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Poésie

Posts Tagged ‘absolu’

Allez ! (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Mihai Criste   (19)

Allez ! et qu’on multiplie,
Dieu à chacun s’est donné
pour la mort et poux la vie
et chaque fois tout entier.
Prestige de l’Absolu,
éloge de la pensée.
Monde jaugé retenu :
esprit, tiens la fleur doublée.
Face à Face l’Intouchable
je le sens grandir en moi
et répéter le miracle
seul d’être à tous à la fois.
Je n’ouvre pas une fable,
je ne suis pas le portier
mais j’entre, le coeur troublé,
dans de grands pays de sable
parmi les miraculés.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Mihai Criste

 

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Mer et forêt sont pareilles (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

mer  20090422_082443_

Mer et forêt sont pareilles,
pareils leurs sables de fond,
aussi leurs autels pareils,
pareilles leurs oraisons.
Voile au vent de la mémoire
atteindrons-nous le savoir,
l’Absolu dans le grimoire ?
Savoir c’est don de revoir.

(Georges Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Il n’est ni Vie ni Mort (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019



    

Il n’est ni Vie ni Mort

Il n’est ni Vie ni Mort
Seulement l’activité
Et dans l’absolu
Nulle déclivité.

Il n’est ni Amour ni Désir
Seulement la générosité
Qui voudrait posséder
Est nullité.

Il n’est ni Premier ni Dernier
Seulement l’égalité
Et qui voudrait régner
Rejoint la majorité.

Il n’est ni Espace ni Temps
Seulement l’intensité
Et les choses apprivoisées
N’ont nulle immensité.

(Mina Loy)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

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L’OISEAU D’OR DE BRANCUSI (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019



Illustration: Constantin Brancusi   
    
L’OISEAU D’OR DE BRANCUSI

Et le jouet
devint l’archétype esthétique

Comme si la patience de quelque Dieu paysan
avait poli et poli
l’Alpha et l’Oméga
de la forme
à partir d’une masse de métal

Orientation dénudée
désempennée déplumée
dans la dynamique du vol
le rythme final
a élagué les extrémités
de crêtes et de serres

L’acte absolu
de l’art
accorda
à la chasteté de la sculpture
‒ nue comme l’arcade d’Osiris –
sein de la révélation

une courbe incandescente
léchée par les flammes chromatiques
dans les labyrinthes du jeu des reflets

L’hyperesthétisme
de ce gong de cuivre affiné
transperce l’air
comme

la lumière agressive
délivre
sa signification

L’immaculée
conception
de l’inaudible oiseau
jaillit
d’une superbe retenue

(Mina Loy)

 

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Il n’y a pas de saut dans le vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019




    
Il n’y a pas de saut dans le vide.

Même si les anges n’existent pas pour nous soutenir
ni non plus des traverses de la pensée,
ni des relativisations ou des absolus
qui puissent nous retenir par les bras.

Il faut par avance gagner le vide,
le coloniser avec nos abandons
comme s’il était un territoire dépouillé
ou une nouvelle liberté jamais exercée.
Et cultiver à l’intérieur ses fragments flottants
qui s’entremêlent aux choses
pour leur apprendre à ne pas être.
Et presque sans le savoir
arriver à aimer le vide.
Ce qui est aimé nous soutient,
même si cela nous pousse vers l’abîme.

Un vide aimé
ne peut pas nous abandonner.
Et dans un vide non aimé
il n’est même pas possible de sauter.

***

No hay salto al vacío.

Aunque no existan ángeles para sostenernos,
ni tampoco travesaños de pensamiento,
ni relativizaciones o absolutos
que puedan retenernos de los brazos.

Hay que ganar el vacío desde antes,
colonizarlo con nuestros abandonos
como si lisera un despojado territorio
o una nueva libertad nunca ejercida.
Y cultivar adentro sus fragmentos flotantes,
que se entreveran con las cosas
para enseñarles a no ser.
Y casi sin saberlo,
llegar a amar el vacío.
Aquello que se ama nos sostiene,
aunque también nos empuje hacia el abismo.

Un vacío que se ama
no puede abandonarnos.
Y a un vacio que no se lo ama
no es posible ni siquiera saltar.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Qui veut se souvenir (Maurice Blanchot)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019


 


 

Brendan Monroe -circulate

Qui veut se souvenir doit se confier à l’oubli,
à ce risque qu’est l’oubli absolu,
et à ce beau hasard que devient alors le souvenir.

(Maurice Blanchot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Les traces de pas de l’absolu (Stéphane Sangral)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



Illustration: Gilbert Garcin
    
Les traces de pas de l’absolu sont des taches
noires sur mon esprit, je les suis vers le rien,
encore quelques pas, encore quelques taches
d’encre, quelques mots pour rien, puis viendra le rien.

(Stéphane Sangral)

 

Recueil: Méandres et Néant
Traduction:
Editions: Galilée

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La mer (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018



Illustration: Steve Hanks
    
La mer, bleu absolu.
La mer, calme absolu.
Dans le coeur presque un cri
de joie. Et le calme partout.

(Sandro Penna)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Dominique Fernandez
Editions: Grasset

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Privilégie (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2018



Illustration
    
Privilégie le manque absolu
qui te permet d’intérioriser, dans le dénuement,
les forces dont tu es la résultante.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme les plantes (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2018




    
Comme les plantes nous vivons appariés au soleil.
Notre projet n’est-il pas de nous fondre à la flamme ?
À un détail absolu ?

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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