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Poésie

Posts Tagged ‘aboiement’

JE RENTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
JE RENTRE

Mon chapeau se cabosse
j’entends maintenant les aboiements récents
la fenêtre m’applaudit aussitôt
et ma table sourit

je regarde au loin le bouton de sonnette
et le vent actif agace mes cheveux
l’être innombrablement ailé je le suis aussitôt
je partis oubliant mon cerveau

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Saison fidèle aux Coeurs… (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




Saison fidèle aux Coeurs…

Saison fidèle aux coeurs qu’importune la joie,
Te voilà, cher Automne, encore de retour.
La feuille quitte l’arbre, éclatante, et tournoie
Dans les forêts à jour.

Les aboiements des chiens de chasse au loin déchirent
L’air inerte où l’on sent l’odeur des champs mouillés.
Gonflés d’humidité, les prés mornes soupirent
En cédant sous les pieds.

Les oiseaux voyageurs, par bandes, dans les rues,
Emigrent vers le Sud et les soleils plus chauds.
Les laboureurs, penchés sur les lentes charrues,
Couronnent les coteaux.

Le soir, à l’horizon, parfois le ciel est rose ;
Des troupes de corbeaux traversent le couchant.
Dans le creux des sillons de la plaine repose,
Pensive, une eau d’argent.

(Charles Guérin)

Illustration

 

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Les treuils, les cordes, les poulies (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Les treuils, les cordes, les poulies, — les volants et les
leviers — les manettes, les trappes, les glissières — la
poussière et les aboiements — toute la machinerie du
théâtre mental se met en marche, fonctionne à vide,
fonctionne pour le vide, pour le divertissement du
vide…
jusqu’à ce que le fleuve en crue sur lequel est flot
tant ce théâtre, s’engouffre entre les colonnes et les ors,
et apporte un dénouement à une vacance éternelle de
drame. Tout ce qui roule entre mes tempes, de séche
resse et de cailloux, à les faire éclater, comme à travers
un cirque de montagne qui amplifie son grondement, et
roule, et déferle contre vos genoux

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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La feuille d’un palmier (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Andrey Bobir
    
La feuille d’un palmier privé de ses racines,
Murmure à mon oreille une chanson sans suite.
Le ciel tout près de moi me tourmente et me ment,
Il m’a pris mes deux chiens gelés restés derrière,
Et j’entends leur exsangue, immobile aboiement,
Les étoiles se groupent et me tendent des chaînes.
Faudra-t-il humblement leur offrir mes poignets ?
Une voix qui voudrait faire croire à l’été
Décrit un banc de parc à ma fatigue humaine.
Le ciel est toujours là qui creuse son chemin,
Voici l’écho des coups de pic dans ma poitrine.
Ô ciel, ciel abaissé, je te touche des mains
Et m’enfonce voûté dans la céleste mine.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand j’ai faim (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



Quand j’ai faim tout me nourrit
racontait une chanteuse
dont le nom m’est inconnu

un visage la pluie l’aboiement
d’un chien moi aussi
quand j’ai grande faim

musardant par les rues populeuses
dérivant au gré de mon humeur
je m’emplis de tout ce qui s’offre

des visages des regards un arbre un nuage
la lumière du jour le sourire d’un enfant
tout est absorbé tout me nourrit

(Charles Juliet)

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Quand j’ai faim tout me nourrit (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Claughton Pellew Valleyevening_Knight
Quand j’ai faim tout me nourrit
racontait cette chanteuse
dont le nom m’est inconnu

Un visage la pluie l’aboiement
d’un chien moi aussi
quand j’ai grande faim

musardant par les rues populeuses
dérivant au gré de mon humeur
je m’emplis de tout ce qui s’offre

Des visages des regards un arbre un nuage
la lumière du jour le sourire d’un enfant
tout est absorbé tout me nourrit

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Claughton Pellew

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AMIS (William Michaelian)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



AMIS

AMIS Sur le trottoir,
La vieille femme est assise
Devant une petite table.
Elle parle à son chien ;
Elle boit un café,
Elle lui donne des miettes
De son assiette en carton
«  Croissant  » dit-elle
Et le chien répond
Par un petit aboiement
Un éternuement
Qui ressemble exactement
Au mot « flocon ».
Ils se sourient,
Puis s’arrêtent un instant
Pour gratter leurs puces.
Le soleil se lève
Au-dessus du bâtiment de brique
En face dans la rue.
C’est un bon soleil
Plein de compréhension
et d’ancienne sagesse.

(William Michaelian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Chaim Soutine

 

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Les lointains en partance (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

Les lointains en partance
Les aboiements des chiens

Le temps immense
sous les laitances de la lune

A perte de vue
le paysage seul

(Georges Bonnet)

Illustration: Mélusine Thiry

 

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L’aboiement des chiens (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2016



 

L’aboiement des chiens
Rend le jaune des tournesols
Encore plus jaune.

***

The barking of dogs
Is deepening the yellow
Of the sunflowers.

(Richard Wright)

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ON NE PARLE QUE DU TEMPS (Jaime Labastida)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016



sphynge

 

ON NE PARLE QUE DU TEMPS

Que devient la dent féroce,
la fêlure froide des heures,
sinon du temps ? La chair,
pourrie quelques années plus tard, quelques rues
plus loin. Puis vint l’aboiement de l’ombre,
ce chien abstrait lui dévora le visage.

Et le champignon foulé au pied,
négligemment, et la fumée dense
des terrasses, parfaite,
que deviendront-ils, sinon du temps ?
Pas seulement les griffes, ni même
l’horloge, puits ouvert dans un mur
cobalt. Pas seulement le mois qui forme
des rides, ni l’année avec sa queue
de scorpion. Aussi la main
qui trace l’incision de chirurgie,
et celle qui dissèque un organisme vivant.

Je ne parle pas seulement de la seconde prolongée,
irrésolue, qui détruit le coeur ou taille
les pierres. Je parle à peine du temps,
de l’automne qui s’est jeté par terre
pour boire les couleurs du jardin,
de la fleur qui torture
par sa stricte géométrie aveugle.
Temps debout, eau qui lutte
encore contre l’hiver, temps aussi
l’armée assyrienne qui avançait,
comme une forêt de pierre,
sur Ninive, les fleurs dans le parc
de Rodin, temps encore la sphinge
et sa stupeur vide dans une cité
qui ne fut pas faite pour elle, temps
ce groupe de mandrills
qui vénèrent le soleil. Tout saigne
et se meut, tout est temps
et amour, scintillement de l’absence :
ainsi jaillit du sein le lait, le temps.

(Jaime Labastida)

 

 

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