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Été: être pour quelques jours le contemporain des roses (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Été: être pour quelques jours
le contemporain des roses;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d’autres roses absente.

*

Seule, ô abondante fleur,
tu crées ton propre espace;
tu te mires dans une glace
d’odeur.

Ton parfum entoure comme d’autres pétales.
ton innombrable calice.
Je te retiens, tu t’étales –
prodigieuse actrice.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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La petite cascade chante (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Quel calme nocturne, quel calme
nous pénètre du ciel. –
On dirait qu’il refait dans la palme
de vos mains le dessin essentiel.

La petite cascade chante
pour cacher sa nymphe émue…
On sent la: présence absente
que l’espace a bue.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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CHAMBRE REBELLE A TOUTE DEMEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Roland H. Heyder r9

CHAMBRE REBELLE A TOUTE DEMEURE

Chambre rebelle à toute demeure…
quoi de plus lourd au profil de l’absente que cette écharpe délaissée par le vent…
quoi de plus fidèle à son image que cette empreinte solaire
là où pour la dernière fois se posa son pied lointain…
cette chambre douce comme une haleine à la recherche
d’une joue, découvre soudain — à la proue de toute
existence valable — les lois étranges de l’immobilité…
cette chambre où il ne manque qu’une femme, — mais non
ses gestes établis parmi les meubles en fine poussière de réveil…
où il ne manque qu’un amour, — mais non ses projets
incroyables qui se heurtent librement à tous les murs…
où il ne manque que la volupté de l’hésitation, qu’une simple
marge de faiblesse pour mesurer la vie d’égale à égal, brouillard en tête…
cette chambre appartient au monde des silences que l’on ne rompt qu’une fois…

(Georges Henein)

Illustration: Roland H. Heyder

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Ton absente (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



Il y a des moments
Où elle est tellement là,

Contre toi,
En toi,
Ton absente,

Que tu sais
T’endormir heureux

Sous le bégaiement
Du corps voyageur
Qui t’enveloppe.

(Guillevic)

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La mémoire (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Jean ABabadie   le pain quotidien 80x80cm-800 [1280x768]

La mémoire convoque une contrée d’où la parole était absente.
Les gens paraissaient dans un vêtement de gestes.
[…]
Eux, ils passent le dos de la main sur leurs lèvres, après boire.
Ou bien, ils sont au cimetière, devant les tombeaux, debout, la tête découverte.
Le ciel est gris pommelé, c’est le Jour des Morts.

Maintenant ils rentrent les foins, et les chariots brinquebalent le long du chemin
et abandonnent des poignées d’herbe sèche aux griffes des grands arbres qui sont au bord.
Tu les revois, qui rient ou s’attristent, mais ils miment, ils ne parlent pas.

(Hubert Juin)

Illustration: Jean Ababadie 

 

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TANTALITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



TANTALITE

Il te fallait ce nom de nuit, ce nom primal
et ce geste arrêté au désir des cristaux.
Ce nom qui dit la faim figée des gemmes.
Et leur soif de lumière absente. De soleil clos.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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SE LEVER (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Alexey Slusar 1961- Ukrainian painter - Flamenco dancers - Tutt'Art@ (37)

SE LEVER

Se lever de grand matin
Saluer l’ange musicien
Quand il se lisse encore les ailes

Tendre un arbre sur le large
Quelle que soit la saison
Tes fleurs auront toujours raison

Descendre un frais temple de marches
Les dernières sont des vagues
Lâcher la première joie de l’arche

Sur la pierre dédiée
Aux sirènes qui s’évadent
Par les déesses déliées

Être lavé elles proposent
L’eau de cologne les éponges
Tout un choix de métamorphoses

S’emplir de savon les oreilles
Pour résister aux enjôleuses
Renvoyer toutes les merveilles

Raser de très près le passé
Caresser l’oubli en passant
Caresser pour caresser

Se mettre du baume au hasard
Puisqu’on ne souffre nulle part
Vaporiser le reste pour l’absente exquise

Sortir de l’eau tout neuf
Sortir du vent tout vif
Délivrer le dernier captif

Elire les dieux du jour

Leur demander le nom de celle
Que je dois réveiller la belle

En qui je dors encore toujours

(Ernest Delève)

Illustration: Alexey Slusar

 

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ABSENTE (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



ABSENTE

Je m’observe de loin, qui marche dans cette rue,
Vous pouvez m’y croiser, pourtant je n’y suis pas,
Et vous qui me parlez, je ne vous écoute plus,
Et celle qui vous répond, ce n’est pas vraiment moi,

Ce que mes yeux regardent, est transparent pour moi,
Et tout ce que j’avale, je ne sais quel goût ça a,
Le soleil sur ma peau, les baisers des enfants,
Les parfums du printemps, ça faisait quoi avant ?

Les joies ou les chagrins, le silence ou le bruit,
Le ciel bleu ou le gris, qu’il fasse jour ou bien nuit,
Tout, glisse sur mon cœur, comme sur ce toit, la pluie.
Perdue dans mes pensées, je ne sais où je suis.

Depuis qu’il est parti, je suis très loin d’ici,
Mon esprit est ailleurs, et mon regard lointain,
Et, au fond de mes yeux, vous ne trouverez rien,
A part, une pancarte, sur laquelle est écrit :
Absente … de ma vie.

(Martine Hadjedj)

Illustration: Jean Libon

 

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Ce soir mon amour (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Kathryn Jacobi 09

Ce soir mon amour

Ce soir mon amour je ne t´aime plus
Tu es plus loin que la distance qui nous sépare
Et d´autant plus absente que tu n´es nulle part
Plus étrangère que la première venue

Ce soir mon amour je ne te cherche plus
Parmi mes souvenirs au fond de ma mémoire
Je ne t´attends plus sur le quai d´aucune gare
Je me souviens à peine t´y avoir attendue

Je sais que nous buvions du vin après l´amour
Que nos nuits commençaient quand se levait le jour
Comme un torrent d´ébène tes cheveux sur ton cou
Et ton regard meurtri quand tu fais les yeux doux

Ce soir mon amour je ne te trompe plus
Avec cette fille qui dort à mes côtés
J´étais seul je lui ai demandé de rester
Je suis seul très souvent et je m´y habitue

Ce soir mon amour tu ne me manques plus
Tu ne me manques pas il me manque d´aimer
De ne plus être inutile inanimé
De n´avoir rien à perdre et d´avoir tout perdu

Je connais ta folie je connais ta pudeur
Je sais qu´on se ressemble comme frère et sœur
Je connais ton odeur je connais ton parfum
Je te connais par cœur et je ne sais plus rien

De toi mon amour que je n´aime plus
Sans arriver à me sentir enfin libre
Pareil à un danseur qui perdrait l´équilibre
Comme un prince en disgrâce comme un ange déchu

(Georges Moustaki)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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Comme je suis un étranger dans notre vie (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Alberto Donaire 623

Comme je suis un étranger dans notre vie,
je ne parle qu’à toi avec d’étranges mots,
parce que tu seras peut-être ma patrie,
mon printemps, nid de paille et de pluie aux rameaux,

ma ruche d’eau qui tremble à la pointe du jour,
ma naissante Douceur-dans-la-nuit … (Mais c’est l’heure
que les corps heureux s’enfouissent dans leur amour
avec des cris de joie, et une fille pleure

dans la cour froide. Et toi ? Tu n’es pas dans la ville,
tu ne marches pas à la rencontre des nuits,
c’est l’heure où seul avec ces paroles faciles

je me souviens d’une bouche réelle … ) Ô fruits
mûrs, source des chemins dorés, jardins de lierre,
je ne parle qu’à toi, mon absente, ma terre …

(Philippe Jaccottet)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Alberto Donaire

 

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