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Poésie

Posts Tagged ‘absolu’

Le poème, lui aussi, est une présence (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021



Illustration: Carrie Vielle
    
Le poème, lui aussi, est une présence.

Elle peut accompagner et réchauffer.
Elle témoigne de la présence absolue

dont elle n’est qu’un bref éclat.
Elle nous laisse deviner
qu’une parfaite simplicité de coeur
est seule capable d’accueillir
le miracle des miracles,

l’éternité de la Vie.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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SOLITUDE (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Nicholas Roerich   kiss-the-earth-1912-2

SOLITUDE

LORSQUE la peine au coeur mord trop cruellement,
S’en aller et mendier un peu de solitude
A l’ombre qui prend en pitié,
Même s’il est faible, est un soulagement.
Mais l’être le plus doux sera prompt à la haine
Pour peu qu’une présence intruse
Vienne fêler sa quête solitaire :
Celui qui est la bête en sang qui se tapit
Ne supporte pas son semblable.

Mais alors, ô mirage unique de salut,
Nirvana entrevu!
Autour des lents siècles des troncs,
Comme sur un fond de bonheur
Ignorant les bornes des dates,
Les heures oscillaient, légères, dans les lianes,
En dansant leurs jeux élastiques
De jouvencelles excitées par les épices.
Des calices étranges proposaient des philtres,
Promesses de béatitudes.

Et déjà l’humain se dissolvait, et l’angoisse
Cédait à cette nature clémente
Où nulle empreinte
Ne venait déflorer l’humus intact et vierge.
Le silence m’était la flûte qui subjugue
Les serpents de la peine, ils ne mordaient plus.

Là, enfin, vaste et absolue
Comme la nuit qui cache et qui console,
Enfin pure ainsi que le vide
Qui attire et donne l’oubli,
Je découvrais la face de la solitude.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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Cheval et femme dans leur parfaite nudité (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021



    

Cheval et femme dans leur parfaite nudité
sont les figures vivantes de la sensation absolue,
la perfection de l’être dans la clarté de la forme.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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La théorie du cheval (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
La théorie du cheval — la frise des femmes.
Les animaux qui auscultent le silence de la nuit,
une adolescente empêtrée dans une toile d’araignée,
un cri mourant dans le silence le plus froid.

L’explosion des épaules, le poing de ce regard,
la torsion de ce corps dans la fureur de l’amour,
l’explosion des mots comme le sperme dans la vulve,
la douceur satinée qui émane d’une lumière.

La nuit amoureuse jusqu’à la fin de la nuit.
Il n’existe pas de spectacle pour la vision intime.
Les corps les plus doux s’allument comme des lampes
et se baignent dans l’huile heureuse de l’absolu.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Pénètre l’absolu (Hélène Galli)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



Ne t’appartient-il pas de réunir les soifs
Pénètre l’absolu
La faille est d’un bleu tendre

(Hélène Galli)


Illustration

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Huitième soliloque (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020




Huitième soliloque

J’ai été larme dans les yeux de Marilyn
j’ai été eau vive étoile filante
j’ai été infrarouge ultraviolet
caresse au bord de l’abîme

j’ai été cœur battant
parmi les météores
baptisé par trois gouttes d’arc-en-ciel
pris à la gorge par une rose écorchée

j’ai été collectionneur d’éclipses
j’ai été où les arbres savent écrire
j’ai été toute une journée sans toi
j’ai été avec toi pour toujours

j’ai été toupie d’absolu
j’ai été la clé de mille alphabets
j’ai été allumeur de constellations

(Zéno Bianu)

 

 

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GARDIENS DU FLEUVE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (84)

GARDIENS DU FLEUVE

Nous
sommes les
gardiens du fleuve
les gardiens du collier de
perles qui court sur le vêtement de
la terre nous vivons sur tes rives nous
buvons de ton eau nous dansons sur tes
vagues nous crachons des dieux à chacune de
nos respirations nous répétons ton
nom poisson tortue taureau tigre
oiseau cheval serpent nous
répétons ton nom sans
relâche et sans fin
ton nom
Nous

Nous
pensons en
herbes sauvages
nous vivons en herbes
folles nous accompagnons les
temples qui glissent dans tes eaux
nous nous fardons avec la cendre des morts
nous recueillons le présent nous gardons le rythme
le chemin est le but le chemin est le but
le chemin est le but chaque moment
est absolu chaque moment
est vivant nous nous
écoulons dans la
lumière du
Nous

Nous
passons sur
l’autre rive murmure
Hermann Hesse laissons
nous porter porter par les eaux
répète Kathleen Raine approchons
instinctivement des bûchers demande
Pasolini regardons la mort la nuit quand Bénarès
est réduite à l’essentiel exhorte Moravia
entrons dans l’eau et baptisons-nous
sourit Henri Michaux aux
Indes si nous ne prions
c’est du temps donné
aux moustiques
Nous

Nous
sommes les
gardiens du fleuve
les gardiens de sa respiration
vive et chaude nous avons oublié
la douleur du voyage entre la naissance
et la mort nous avons oublié les taches de
sang dans le ciel nous dansons de vie en vie
nous transformons le pire en force
d’ascension nous nous unissons
à la poussière devenons
tourbillon où allons
nous vraiment sur
l’autre rive
Nous

(Zéno Bianu)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Faire la métaphysique du langage articulé (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2020



Antonin Artaud
    

Faire la métaphysique du langage articulé,
c’est faire servir le langage à exprimer ce qu’il n’exprime pas d’habitude :
c’est s’en servir d’une façon nouvelle, exceptionnelle et inaccoutumée,
c’est lui rendre ses possibilités d’ébranlement physique,
c’est le diviser et le répartir activement dans l’espace,
c’est prendre les intonations d’une manière concrète absolue
et leur restituer le pouvoir qu’elles auraient de déchirer
et de manifester réellement quelque chose,
c’est se retourner contre le langage et ses sources bassement utilitaires,
on pourrait dire alimentaires, contre ses origines de bête traquée,
c’est enfin considérer le langage sous la forme de l’Incantation.

(Antonin Artaud)

 

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J’appelle amour (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020




    
J’appelle amour tout ce qui est porosité absolue à Sa présence.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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ANNÉE-LUMIÈRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration
    
ANNÉE-LUMIÈRE

Une étoile dans mes mains grandes ouvertes
Un regard une étincelle une joie
Des millions d’années-lumière et une seconde
Comme si le temps était aboli
et que le monde entier se gonflait de silence

L’inconnu s’illuminait d’un seul coup
et cette lueur annonçait l’aurore
Tout était promis et clair et vrai
Un autre jour une autre nuit et l’aube
et que le monde était à portée de mes mains

Ne pas oublier ces angoisses ces vertiges
en écoutant ce qu’annonçait l’étoile
et en retrouvant ce chemin de feu
qui conduisait vers l’avenir et l’espoir
et vers ce que nul ni moi n’attendait plus

Que les nuages lourds comme le destin
s’étalent et menacent comme des monstres
et que l’horizon soit noir comme l’enfer
L’étoile brille pour moi seul
et tout devient lumière et clarté

Étoile qui me guide vers cet univers
où règnent la vérité et l’absolu

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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