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Posts Tagged ‘abysses’

Ne crie pas… (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 Illustration: Pascal Renoux
    
Ne crie pas…

Ne crie pas
sollicite à voix basse la sueur écarlate
traîne-la par les cheveux hors du mur circulaire
et de sa rouge meurtrière

Humecte la ligne de partage entre aine et plaine
là où guette l’abeille
celle qui perce le vide
étourdit le sang
enfume labyrinthe et gosier

Ne crie pas te dis-je si tu veux entraîner le monde dans ta noyade
nage en amont en abysses dans un bruit de vagues et de vasques

Refoule l’écume
elle encombre le seuil
obstrue la voûte
réveille par son clapotis barque et timonier

À main basse te dis-je

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’OMBRE S’ALLONGE… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
L’OMBRE S’ALLONGE…

L’ombre s’allonge, on voit au ciel
les étoiles qui étincellent;
déjà brûlent leurs hautes flammes,
et selon l’ordre intransigeant
tourne, comme astre au firmament,
ton manque dans mon âme.

La nuit, telle une mer qui râle
sa passion d’hydre végétale,
m’étouffe en ses relents odieux.
Viens, jette au fond de ces abysses
le filet de désir et hisse :
hisse-moi vers tes yeux !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Les timides (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Les timides
Ça s’tortille
Ça s’entortille
Ça sautille
Ça s’met en vrille
Ça s’recroqueville
Ça rêve d’être un lapin
Peu importe
D’où ils sortent
Mais feuilles mortes
Quand le vent les porte
Devant nos portes
On dirait qu’ils portent
Une valise dans chaque main

Les timides
Suivent l’ombre
L’ombre sombre
De leur ombre
Seule la pénombre
Sait le nombre
De leurs pudeurs de Levantin
Ils se plissent
Ils pâlissent
Ils jaunissent
Ils rosissent
Ils rougissent
S’écrevissent
Une valise dans chaque main

Mais les timides
Un soir d’audace
Devant leur glace
Rêvant d’espace
Mettent leur cuirasse
Et alors place !
Allons, Paris
Tiens-toi bien !
Et vive la gare
Saint-Lazare
Mais on s’égare
On s’effare
On s’désempare
Et on repart
Une valise dans chaque main

Les timides
Quand ils chavirent
Pour une Elvire
Ont des soupirs
Ont des désirs
Qu’ils désirent dire
Mais ils n’osent pas bien
Et leur maîtresse
Plus prêtresse
En ivresse
Qu’en tendresse
Un soir les laisse
Du bout des fesses
Une valise dans chaque main

Les timides
Alors vieillissent
Alors finissent
Se rapetissent
Et quand ils glissent
Dans les abysses
Je veux dire
Quand ils meurent
N’osent rien dire
Rien maudire
N’osent frémir
N’osent sourire
Juste un soupir
Et ils meurent
Une valise sur le cœur

(Jacques Brel)

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A CHACUN SA MER (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Illustration: Natacha Nikouline
    
A CHACUN SA MER

A chacun sa mer
à chacun ses abysses
à chacun son orgueil
aux drapeaux, aux bras et aux bouches
et les plumes de l’audace, horreur
à chacun son coeur
chacun
son

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

 

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Toi qui étais avant les montagnes et les nuages (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Toi qui étais avant les montagnes et les nuages,
avant la mer et les vents.
Toi qui es avant que fussent toutes choses
et dont la joie et la peine sont plus vieilles que les étoiles
Toi qui a cheminé éternellement jeune par les voies
et franchi les noirs abysses qui les séparent.
Toi qui étais seul avant toute solitude
et dont le cœur était empli d’angoisse bien avant aucun
cœur d’homme —
ne m’oublie pas.

Mais comment pourrais-tu te souvenir de moi.
Comment la mer se souviendrait-elle du coquillage
qu’autrefois elle portait dans ses flots.

***

Du som fanns före bergen och molnen,
fört havet och vindarna.
Du vars begynnelse är före alla tings begynnelse
och vars glädje och sorg är äldre än stjärnorna.
Du som har vandrat evigt ung över vintergator
och genom de stora mörkren mellan dem.
Du som var ensam före ensamheten
och vars hjärta var fullt av ängslan långt före något
mänskohjärta —
glöm inte mig.

Men hur skulle du kunna minnas mig.
Hur skulle havet kunna minnas havssnäckan
som det brusade igenom engäng.

(Pär Lagerkvist)


Illustration

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Tu es l’intrus dans ton visage (Pierre Dalle Nogare)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Tu es l’intrus dans ton visage
Une image de l’homme
Qui erre dans les abysses
Avec pour mémoire
L’invisible et le perdu.

(Pierre Dalle Nogare)


Illustration: Ismail Yildirim

 

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NOTRE-DAME-DES-ILES (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2015



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NOTRE-DAME-DES-ILES

Bretagne, ma demeure
il faut que survive
le kyrie dans ton âme de sel
idem il faut jeter au ciel
la drisse
des piétés et des miséricordes
idem il faut poursuivre les troménies
dans la croyance des bocages
idem relire les portulans
il le faut

idem faire son évangile
de la pensée du soleil
il le faut.
Et cependant, mère, aber
dans le suaire des grèves
roulent
des monceaux de chiens et d’enfants.

J’ai vu dans tes abysses
errer les cerveaux et les poulpes
Ah quand ressusciteront les ossuaires pourrissants
dans le soleil des baies ?
Ah quand reviendront mes amis morts
ah quand reviendront mes chevreuils massacrés
mes chevaliers mes disparus mes trépassés ?
Ah quand dans les monts d’Arrée
surgiront les cèdres du Liban
les jasmins, les cyprès ?

Ah quand donc reviendront les poulains en fleurs
dans la féerie des colzas
et le bagad de Pâque à Tronoën et à Lanmeur ?

(Xavier Grall)

Illustration

 

 

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