitrine
Où donc est la lumière ?
Ouvrez les portes de la lumière
Ouvrez-les
Mes amis les pauvres
Mes amis les poètes
Dans le silence des pleurs

(Abdelwahab El-Bayati)

 

 

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Douleur de l’enfantement (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



Douleur de l’enfantement

Il a dit : tue-moi car j’aime tes yeux
Et c’est à cause de toi que je pleure
Sur la carte postale des églises gothiques rouges
se baignaient, dans le soleil
Picasso sur la couverture du dernier numéro de la revue
Vie fixe la lumière d’un autre monde
Elle a dit : la langue de la rose fleurit au jardin
De la nuit (…)

(Abdelwahab El-Bayati)

 

 

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Le chanteur et la lune (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



 


Le chanteur et la lune

Je l’ai vu jouer avec les coeurs et les hyacinthes
Je l’ai vu mourir
Sa chemise tachée de mûres
Un poignard dans le coeur
J’ai vu une toile d’araignée
Envelopper sa flûte brisée, silencieuse
J’ai vu la lune verte de ses yeux
Se coucher derrière les balcons nocturnes et les maisons
Quand lui, se mourait si calme
Au bord de ce chemin

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Jean Lambertwild

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Je l’aime (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016


 

Je l’aime
Le mur de neige
S’écroule dans mon coeur
Coule le sang du jour

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration

 

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