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Poésie

Posts Tagged ‘absolument’

JE DORMAIS (Catherine Pozzi)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Odilon Redon
    
JE DORMAIS

JE n’avais encore rien « senti »
JE dormais comme un coquillage
J Etais un coquillage
Les Signes pleuvaient autour de moi
Aucun n’entrait en moi
J’étais trop dur
Mais le sentiment de la vie commandait
Il fallait absolument ouvrir une porte
Et JE ne pouvais pas.

(Catherine Pozzi)

 

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Une rangée d’arbres (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




Une rangée d’arbres tout là-bas, là-bas vers les coteaux.
Mais qu’est-ce qu’une rangée d’arbres ? Il y a des arbres,
c’est tout.
Rangée et le pluriel arbres ne sont pas des choses, ce sont des noms.

Pitoyables, les âmes humaines, elles qui mettent tout en ordre,
Qui tracent des lignes de chose à chose,
Qui mettent des pancartes portant des noms sur les arbres absolument réels,
Et qui dessinent des parallèles de latitude et longitude
Sur la terre même, la terre innocente et plus verte et fleurie
que tout ça !

(Fernando Pessoa)

Illustration: Claude Monet

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J’ai un oiseau noir (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



Illustration: Georges Braque
    
J’ai un oiseau noir
pour qu’il vole de nuit.
Et pour qu’il vole de jour
j’ai un oiseau vide.

Mais j’ai découvert
que les deux se sont mis d’accord
pour occuper le même nid,
la même solitude.

C’est pourquoi, parfois,
je leur ôte ce nid,
pour voir ce qu’ils font
quand leur manque le retour.

Ainsi j’ai appris
un incroyable dessin :
le vol sans conditions
dans l’absolument ouvert.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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L’amour est une sorte d’aporie (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2019



Illustration: Edvard Munch
    
L’amour est une sorte d’aporie,
car soit on aime absolument
et l’amour privant d’être on est plus là pour aimer,
soit on a un être et c’est que l’on n’aime pas vraiment.

L’amour est donc ce qu’on appelle une idée, ou un miracle,
une union dans l’impossibilité…
et c’est une prière.

Les amants sont les fantômes de l’amour
sans être qui à travers eux désire.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Je ne croirais en Dieu (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Le Bernin
    
Je ne croirais en Dieu
rien que pour l’aimer,
rien que pour aimer,
aimer absolument.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Il faudrait écrire absolument idéal (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2018




Le Code de Hammurabi  
    
il faudrait écrire
absolument idéal un poème
comme le code Amourabi
parfait poème comptable

un poème-pâtée pour le chat
un poème-été pour l’hiver
un bilan d’hiver pour l’été
pour chaque heure même une fable

et pourquoi pas la même fable
avec juste un détail nouveau
afin qu’un beau jour sur la table
de tous les détails oubliés
surgisse accompli le tableau

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Revermont
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Dieu (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
Par Dieu, j’entends un étant absolument infini,
c’est-à-dire une substance consistant en une infinité d’attributs,
dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.

(Baruch Spinoza)

 

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Je voudrais (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Illustration: Gilbert Garcin
    
Je voudrais qu’il fasse partout obscur
sur moi, au-dehors, lourdement obscur
absolument.

***

I wish it would be completely dark everywhere,
inside me, and out, heavily dark
utterly.

(David Herbert Lawrence)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Lorand Gaspar et Sarah Clair
Editions: Gallimard

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Maria – Albert Correspondance 1944-1959 (Albert Camus)(Maria Casarès)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018




    
Si tu m’accueilles tout au fond de toi comme tu vas le faire,
je pourrai enfin être absolument transparente.

*

Je préfère n’importe quelle douleur
à la contrainte de ton coeur.

*

Je vais te dire ce qu’il faut faire:
1ère traite: m’aimer
2ème traite : me prendre dans tes bras
3ème traite: me serrer très fort.
Pour les autres, je te dirai au fur et à mesure à ton retour,
ce qu’il faut faire.

*

Ah! comment peut-on mourir tout à fait après avoir tant aimé.

*

Le bonheur que tu me donnes en existant par le seul fait que tu existes (près ou loin) est grand,
mais je dois l’avouer, un peu vague, un peu abstrait, et l’abstraction n’a jamais comblé une femme, ou du moins moi.
Que veux-tu ? J’ai besoin de ton corps long, de tes bras souples, de ton beau visage,
de ton regard clair qui me bouleverse, de ta voix, de ton sourire, de ton nez, de tes mains,
de tout.

*

Lorsque je pense à toi brun, j’oscille.
Il fait mauvais ici ; je suis encore café au lait, plutôt lait que café,
et je me coiffe avec chignons ou avec une natte derrière, comme les chinois.
Je m’habille le moins possible.
Et surtout je n’existe pas,
j’attends d’exister,
je ne suis que promesse.

*

Ah ! mon amour ! je voudrais être vierge de corps et d’âme pour toi !
Je voudrais connaître une langue jamais usée auparavant, pour te parler !
Je voudrais pouvoir t’exprimer par des mots le sens nouveau que tu m’as fait découvrir en eux !
Je voudrais surtout pouvoir mettre toute mon âme dans mes yeux et te regarder indéfiniment, jusqu’à ma mort !

*

La mer est devant toi.
Regarde comme elle est lourde, dense, riche, forte ;
regarde comme elle vit, effrayante de puissance et d’énergie,
et pense que, par toi, je suis un peu devenue comme elle.
Pense que quand je me sens sûre de ton amour,
je n’envie point la mer d’être si belle je l’aime en soeur.

*

S’il m’est arrivé de me sentir diminuée, misérable, stérile,
c’est uniquement parce que je me suis mise à douter ;
mais toi, m’aimant, toi, près de moi, ma vie est remplie, justifiée.
C’est moi, mon chéri, moi seule, qui doit, pendant ces deux longs mois,
revivifier mes forces pour qu’il ne m’arrive plus jamais de douter.
Toi, tu dois seulement m’aimer, m’aimer beaucoup ;
c’est tout ce qu’il me faut pour me sentir aussi grande,
aussi vaste, aussi peuplée que cet océan, que l’univers ;
c’est tout ce qu’il faut aussi pour que mon visage ait cet air de bonheur que tu aimes.
Notre triomphe, notre victoire est là et pas ailleurs.

*

Tu es confondu à mon coeur, à mon âme, à mon corps.
Dès que je me réveille, tu es là ;
dès que je ris, je pleure, tu es là,
dès que je regarde tu es là.
Oh mon amour.

*

L’ombre même m’est douce
si je te sais en plein soleil.

*

Plus rien ne peut changer de moi à toi,
et je serai toujours là toujours, jusqu’à la fin.
Tu es le seul être au monde qui m’ait appris la vraie douleur et la véritable joie ;
tu es le seul qui ait mis en moi l’angoisse de la mort
et la révolte contre la dernière séparation.
Je n’ai jamais aimé personne comme je t’aime, personne au monde,
et je n’aurais jamais connu le besoin de l’existence
et de la présence de quelqu’un si je ne t’avais pas rencontré.
Tout en toi est joie, plaisir, richesse et amour pour moi,
et je sens mon coeur fondre quand je pense à celui qui tremble un peu,
qui hésite, prie et frissonne au fond de toi, celui que je devine souvent
et qui de temps en temps se laisse aller devant moi.

*

Tu sais, et maintenant tu sais que je sais que tu sais
ce qu’il en est au fond, au fond de moi.
Mais gare ! Ceci n’empêche pas le printemps de fleurir ce qu’il touche,
et mon coeur, mon corps, mon âme de crier après toi,
de souffrir après toi, de courir, de hurler, de rire et de souffrir après toi.

Et il y a quelque chose qui ne peut décidément pas se résigner à ton absence,
c’est mon pauvre petit corps qui s’étire en vain vers toi, qui se tord, qui geint
et qui pleure après toi, mon petit corps triste qui se rabougrit de jour en jour
et qui demande sans cesse à s’épanouir, à se réchauffer, à battre, à frémir.

O mon beau, mon cher amour !
Ô brûlure ! Ô ma douce douleur !
O ma vie !

Me voici remplie de frissons,
d’ondulations mystérieuses,
de sons délicats et secrets.

Tu voulais que ma lettre t’apportât un peu de chaleur !
Elle a éveillé de nouveau, chez moi, toute cette zone obscure et intime
que j’aime tant à sentir naître juste dans mon centre, dans mon milieu,
cette zone vibrante qui m’émeut autant
que la présence d’un enfant dans mon ventre,
ou davantage même, la connaissant mieux.

Elle a touché ce point infime qui est en moi,
mais que toi seul connais et aimes
et j’en tremble tout entière.

*

Heureuse, Oh ! Oui !
Heureuse. Heureuse et débordante de désir et de tendresse.
Je t’attends. Je suis chaque jour dans l’attente de toi.
Je cours je cours sans cesse vers toi.
La côte tire à sa fin, mon chéri.
Bientôt la vue de la mer, et ensuite la plage et les vagues.

Maria

(Albert Camus)(Maria Casarès)

 

Recueil: Correspondance 1944-1959
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’homme-du-silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018


le méditant

Tout est lumineusement relatif
dans l’absolument obscur,
surtout l’énigmatique relation de
l’homme-du-silence
à l’absolu silence

(Michel Camus)

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