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Poésie

Posts Tagged ‘abri’

Par tous les moyens (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Par tous les moyens, ils essaient de me garder à l’abri,
ceux qui m’aiment dans ce monde.
Mais il ne va pas ainsi avec ton amour qui est plus grand que le leur,
et tu me laisses libre.

De crainte que je ne les oublie, ils ne se risquent jamais à me laisser seul.
Mais jour après jour passe, et toi tu ne te montres pas.

Bien que je ne te nomme pas dans mes prières,
bien que je ne te retienne pas dans mon coeur,
ton amour pour moi attend encore mon amour.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Ouvrir le coffre des ultimes regards (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration: Patrick Marquès
    
Ouvrir le coffre des ultimes regards,
ceux dont la quiétude est le support de la vision.
Et voir à nouveau sans faire de différences
entre un et aucun,
entre quelqu’un et personne.

Jusqu’à ne devenir ainsi que la vision
qui voit sans séparer
la nuit de l’être
et l’aube du non-être.

Et ne pas refermer le coffre.

Les ultimes regards
peuvent se passer de tout abri.

***

Abrir el cofre de las miradas últimas,
aquéllas cuya quietud es el respaldo de la visión.
Y volver a ver sin hacer diferencias
entre uno y ninguno,
entre alguien y nadie.

Hasta convertirse asi sólo en la visión
que ve sin separar
la poche del ser

y la aurora del no ser.
Y no cerrar otra vez el cofre.

Las últimas miradas
pueden prescindir de todo resguardo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Eau printanière, pluie harmonieuse (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



 

Eau printanière, pluie harmonieuse …

Eau printanière, pluie harmonieuse et douce
Autant qu’une rigole à travers le verger
Et plus que l’arrosoir balancé sur la mousse,
Comme tu prends mon coeur dans ton réseau léger !

A ma fenêtre, ou bien sous le hangar des routes
Où je cherche un abri, de quel bonheur secret
Viens-tu mêler ma peine, et dans tes belles gouttes
Quel est ce souvenir et cet ancien regret ?

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Quand le coeur à l’ouvrage défaille (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



quand le coeur à l’ouvrage
défaille et qu’il est l’heure
de se couper du monde
on veut croire à tout prix

qu’une voix nous appelle
et qu’un signe du ciel
nous invite à l’abri
quelque part loin du temps

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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Résurrection (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Resurrection

La floraison du bâton

[ 7 ]

Pourtant la résurrection est le sens de la direction,
résurrection est une droite ligne,

droit sur la horde et le butin,
le trésor, la réserve,

le rayon de miel ;
la résurrection est rémunération,

nourriture, abri, fragrance
de la myrrhe et du baume.

***

Yet resurrection is a sense of direction
resurrection is a bee-line,

straight to the horde and plunder,
the treasure, the store-room,

the honeycomb;
resurrection is remuneration,

food,shelter, fragrance
of myrrh and balm.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Averse d’été (Nicole Pottier)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 

escargot

averse d’été –
à l’abri dans l’arrosoir
l’escargot

(Nicole Pottier)

Illustration

 

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L’exil de la beauté (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



L’exil de la beauté

Va, cherche dans la vieille forêt humaine
L’abri que je destine à ta vie incertaine.
Ne tremble pas trop quand le soir resserrera tes veines ;
Songe que les chairs fanées ne peuvent refleurir
Et garde aux coins de ta bouche pâle l’ombre d’un sourire.
Prends un bâton, si tu veux, et aussi une besace,
Marche, en suivant, le long des champs, la trace
Que font les bœufs qui s’en vont au labour
Et les enfants en quête des fleurs nouvelles de l’amour.
Tu trouveras peut-être l’amour sur ton chemin
Ou la mort, ou des pauvres qui tendront la main
Vers ton cœur ou bien vers ta gorge ;
Tu leur donneras ce que tu as, un morceau de pain d’orge,
Mais ils diront des injures
Et des larmes te viendront aux yeux d’entendre des paroles impures.
Ne pleure pas, lève la tête, les dieux,
Quand ils sont en exil, marchent encore dans les cieux.
Dérobe aux hypocrites ta noble nudité,
Sois pour eux la laideur, toi qui es la beauté.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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NATARAJA (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




NATARAJA

I

TEMPS, rythme
De formes qui s’ouvrent,
Formes qui passent,

Parfaites ou manquées,
Le pied du Dieu
Est sur le monde,

Danseur terrible
Dont la lourde foulée
Écrase le mal et le bien,

Le flot de son fleuve
Est dans notre sang,

Fin et commencement,
Un battement du coeur
Notre tout, notre néant.

Destructeur des mondes,
Le purificateur,
Indifférent son pas,
Rouge son vêtement.

II

Comment
Sinon écrasés par ce pied
Peuvent être effacés
Nos cités de cauchemar,
Les voies sans issue, le dédale,
Les culs-de-sac,
Les pièces verrouillées, les prisons
Sans fenêtre, les esprits fermés,
Les positions retranchées,
Les coffres-forts, les caves,
Les abris à l’épreuve de la mort,
Les tours d’habitation de la solitude?

Qui
Sinon le destructeur du monde
Peut nous délivrer de cet état
Et lieu de non-retour,
La conséquence inéluctable,
Impasse, fin de la route.
Nous, déchus, ne pouvons déchoir
Plus avant, espoirs et craintes
Convergent en ce
Terme de ce qui est fait,
Pensée, parole et action finissent ici
Dans l’entropie. Il n’y a nulle part où s’enfuir.

Moi, qui suis devenue
Ce que je suis,
Suis ce que j’ai fait,
Le libre-arbitre est parvenu à ce point.
Au pied du mur
Je parle pour tous ceux
Qui, aux abois,
Se trouvent in extremis:
Seule cette Force peut
Qui nous détruira, nous délivrer.

Qu’il efface notre trace, le feu,
Le purificateur!

***

NATARAJA

I

TIME, rhythm
Of forms that open,
Forms that pass,

Perfect or marred,
The foot of the God
Is on the world,

Terrible dancer
Whose trampling tread
Crushes evil and good,

The flow of his river
Is in our blood,

End and beginning,
A beat of the heart
Our all, our nothing.

Destroyer of worlds,
The purifier,
His step indifferent,
His garment red.

II

How else
But by that trampling foot
Can be effaced
Our nightmare cities,
The dead-ends, the maze,
The culs-de-sacs,
The locked rooms, the windowless
Prisons, the closed minds,
The entrenched positions,
The safes, the cellars,
The death-proof shelters,
The high-rise towers of loneliness?

Who else
But the world-destroyer
Can free us from this state
And place of no return,
The inescapable consequence,
Impasse, end of the road.
We, fallen, can fall
No farther, hopes and fears
Converge in this
Term of what’s done,
Thought, word and deed here end
In entropy. There is no-where to run.

I, who have become
What I am,
Am what I have done,
Free-will has come to this.
Back to the wall
I speak for all
Who, at bay,
Stand in extremis:
Only that Power can
Who will destroy us, free us.

Obliterate our trace, the fire,
The purifier!

(Kathleen Raine)

 

 

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L’INSTANT (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




L’INSTANT

Jamais, jamais plus
Cet instant, jamais
Ces lentes rides
A travers l’eau lisse,
Et jamais plus ces
Nuages blancs et gris
Dans le ciel cristallin vif
Bleu comme le cri du sterne,
Strident parmi l’air léger,
Salé par l’océan,
Adouci par les fleurs.

Ici coïncident
Les longues histoires
Des formes récurrentes
Qui se touchent en un point
Et se quittent dans l’instant,
Les vagues rapides
Du vent et de l’eau,
Le rythme plus lent
De l’usure des roches,
De l’enfoncement des terres.

Dans les lacs fertiles
Le cycle de vie
Des algues brunes
Entrecroise
Les fréquences
Des divers coquillages
Chacun avec son arc
Sa spirale singulière
Filée à partir d’un point
En ton et demi-ton
D’une octave formelle.

Ici viennent planer
Les mouettes blanches
Qui lentement tournent
Au-dessus des îles
OEillets de mer et herbe salée,
Eider et fou de Bassan,
Courlis et cormoran,
Chacun a son mode .
Personnel d’extase
Nouée dans le dessin,
Le courant incessant
De l’espèce perpétuelle,
Répétée, renouvelée
Par le vouloir de la joie
Dans des oeufs mis à l’abri
De corniches escarpées.

Le soleil qui se lève
Sur une terre, se couche
Sur une autre.
Rapidement les fleurs
Croissent et se flétrissent,
Le grand iris jaune
Déploie sa corolle
Quand les primevères se fanent,
Les volutes des fougères
Se déroulent, les moucherons
Dansent le temps d’une heure
Dans l’air du soir,
La phalène brune émerge
De sa chrysalide
Et les os de l’alouette
Tombent épars dans l’herbe.

Le soleil qui s’est levé
De la mer ce matin
Ne reviendra jamais,
Car la lumière diffuse
Qui fait briller les feuilles
Et miroite sur l’eau
Poursuivra cette nuit
Son très long voyage
Hors de l’univers.
Jamais plus ce soleil,
Ce monde, jamais plus
Cet unique témoin.

***

THE MOMENT

Never, never again
This moment, never
These slow ripples
Across smooth water,
Never again these
Clouds white and grey
In sky sharp crystalline
Blue as the tern’s cry
Shrill in light air
Salt from the ocean,
Sweet from flowers.

Here coincide
The long histories
Of forms recurrent
That meet at a point
And part in a moment,
The rapid waves
Of wind and water
And slower rhythm
Of rock weathering
And land sinking.

In teeming pools
The life cycle
Of brown weed
Is intersecting
The frequencies
Of diverse shells
Each with its variant
Arc or spiral
Spun from a point
In tone and semitone
Of formal octave.

Here come soaring
White gulls
Leisurely wheeling
In air over islands
Sea pinks and salt grass,
Gannet and eider,
Curlew and cormorant
Each a differing
Pattern of ecstasy
Recurring at nodes
In an on-flowing current,
The perpetual species,
Repeated, renewed
By the will of joy
In eggs lodged safe
On perilous ledges.

The sun that rises
Upon one earth
Sets on another.
Swiftly the flowers
Are waxing and waning,
The tall yellow iris
Unfolds its corolla
As primroses wither,
Scrolls of fern
Unroll and midges
Dance for an hour
In the evening air,
The brown moth
From its pupa emerges
And the lark’s bones
Fall apart in the grass.

The sun that rose
From the sea this morning
Will never return,
For the broadcast light
That brightens the leaves
And glances on water
Will travel tonight
On its long journey
Out of the universe,
Never this sun,
This world, and never
Again this watcher.

(Kathleen Raine)

Illustration: Andrew Judd

 

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Alors – poèmes ? (Florence Pazzottu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
alors – poèmes ?
d’où tombés ? d’où s’élèvent ? vont si vite !
font-ils formes ? fondent-ils ? (forme fonde)

des dehors-au-dedans
s’ils font abri sont seuils (d’un trait ils font espace)
et le profond va vite

(Florence Pazzottu)

 

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

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