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Posts Tagged ‘accalmie’

Comme la lune est le miroir du soleil (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2016



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Comme la lune est le miroir du soleil,
l’eau est de la lumière qui s’enfonce dans la terre,
une lumière fraîche, un ciel de septembre.

L’étoile est un feu d’eau, un feu glacé.

Tout devient bleu comme sous une chevelure défaite,
un visage assombri par le désir ou le chagrin.

Tout devient bleu, surtout au loin les montagnes.
Plus près on voit encore des rochers,
des arbres plus clairs que les autres.

Il y a comme une tendre accalmie.

(Philippe Jaccottet)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

 

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ECUME SPORE POLLEN (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016




ECUME SPORE POLLEN

Avec ses yeux ultramarins la mer regarde
se défaire le vent, les îles instaurer
une plainte d’écumes dans les baies
de tes jours heureux et malheureux.

Toute pensée a sa plainte, la lâcheté
de la terre crépite en élément
— spore, monade — ocellé, la lâcheté
sans regard regardée, fixée

dans l’éternelle défaite, plume dans l’air
ton sourire que le pétrel
répand et ne défend pas, les accalmies,
fleurs de lumière, sont, les tiennes, mes

espérances désolées, intraitables
vers un large de mains qui se serrent
sur le message des vents : déjà il dissout
les horizons en d’autres événements cachés.

***

SPUMA SPORA POLLINE

Guarda con occhi oltremarini il mare
disfarsi il venta, le isole accampare
un lamento di spume nelle baie
dei tuoi giorni felici e infelici.

Ogni pensiero ha il suo lamento, crepita
la viltà della terra in elemento
– spora, monade – occhiuto, la viltà
che non guarda ed è guardata, fissa

nell’eterno disfarsi, piuma all’aria
il tuo sorriso che la procellaria
diffonde e non difende, le accalmie,
fiori di luce, sono, tue, le mie

desolate, intrattabili speranze
in un largo di mani che si stringono
sul messaggio dei venti : già discioglie
gli orizzonti in altri oscuri eventi.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Waldemar Nobre

 

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Au temps où longuement j’avais souffert (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2016



Au temps où longuement j’avais souffert,
Où les heures m’étaient des pièges,
Tu m’apparus l’accueillante lumière
Qui luit aux fenêtres, l’hiver,
Au fond des soirs, sur de la neige.

Ta clarté d’âme hospitalière
Frôla, sans le blesser, mon cœur,
Comme une main de tranquille chaleur.

Puis vint la bonne confiance,
Et la franchise, et la tendresse, et l’alliance
Enfin de nos deux mains amies,
Un soir de claire entente et de douce accalmie.

Depuis, bien que l’été ait succédé au gel,
En nous-mêmes, et sous le ciel,
Dont les flammes éternisées
Pavoisent d’or tous les chemins de nos pensées,
Et que l’amour soit devenu la fleur immense
Naissant du fier désir
Qui sans cesse, pour mieux encor grandir,
En notre cœur se recommence
Je regarde toujours la petite lumière
Qui me fut douce, la première.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

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Accalmie I (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2015



Accalmie I

Lorsque sous la rafale et dans la brume dense,
Autour d’un frêle esquif sans voile et sans rameurs,
On a senti monter les flots pleins de rumeurs
Et subi des ressacs l’étourdissante danse,

Il fait bon sur le sable et le varech amer
S’endormir doucement au pied des roches creuses,
Bercé par les chansons plaintives des macreuses,
A l’heure où le soleil se couche dans la mer.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Accalmie II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2015



Accalmie II

Que l’on jette ces lis, ces roses éclatantes,
Que l’on fasse cesser les flûtes et les chants
Qui viennent raviver les luxures flottantes
A l’horizon vermeil de mes désirs couchants.
Oh! Ne me soufflez plus le musc de votre haleine,
Oh! Ne me fixez pas de vos yeux fulgurants,
Car je me sens brûler, ainsi qu’une phalène,
A l’azur étoilé de ces flambeaux errants.

Oh! Ne me tente plus de ta caresse avide,
Oh! Ne me verse plus l’enivrante liqueur
Qui coule de ta bouche-amphore jamais vide
Laisse dormir mon coeur, laisse mourir mon coeur.
Mon coeur repose, ainsi qu’en un cercueil d’érable,
Dans la sérénité de sa conversion ;
Avec les regrets vains d’un bonheur misérable,
Ne trouble pas la paix de l’absolution.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Accalmie III (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2015



Accalmie III

Feux libertins flambant dans l’auberge fatale
Où se vautre l’impénitence des dégoûts,
Où mon âme a brûlé sa robe de vestale,
Eteignez-vous !

Par les malsaines nuits de crimes traversées,
Hippogriffes du mal, femelles des hiboux,
Qui prêtiez votre essor à mes lâches pensées,
Envolez-vous !

Salamandres-désirs, sorcières-convoitises
Qui hurliez dans mon coeur avec des cris de loups
La persuasion de toutes les feintises,
Ah ! Taisez-vous !

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Accalmie V (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2015



Accalmie V

Mon cœur, mon cœur fut la lanterne
Eclairant le lupanar terne ;
Mon cœur, mon cœur, fut un rosier,
Rosier poussé sur le fumier.

Mon cœur, mon cœur est le blanc cierge
Brûlant sur un cercueil de vierge ;
Mon cœur, mon cœur est sur l’étang
Un chaste nénuphar flottant.

(Jean Moréas)

 

 

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Accalmie VI (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2015



Accalmie VI

O mer immense, mer aux rumeurs monotones,
Tu berças doucement mes rêves printaniers ;
O mer immense, mer perfide aux mariniers,
Sois clémente aux douleurs sages de mes automnes.

Vague qui viens avec des murmures câlins
Te coucher sur la dune où pousse l’herbe amère,
Berce, berce mon coeur comme un enfant sa mère,
Fais-le repu d’azur et d’effluves salins.

Loin des villes, je veux sur les falaises mornes
Secouer la torpeur de mes obsessions,
Et mes pensers, pareils aux calmes alcyons,
Monteront à travers l’immensité sans bornes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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