Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘abrupt’

Ivresse rimbaldienne (Nimrod)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Ivresse rimbaldienne

Un bleu outremer guette au fond de mon oeil son écho.
Toujours je le préférai aux joies réverbérantes.
Il m’offre à toute heure du jour l’ivresse des solitudes.
je suis l’empailleur de l’espoir ici-bas, son tombeau incomparable !

L’enfance est un passeport égaré le long des routes
Indélicates. Elles desservent des foules des forêts
Abruptes et bourrues, insensibles à la patience des nuages.

Où s’en sont allées mes jeunes années ? Le temps les frictionne
De son amour universel. J’en appelle à l’ordre luciférien
Sans perdre de vue ni la douceur des nuées
Ni la beauté des ombres dociles errantes

Il ne tient qu’à moi de leur tourner le dos.
De chiffrer leurs mêlées leurs aises sur le plancher des vaches.
Le bonheur un brin paresseux suit sa pente.

(Nimrod)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tombeau du Poète (Léon Deubel)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Tombeau du Poète

Par les sentiers abrupts où les fauves s’engagent,
Sur un pic ébloui qui monte en geyser d’or,
Compagnon fabuleux de l’aigle et du condor,
Le Poète nourrit sa tristesse sauvage.

À ses pieds, confondus dans un double servage,
Multipliant sans cesse un formidable effort,
Les Hommes, par instants, diffamaient son essor ;
Mais lui voyait au loin s’allumer des rivages.

Et nativement sourd à l’injure démente,
Assuré de savoir à quelle ivre Bacchante
Sera livrée un jour sa dépouille meurtrie ;

Laissant la foule aux liens d’un opaque sommeil,
Pour découvrir enfin l’azur de sa patrie
Il reprit le chemin blasphémé du soleil !

(Léon Deubel)

Illustration: David Caspar Friedrich

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nombreux (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
Nombreux sont ceux parmi nous
qui cherchent un sens à la vie.

De toute vie,
aussi escarpée et abrupte soit-elle,
suinte et coule le sens.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Peut-être fallait-il (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Peut-être fallait-il cette pluie abrupte
sur les roses mourantes et sur les toits d’été
pour remettre le ciel gris de niveau
avec les yeux du rêveur

et ramener du fond lentement la figure
de l’absent à sa fenêtre du troisième,
rue Poliveau, quand les généreux platanes
avaient encore de quoi rendre

son salut au poète, et du souffle, des
couleurs à sa chambre, allégeant la poigne
de vivre et la double question du même
dans le miroir à cru : qui

suis-je, qui? et ma vie où es-tu ?

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sur un sommeil d’hiver (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Sur un sommeil d’hiver

douleur
Ô joie
C’était parmi les vents

Et j’ai couru
Jetant la voile

Mains sans couleur
Qui ne se prennent

O corps désenlacés

Le proche a mesuré
Le lait abrupt des montagnes

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je m’éveille et vois (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
je m’éveille et vois les lignes du noir
et je les touche en sommeil dans la main
elles se retournent en douceur d’épaules
. et leurs mains me parlent et elles viennent
et me parlent par jambes entrelacées et sommeil
. de toison et de ventre et chaleur
qui se retourne encore et qui vient
s’envelopper de moi-même et de soi
. à perte d’ombre sans vue et sans mot

car vous êtes âme du corps et jouissance
du sommeil et d’éveil et d’enveloppement
et dans le gris de nuit flamme et brûlure
. et joie cri abrupt et geste d’écart
dans les jambes et retour des bras et des bouches
langue contre langue et mot dans le mot
. pour ne pas dire qui flambe
corps à corps en nuit
car vous êtes forme du corps

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Passé les dunes (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018




    
Passé les dunes, la pente abrupte
mène vers la mer. La perspective se modifie
légèrement, les nuages et les galets
se fondent, le vent s’éparpille sur la peau

et si l’on porte à l’oreille un coquillage
on entend murmurer chaque souvenir
laissé là, enfoui sous les marées.

Alors le Derviche, avec l’écume, avec le sable
pénètre la mesure
— l’univers, le rien —
souffle comme il danse :
secoue les draps de l’âme.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Ravir les lieux
Traduction:
Editions: Editions: La différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma mortelle dame (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Katsushika Hokusai
    
ma mortelle dame au corps cadavérique

d’une douceur bête exquisément,équipée
(devenant exactement passionnée agrippe

Volontiers en des gloussements de suprême sexe

ma protubérance muette-articulée)
Désirant que mon bel obus vexe

l’intuitif sillon qui se moque…
Et le vif clapotis-de-son-cerveau me mord

tendrement,
comme la lente concession-de-chair

chaude me,Prend;en de plus folles vagues de lumière
sentantbon
parfumées :
d’éclats imprononçables
Arrachés,
au soleil immense(dont le jour bave
sur la nuit—)et l’abrupt navire-de-ses lèvres

se désintègre,en une explosion!mièvre

***

my deathly body’s deadly lady

smoothly-foolish exquisitely,tooled
(becoming exactly passionate Gladly

grips with chuckles of supreme sex

my mute-articulate protrusion)
Inviting my gorgeous bullet to vex

the fooling groove intuitive…

And the sharp ripples-of-her-brain bite
fondly into mine,
as the slow give

of-hot-flesh Takes,me;in crazier waves of light
sweetsmelling
fragrant:
unspeakable chips
Hacked,
from the immense sun(whose day is drooled
on night—)and the abrupt ship-of-her lips

disintegrates,with a coy!explosion

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Avec un tel acharnement… (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Avec un tel acharnement…

avec un tel acharnement, une telle rage
avec un tel désespoir, une telle tendresse

à la limite de l’abrupt taisement
au bord du précipice de la démence

avec des mots banals dans des vers
incandescents qui réduisent tout en cendre

les poètes disent ce qui ne se dit pas
et font exploser les évidences

nous inexistons si somptueusement

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu vas nue (René Char)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017


1680brotherus_nue


Tu vas nue, constellée d’échardes,
Secrète, tiède et disponible,
Attachée au sol indolent,
Mais l’intime de l’homme abrupt dans sa prison.

(René Char)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 4 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :