Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘abstrait’

Vacuité de l’abstrait (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter -   (27)

 

Vacuité de l’abstrait
qui désintègre la forme
intellect agent secret
garde le reflet symbole
Elle était de la Balance,
moi je coulais au Verseau,
à chacun sa résonance
dans le contenu d’un mot.
Ne videz pas la parole,
tout est plein qui nous console,
mes chants seront de forêt,
d’anémones dans le vent
de mer et de parapets :
la forêt sera le chant.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU

J’habitais un clair
coquillage de mer
et dans le lointain j’entendais croître les coeurs
de mon âge battant
avec le mien. Coeurs de dieux ou de bêtes, craintives
ou diaboliques : fables contraires à
l’esprit. Les étaux attentifs
des pièges obscurs
pour renards loups et hyènes,
sous la lune au voile lacéré
se déclenchèrent peut-être pour nous,
coeurs de violettes délicates, coeurs
de fleurs hérissées. Oh ! nous ne devions pas naître
et descendre du son : le sombre tonnerre
dans l’arc-en-ciel d’air et de pierre
grondait à l’oreille de la mer une
enfance erronée, héritage de songes
à rebours, à la terre de mesures
abstraites, où chaque chose
est plus forte que l’homme.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mort (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



Quoi de plus concret
que la mort
Quoi de plus abstrait?

(Abdellatif Laâbi)


Illustration: William Blake

Posted in méditations | Tagué: , , , | Leave a Comment »

SONGE (Max Elskamp)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

Illustration
    
SONGE

Mon Dieu, des jours qui vont,
Mon Dieu, des jours qui viennent,

Dans le temps tout qui fond
Même douleurs anciennes,

Comme au monde, les heures
Sont d’hiver ou printemps,

Les jardins de nos cœurs
Ont aussi leurs saisons,

Et c’est de brume ou pluie,
De soleil ou clarté,

Qu’on vit en soi sa vie
Suivant le vent levé,

En la joie ou la peine
Alors à coupe pleine.

Mon Dieu, ils sont en nous
Comme en l’Inconscient,

Nos cœurs sages ou fous,
Suivant l’heure ou l’instant

Comme après dés jetés
On sait fortune ou ruine,

Ou comme aux jours d’été
Vent, les roseaux incline,

Car sans cause ou raison
C’est sises hors de nous,

Que choses et qui sont
Venues on ne sait d’où,

Et tenant du hasard
ou bien de notre étoile,

Nous font comme nuit noire
Dans l’abstrait qui les voile.

Or c’est ainsi, en soi,
Qu’on est si peu soi-même,

Qu’on ne sait pas pourquoi
L’on hait ou bien l’on aime,

Et que c’est vie qu’on a
Alors et qu’on subit,

Dans des jours longs, sans foi,
Ou souvent trop redits;

Et tu les a connus
Toi, ici haut qui rêves,

Et dans ton for à nu
Comme est le sable aux grèves ;

Et c’est ton cœur alors
Et qui a pris des ailes,

Pour retrouver sans leurre
Et sa paix et son ciel,

Dans le songe en la vie
Qui de tout nous délie.

(Max Elskamp)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Eblouir la raison devenue orchidée (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



    

éblouir la raison devenue orchidée
abstraits comme océans qui dorment
concrets comme la transparence
privée de ses deux ailes
notre absolu formé d’oranges trop boudeuses
notre ferveur plus exigeante
que l’antilope nourrie de poèmes
être d’être en sursis comme un mot murmuré
qui n’ose devenir diamant pur
être d’être la chair caressée de l’absence

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

S’agripper à la pomme quand tu parles d’une pomme (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



s’agripper à la pomme
quand tu parles d’une pomme.

Vérifier si le vers paisible (comme
un principe) ne t’a pas précédé.

Trouver une langue qui
suscitera un intérêt
et sans effort.

Montre tes mains vides
et enfouis-toi dans
le réel

où se trouve toujours une
chose simple, un objet
éclaté dans l’après-midi.

Chercher toujours à retenir quelque chose.

*******

le temps d’aller vers l’ouvert

le temps de se taire

le temps de prendre le souffle
de le perdre

dans les jours qui viennent

(avant que tout cela ne devienne
trop abstrait)

(Israël Eliraz)

Découvert chez Lara ici

Illustration: George Pyatigorets

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Glace (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Glace accrochée au bord du toit.
Glaçons: le gothique renversé.
Abstraits bestiaux, mamelles de verre.

(Tomas Tranströmer)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le sel dans sa boîte (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



    

Le sel dans sa boîte
est comme la salinité dans le sel :
enclose et abstraite
disponible et oubliée

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

L’arbre (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



 

L’arbre

L’arbre semble tirer l’arbre de sa nouosité,
qu’il étire comme une essence dure et lente,
un principe de bois dont il fait du bois.

Il est l’arbre abstrait de l’arbre,
le bouquet d’un seul poing serré sur son absence.

Il est l’effort récompensé dans l’effort,
la force lâchée dans la force.

Planté comme une lave de bois
où frémit la pluie de cendre de son vert.

Car l’arbre est surtout beau et puissant
d’offrir en bout de verticalité
la légère versatilité de ses feuilles.

(Laurent Albarracin)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ceux qui viennent du désert (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



touareg

Ceux qui viennent du désert

Ceux qui viennent du désert
se reconnaissent à leur regard démesuré
d’où semble se déverser sans cesse
l’incandescence des sables fauves.
Ceux-là ont des gestes lents et fiers
qui ne peuvent se déployer
dans les limites de notre espace.

On dit que le désert
s’empare des hommes par leur âme
il pénètre en eux grain à grain
et peu à peu prend toute la place.
La sécheresse la soif la clarté
dressent leurs tentes au centre d’eux-mêmes.
Alors ils deviennent le désert
où tout laisse sa trace aussitôt effacée.
Ils sont dans la fournaise
en quête d’une source immatérielle.
Ils sont dans la lumière avides d’ombre spirituelle
au sein de cette absence calcinée
dans le dépouillement abstrait de la beauté

(Marc Alyn)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :