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Poésie

Posts Tagged ‘aboiement’

AMIS (William Michaelian)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



AMIS

AMIS Sur le trottoir,
La vieille femme est assise
Devant une petite table.
Elle parle à son chien ;
Elle boit un café,
Elle lui donne des miettes
De son assiette en carton
«  Croissant  » dit-elle
Et le chien répond
Par un petit aboiement
Un éternuement
Qui ressemble exactement
Au mot « flocon ».
Ils se sourient,
Puis s’arrêtent un instant
Pour gratter leurs puces.
Le soleil se lève
Au-dessus du bâtiment de brique
En face dans la rue.
C’est un bon soleil
Plein de compréhension
et d’ancienne sagesse.

(William Michaelian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Chaim Soutine

 

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Les lointains en partance (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

Les lointains en partance
Les aboiements des chiens

Le temps immense
sous les laitances de la lune

A perte de vue
le paysage seul

(Georges Bonnet)

Illustration: Mélusine Thiry

 

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L’aboiement des chiens (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2016



 

L’aboiement des chiens
Rend le jaune des tournesols
Encore plus jaune.

***

The barking of dogs
Is deepening the yellow
Of the sunflowers.

(Richard Wright)

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ON NE PARLE QUE DU TEMPS (Jaime Labastida)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016



sphynge

 

ON NE PARLE QUE DU TEMPS

Que devient la dent féroce,
la fêlure froide des heures,
sinon du temps ? La chair,
pourrie quelques années plus tard, quelques rues
plus loin. Puis vint l’aboiement de l’ombre,
ce chien abstrait lui dévora le visage.

Et le champignon foulé au pied,
négligemment, et la fumée dense
des terrasses, parfaite,
que deviendront-ils, sinon du temps ?
Pas seulement les griffes, ni même
l’horloge, puits ouvert dans un mur
cobalt. Pas seulement le mois qui forme
des rides, ni l’année avec sa queue
de scorpion. Aussi la main
qui trace l’incision de chirurgie,
et celle qui dissèque un organisme vivant.

Je ne parle pas seulement de la seconde prolongée,
irrésolue, qui détruit le coeur ou taille
les pierres. Je parle à peine du temps,
de l’automne qui s’est jeté par terre
pour boire les couleurs du jardin,
de la fleur qui torture
par sa stricte géométrie aveugle.
Temps debout, eau qui lutte
encore contre l’hiver, temps aussi
l’armée assyrienne qui avançait,
comme une forêt de pierre,
sur Ninive, les fleurs dans le parc
de Rodin, temps encore la sphinge
et sa stupeur vide dans une cité
qui ne fut pas faite pour elle, temps
ce groupe de mandrills
qui vénèrent le soleil. Tout saigne
et se meut, tout est temps
et amour, scintillement de l’absence :
ainsi jaillit du sein le lait, le temps.

(Jaime Labastida)

 

 

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ELEGIE DE MARIA BELEN CHACON (Emilio Ballagas)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2016



Maria Belén 8_s3

ELEGIE DE MARIA BELEN CHACON

Maria Belén, Maria Belén, Maria Belén,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon,
avec tes fesses qui ondoient
de Camagüey à Santiago, de Santiago à Camagüey.

Au ciel de la rumba,
plus jamais ne s’allumera
la constellation de tes courbes.

Quel aboiement t’a mordue au sommet du poumon ?
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon…
Quel aboiement t’a mordue au sommet du poumon ?

Ni aboiement ni ongle,
Ni ongle ni blessure :
Le fer à repasser, jusqu’à l’aube, á mis le feu à ton poumon,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon…

Ensuite dans la matinée
Avec le linge dans la corbeille s’en est allée ta grâce,
Ta grâce et ton poumon !

Que personne ne danse plus !
Que le nègre Andrès n’arrache plus les puces
A sa guitare !

Et les Chinois qui font du bruit à l’intérieur des maracas
Ont un peu de repos ;
Baisons la croix des bois chantants.
(« Délivre-nous du mal, Vierge de la Charité ! »)

Je ne verrai plus mes plaisirs
dans les miroirs ronds et riants de tes fesses.
La constellation de tes courbes
N’illuminera plus jamais le ciel de ta grâce.

Maria Belén, Maria Belén :
avec tes fesses qui ondoient,
de Camagüey à Santiago,
de Santiago à Camagüey.

***

ELEGIA DE MARIA BELEN CHACON

Maria Belén, Maria Belén, Maria Belén,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon,
con tus nalgas en vaivén,
de Camagüey a Santiago, de Santiago a Camagüey.

En el cielo de la rumba
ya nunca habra de alumbrar
tu constelacion de curvas.

Qué ladrito te mordio el vértice del pulmon ?
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon…
Qué ladrito te mordio el vértice del pulmon ?

Ni fué ladrito ni una,
ni fué una ni fué dano :
La plancha, de madrugada, fué quien te quemo el pulmon,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon !…

Y luego, por la manana,
con la ropa en la canasta, se llevaron tu sandunga,
tu sandunga y tu pulmon.

Que no baile nadie ahora !
Que no le arranque mas pulgas el negro Andrés
a su tres !

Y los chinos que arman tanganas adentro de las maracas
hagan un poco de paz.
Besar la cruz de las claves.
(Libranos de todo mal, Virgen de la Carida !)

Ya no veré mis instintos
en los espejos redondos y alegres de tus dos nalgas.
Tu constelacion de curvas
ya no alumbrara jamas el cielo de la sandunga.

Maria Belén, Maria Belén
con tus nalgas en vaiven,
de Camagüey a Santiago…
de Santiago a Camagüey.

(Emilio Ballagas)

 

 

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TABLEAU MÉTÉOROLOGIQUE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2016



TABLEAU MÉTÉOROLOGIQUE

L’océan d’octobre scintille froidement
avec la nageoire dorsale de ses chimères.

Il n’y a plus rien qui rappelle
le vertige blanc des régates.

Une lueur ambrée sur le village.
Et tous les bruits en fuite lente.

Les hiéroglyphes d’un aboiement ont été dessinés
dans l’air au-dessus du jardin

où un fruit jaune a rusé
avec l’arbre et s’est laissé tomber.

(Tomas Tranströmer)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Droit sur l’île (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2016



Droit sur l’île

Droit sur l’île, à côté des morts,
mariés des forêts à l’arbre-pirogue,
les bras ceints de ciels vautours,
les âmes cerclées d’anneaux saturniens :

ainsi rament les étrangers et libres,
les maîtres des glaces et de la pierre :
ceints d’un carillon de bouées qui s’enfoncent,
et des aboiements de la mer bleu squale.

Ils rament, ils rament, ils rament encore — :
Ô morts, ô nageurs, partez droit devant !
Dans les grilles aussi tout ça de la nasse !
Demain notre mer va s’évaporer !

(Paul Celan)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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In Memoriam J.J. RABEARIVELO poète malgache (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




in Memoriam Jean-Joseph Rabearivelo
poète malgache

I

Je suis venu revoir les lieux où tu t’endors.
Je n’ai pu retenir mes sanglots et mes larmes.
Le souvenir n’est-il, à l’ombre de la mort,
Qu’un éclair sans éclat dans une nuit sans charmes ?

O mon ami, voici ce qui reste de toi :
Un peu de terre rouge où des chiendents sauvages
Suivent nonchalamment le -destin- de leur loi.
La mort et la ruine emmêlent leurs ravages.

La Solitude, soeur fidèle des tombeaux,
Garde dans son manteau ton rêve et ton mystère.
Une pierre, immobile, un couple de corbeaux,
Sont-ils les seuls veilleurs aux portes de la terre ?

II

J’ai beau crier ton nom aux vallons d’alentour :
Nul écho ne répond aux syllabes sonores.
Le buisson est muet. L’espace reste sourd.
Tout est calme et serein comme une claire aurore.

Ton Emyrne, O Poète, a trahi les serments.
Au pied du mausolée où ton âme médite,
Expirent quelquefois de lointains aboiements
Semblables aux sanglots de quelques voix maudites.

Mais partout le silence et partout l’abandon.
Le sommeil éternel triomphe de tes songes.
J’ai réveillé parmi la ronce et le chardon
Un arrière-refrain du Chant qui te prolonge.

III

La nature sourit et revêt sans remords
La splendeur d’un azur qui n’a point de limites.
Le ciel que nous peuplions de voeux pour notre sort
Range notre destin aux grandeurs des termites.

Ah ! que chanter encore et que dire de plus
Qui ne marque l’éclat et l’emprise du sable.
L’homme est un pèlerin au seuil d’un tumulus ;
Que sert de se parer de lauriers périssables !

Mais je vois refleurir sur les flancs des remparts
Les roses et les lis dont quelques mains pieuses
Ont jadis apprêté l’heure de ton départ.
Je vois croître en beauté les collines heureuses.

IV

Les cimes dont tes vers ont fixé les langueurs
N’ont pas, pour te pleurer, changé leur attitude.
Sur la face des rocs, des choses, dans les odeurs
S’inscrit en feux dorés la noire ingratitude.

L’Oubli, comme un vautour qui de gloire se tord,
Impérialement plane et bâtit son aire
Sur le tertre désert qu’un sombre figuier tors
Couvre d’une tristesse immense et millénaire.

Seul, l’arbre des hauts-lieux, dont tu prisais l’orgueil
Oppose au grand azur qui s’emplit de lumières
L’auguste frondaison de ses rameaux en deuil
Et semble un renouveau de tes forces premières.

V

Peut-être sa racine errant dans les limons
Trempe sa sève antique au sang de ta jeunesse.
Faut-il, O mon ami, que le gardien des monts
D’un siècle à l’autre ainsi de nos souffles renaisse ?

Est-ce là pour la vie un terme glorieux ?
Oh ! dis-moi, toi qui sais les énigmes des choses
Quel mirage a séduit ton esprit curieux
Pour t’enivrer d’espoir en les Métamorphoses ?

Par quels rayons nouveaux tes yeux sont-ils dorés ?
La barque dont ta main a brisé l’armature,
Ah ! quelles cargaisons de bonheurs ignorés
T’a-t-elle su promettre au port de l’Aventure ?

VI

Je ne viens pas troubler ton rêve évanoui.
Mais l’éclair d’un regard et le pli d’une rose
N’auraient-ils pu suffire à ton coeur ébloui
Pour chanter sur la route un hymne moins morose !

Laisse, Ami, laisse-moi devant ton frais tombeau,
Parmi l’oubli des odeurs, la vanité des choses,
Ecouter la Sagesse en ce désert enclose
Et conjurer la mort dans l’attente du Beau.

Qu’est-ce la vie en somme et que dois-je en attendre,
Puisque tout doit périr et fumier devenir !
O Poète, les yeux fermés sur l’avenir,
Je n’ai pas à presser l’heure qui doit descendre,

Et je reste les bras croisés et le coeur tendre…

(Jacques Rabemananjara)

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Automne (Sulayman ibn Hammûd)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2015




Automne

L’automne palpite
comme l’obscur aboiement du chien
parmi les emblavures.

Le coeur s’émeut.

Du larmier du ciel
tombent à plomb
les eaux lointaines
de la mélancolie.

(Sulayman ibn Hammûd)

 

 

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Le silence, qui accompagne-t-il? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2015



La parole accompagne l’homme,
comme l’aboiement le chien
ou l’arôme la fleur.

Mais le silence, qui accompagne-t-il?
Et qui, l’absence?
Et qui, le vide?

(Roberto Juarroz)


Illustration

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