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Posts Tagged ‘absence’

Mon absence future flotte dans l’allée (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020


 


Catherine Rebeyre 21-1

 

Mon absence future flotte dans l’allée

Jardins qui s’effacent
pour laisser passer
mon fantôme de demain

Je tends la main vers les arbres
et les troncs s’écartent

Mon absence future
flotte dans l’allée

(Françoise Campo-Timal)

Illustration: Catherine Rebeyre

 

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RIEN QU’UN ENCLOS (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



RIEN QU’UN ENCLOS

Rien qu’un enclos et les bergers
descendus, un à un, des cimes,
dans l’odeur chaude des toisons,
et voici que le jeu commence.
Nous sommes là, ceux de la terre,
à souffler dans les coquilles
nos songes nés entre les seins,
bêtes et gens, dans nos haleines,
à guetter le sens de la chair.
Nous sommes là, ceux de l’absence,
l’appel des autres dans nos voix ;
rien qu’une palme sur le ciel
où Dieu caché ne répond pas.

(Géo Libbrecht)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Opaque est la chair, que traversent les étoiles (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Opaque est la chair, que traversent les étoiles,
la promise à l’état d’une gloire inconnue,
grâce à ce sang versé pour les corps à venir,
qui ruisselle toujours de la chair de l’Agneau,
afin que les errants sur la terre des hommes
dépassent la cruelle absence de leur amour,
pour découvrir enfin tout ce qu’ils s’entre-donnent.


Illustration: Van Eyck

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Prépare-toi (Guy Bellay)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



Prépare-toi : tu ne seras pas couvert du bon côté.
Les monstres se reconnaissent le temps venu à l’absence d’ombre sur leurs visages.
Comment pouvait-on n’y pas croire ?
Ils sont surprenants de taille, de logique
comme des bâtons réfractés qui n’en finissent pas de sortir de l’eau.
Ce sont tes dissemblables. Ils inscrivent leurs lois sur des feuilles de réquisition.
Ils s’applaudissent par millions.
Ils simplifient la vie.

(Guy Bellay)

Illustration: John Henry Fuseli

 

 

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Solitaire saison de désirs (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



après cette nuit où le corps
caressa et déchira longtemps
une absence d’amour
la première clarté du jour
est un appel qui jette la
fille folle aux fenêtres
si sa gorge nue touche le froid
c’est pour y faire entrer et demeurer
une solitaire saison de désirs

(Jean-François Mathé)


Illustration: Francine Van Hove

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La rose du coup de grâce (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



quand je te laisse avec ton regard
posé comme une ombre sur l’ombre
tournent en moi plusieurs portes
que je franchis avant que la
porte réelle n’ouvre sur
un éclat de ciel et d’absence

que maintenant vienne la mémoire
que viennent comme à travers l’eau
de plus en plus nus et blessants
les visages d’amours perdues

avec en chacun d’eux presque
ouverte la rose du coup de grâce

(Jean-François Mathé)


Illustration

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Le babil inconnu (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019


hiver

Nous respirons à peine. Les couleurs,
Les sons familiers des jours, les mains,
Les coeurs, attendent, mais déjà
Tout a changé, ou change, et dépasse
La poésie. Ce n’est pas
Comme la forme des arbres en hiver
Rendue visible par l’absence
Et l’avenir des feuilles.
Demain, par la brume lumineuse,
Nous demande d’ouvrir la lourde porte,
Malgré la peur, d’en être la charnière.
Le corps de l’âme cherche
En cet autre monde, son pays,
Dans les mêmes bouches, le babil inconnu.

***

We hardly breathe? Colours await,
A world of ordinary sounds,
Ans delves, and hands, and everything
Utterly different, and quite
Beyond imagining. Unlike
The structure of the winter trees,
Made visible within the absence
And futurity of leaves.
Tomorrow on the other side,
In a misting light, of an ancient door,
Appeals, appals, we two the hinge.
The body of the soul is moved
To seek its own in that other world,
New voices babbling in the old.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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UNE IMAGE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



UNE IMAGE

Au cœur du coeur
de la rose des univers
enroulés sur eux-mêmes
un coeur (si détaché
qu’il ressemble au sommeil
ou à l’absence) semble battre
le rassemblement des mondes
d’un battement si faible
qu’il est attentivement égal
au silence.

Absorbé par un violent
amour
ou détachement.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Le gant rouge (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Le gant rouge

Le gant rouge perdu par un enfant
et sans doute oublié,
un passant sur la place
l’a suspendu à une branche

Chaque matin, je le regarde,
le salue des yeux et du coeur.
Un instant, je m’attarde
rêvant de son éclat
dans le vert du feuillage,
rêvant de la main nue et du visage
de cet enfant, ailleurs,
dans l’inconnu du monde.

Reviendra-t-il un jour,
soudain joyeux reprendre
le gant perdu?

Il y aurait alors comme un vide,
une absence,
une flamme envolée de la muraille verte.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le moment bleu (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



 

Illustration: Stéfane Gautier
    
Le moment bleu

Quand un martin-pêcheur
à ras de l’eau était passé
on s’appelait on se criait :
« Tu l’as vu ?
Il vient juste de passer. »

Mais très souvent l’un d’entre nous
n’avait rien vu
et c’était l’un – ou alors l’autre –
qui gardait seul
le moment bleu.

Ce moment bleu du grand courant
(on remontait jusqu’à la nuit
on se perdait on s’attendait)
tu l’as sur toi.

Dans tes papiers
contre ta carte d’identité
la petite plume
tu l’as glissée.

Elle est pour toi
comme mon poème :
éclair reflet présence absence
doigt sur la bouche.

Nos moments bleus
ils ont filé.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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