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Poésie

Posts Tagged ‘aboutir’

Heureuse rose (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019




Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

Je te vois, rose, livre entrebâillé,
qui contient tant de pages
de bonheur détaillé
qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
les yeux fermés…,
dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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L’objectif du discours amoureux (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



L’objectif du discours amoureux:
aboutir tôt ou tard
dans l’amour au seul
flamboiement du silence

(Michel Camus)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Toi qui as peur (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration: Annie Predal
    
Toi qui as peur

Ma faible ma si faible
toi qui as peur de ta faiblesse
ma vigne folle au vent tremblant
c’est moi la treille sous tes mains

mon lierre noir toi qui t’écroules
je suis le mur dessous ta peau
mon eau sans forme qui s’enfuit
c’est moi le verre et ton barrage

ne tremble plus je suis l’appui
nuit après jour de tes naufrages
la couverture où l’on t’enroule
ma frissonnante ton radeau

ma naufragée je suis la mer
je te conduis je t’engloutis
je suis la paix sous tes paupières
où tous nos pas ont abouti.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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COLLIER DE PERLES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Auguste Macke
    
COLLIER DE PERLES

Perles… rare collier… pures gouttes de pierre :
Sonnet… à son épaule apporte ta fraîcheur.
Je t’offre à cette femme. Et pourtant, plein d’ardeur,
Étrangle-la, Sonnet, si, ne daignant se taire,

Elle répond au scélérat cossu, prospère.
Sonnet, maudis-nous tous… si la fuit le bonheur.
Ses rêves, défends-les comme on défend la fleur.
Jette ton feu dès que se mouille sa paupière.

Tous mes pleurs sont pour elle. Oh! ne le dis jamais !
Elle en rirait. Tous les poèmes que je fais,
Mais ne le lui dis pas non plus, tous, sont pour elle.

Dans l’immense folie aboutit mon chemin.
Mais quand brille, à minuit, ta lumière si belle,
Sur ses cheveux, pour moi, dépose un baiser fin.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Chanson pour un soir de clair de lune (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Tu déplaces les rues.
La ville est un labyrinthe.
J’aboutis toujours à ta rue.

Tu changes de nom.
Les jours sont mes échelons.
Ta fenêtre est si haute.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire

Je te perds de vue.
A ta porte, un voleur
s’attaque à la serrure.

Tu bordes mes rêves.
Tu échappes à la terre,
A l’hiver, aux larmes.

(Edmond Jabès)

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À la recherche du paysage nouveau (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



Illustration
    

— À la recherche du paysage nouveau,
où pâlit le dessin que le regret pollue,
s’effritent les projets qui n’ont pas abouti,
s’effacent les rêves flottant sans images,

À la recherche du paysage nouveau,
où le sang usé se nourrit d’un air intact,
le corps brisé restaure ses membres rompus,
l’âme famélique se gave d’émotions,

À la recherche du paysage nouveau,
je découvre tes yeux qu’une eau pure a baignés,
je découvre ton corps que le soleil anime,
je découvre ton coeur que mon regard impulse ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Rêves du sommeil, ou réalités de la vie (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




    
Rêves du sommeil, ou réalités de la vie,
tout aboutit dans le cerveau de l’homme
à des vibrations de cellules,
à une formation d’éphémères images :

— et je ne vois pas alors qu’il y ait si loin
des rêves aux réalités, et des réalités aux rêves.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Chaque rue aboutit dans une femme (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



masque ge

Chaque rue aboutit dans une femme
qui ressemble à l’aventure
dont le visage se dérobe
sous un masque de velours noir

Chaque rue aboutit dans une femme
qui s’élabore dans nos rêves
et se nourrit de notre sang
et s’enivre de notre angoisse
aboutit dans une femme nue
fatale inconnue attirante
comme un panorama secret
aux frondaisons de lanternes sanglantes

(Achille Chavée)

 

 

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Intelligible sphère (Jean de la Ceppède)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



 

Intelligible sphère, il est indubitable
Que ton centre est partout, qu’à lui tout aboutit,
Et le ciel, et la terre, et l’enfer redoutable,
Et la tombe, où la mort ta surface abatit.

Mon âme s’en écarte, et pour ce elle pâtit ;
Et veut s’en approcher ; mais l’appât détestable
De cette volupté, faussement délectable,
Par mille objets trompeurs toujours l’en divertit.

Ne veuille plus souffrir que rien l’en divertisse ;
Au centre (où tout se rend) fait que maintenant elle aboutisse,
Ravive la soudain par ton ravivement.

Donne lui tant d’amour pour te faire adhérer
Qu’il passe par de là tout humain jugement,
Comme on ne peut juger de ta circonférence.

(Jean de la Ceppède)

Illustration

 

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Ce vide au coeur de l’amour (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2016



Ce vide au coeur de l’amour est une chose merveilleuse,
il n’existe pas pour être comblé, c’est lui qui comble.
Comme la musique aboutit au silence,
tout tend vers cet instant où les mains tombent.

Plus rien à donner, plus rien à prendre.
Le monde est perçu en son origine,
et le temps n’est qu’un rêve de l’espace.

(Heather Dohollau)

 

 

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