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Abdication (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Abdication

Dis-moi n’importe quoi ! porte-moi n’importe où !
Tout me plaira pourvu que ton désir le veuille.
Pour moi, je ne sais plus vouloir et je suis fou.
Tu seras l’ouragan et je serai la feuille.

Porte-moi n’importe où ! dis-moi n’importe quoi !
Quel que soit le pays, l’instant et ton caprice,
Je ne verrai que toi, je n’entendrai que toi.
Le monde est un théâtre où toi seule es l’actrice.

Dis-moi n’importe quoi ! porte-moi n’importe où !
Je ferai sans remords tes volontés sans cause.
Tout ! rien ! n’importe quoi ! n’importe où ! Je suis fou.
Je ne suis plus un homme, un moi. Je suis ta chose.

Mon cœur n’a plus de vœux. Ton désir est le sien.
Tu m’as versé le vin d’amour plein ma timbale.
Comme l’initié du grand mystère ancien,
J’ai mangé du tambour et bu de la cymbale.

(Jean Richepin)

Illustration: John William Waterhouse

 

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ABDICATION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



ABDICATION

Tiens-toi tranquille, mon poème,
des îles bleues percent tes mots,
un requin happe tes syllabes.
L’homme a lâché les fins du monde
qu’il conservait depuis mille ans
au fond d’un coeur peuplé d’orties.
Il ne nous reste qu’à nous taire
et contempler ce jeune atome
qui a raison de la montagne,
cet océan qui se suicide.
Sait-on jamais, mon cher poème ?
le néant songe à te loger
dans un hospice de vieux rêves,
mais un poète, il n’est personne
pour le défendre dans cet âge
où l’être humain est superflu.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

 

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