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Poésie

Posts Tagged ‘accordéon’

La vieille calèche au fond de la grange (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



la vieille calèche au fond
de la grange est pourrie
comment se souvenir
des dimanches des rires
de filles et puis du temps
qui tournait avec ses roues
sur le pavé cahotant
chanté par l’accordéon ?

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Amsterdam (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Amsterdam

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la Lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le coeur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D’un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s’entendre rire
Jusqu’à ce que tout à coup
L’accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fière
Ils ramènent leur batave
Jusqu’en pleine lumière

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d’Amsterdam
De Hambourg et d’ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles

Dans le port d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam.

(Jacques Brel)

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Paroles de Perlimpinpin (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Paroles de Perlimpinpin

Pour qui, combien, quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C’en est assez de vos violences
D’où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire le silence,
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S’il faut absolument qu’on soit
Contre quelqu’un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes
Je suis pour des forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu’il soit de n’importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils,
Est un enfant qui meurt
Que c’est abominable d’avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c’est abominable d’avoir pour ennemis
Les rires de l’enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c’est bien !
Et pour une rose entrouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d’abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Ne rien savoir avec ivresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et voir jouer la transparence
Au fond d’une cour au murs gris
Où l’aube n’a jamais sa chance
Contre qui, ou bien contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles,
Et contre rien et contre personne,
Contre personne et contre rien,
Et pour une rose entrouverte,
Pour l’accordéon qui soupire
Et pour un souffle d’abandon
Et pour un jardin qui frissonne !
Et vivre, vivre passionnément,
Et ne combattre seulement
Qu’avec les feux de la tendresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d’une cour aux murs gris
Où l’aube aurait enfin sa chance.

(Barbara)

 

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Chante ta nostalgie (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Dmitry Spiros  - Russian Impressionist painter -   (52) [1280x768]

Chante ta nostalgie

Chante ta nostalgie
Au lieu de ne rien dire
De chercher à mentir
Avec un faux sourire
Chante ta nostalgie
Au lieu de ne rien faire
Figé devant un verre
D´une eau de vie amère

Chante ta nostalgie
Laisse venir tes pleurs
Laisse aller ta douleur
Fais taire ta pudeur
Chante ta nostalgie
Même si tu es seul
A te faire une gueule
Plus triste qu´un linceul

{Refrain:}
Il suffit d´une guitare
Ou d´un accordéon
Et d´avoir en mémoire
Un p´tit bout de chanson

Chante ta nostalgie
Avant qu´elle te bouffe
Avant qu´elle n´étouffe
Jusqu´à ton dernier cri
Chante ta nostalgie
Comme on dit une prière
Pour sortir de l´enfer
De la mélancolie

Chante ta nostalgie
Et bois à la santé
De celle qui t´a quitté
De ceux qui t´ont trahi
Chante ta nostalgie
Même si tu te plantes
Même si tu inventes
Et même si tu oublies

{au Refrain}

Chante ta nostalgie
On se ressemble un peu
Toi et moi, ça fait deux
Et ça se multiplie
Chante ta nostalgie
Je chanterai la mienne
Avec un peu de veine
On se sera compris

Chante ta nostalgie
Hurle-la comme un sourd
A la mort, à l´amour
Qui nous réconcilie
Chante ta nostalgie
Pour ne pas en mourir
Et pour pouvoir en rire
Et pour rester en vie

{au Refrain}

(Georges Moustaki)

Illustration: Dimitry Spiros

 

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CHANSON DES GARS DE LORIENT (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

Illustration: Gildas Flahault
    
CHANSON DES GARS DE LORIENT

Quand ils ont quitté Lorient
Ils avaient le vent d’amour dans la poupe
Au gaillard d’avant,
Quand ils ont quitté Lorient
Chacun a chanté c’est pas pour longtemps.

Chacun a laissé sa belle au village
A regarder dans le calendrier
La lune au hunier,
Chacun a laissé sa belle au village,
Le thonier, le cotre et le chalutier.

On n’a pour y passer le temps
Que fumer sa pipe et penser aux belles
Au gaillard d’avant,
On n’a pour y passer le temps
Que l’accordéon des gars de Guingamp.

De la pêche un jour s’ils reviendront
Ils auront l’amour des plus belles filles
Et nous danserons.
De la pêche un jour s’ils reviendront
Ils auront l’amour des plus beaux garçons.

C’est chez le père Cornudé
Qu’on boira le cidre au retour des noces
Et le vin cach’té,
C’est chez le père Cornudé
Qu’on boira le cidre et le muscadet.

Le gars qui l’a fait la chanson
C’est René-Guy Cadou, gabier de misaine,
Un joyeux garçon,
Le gars qui l’a fait la chanson
C’est René-Guy Cadou, gabier d’artimon.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il fait à peine jour (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Joelle Thirion
    
Il fait à peine jour
le joueur d’accordéon
installé au coin de la rue déjà
a ouvert à ses pieds son chapeau
et fait cliqueter ses boutons de nacre
dès qu’il inspire à plein poumon ses notes
doucement se déplient les fronces de la lumière

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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VITRINES (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

Christmas-Window-Display-Galeries-Lafayette-Paris [1280x768]

VITRINES

Des cadillacs et des ombrelles
De l’albuplast et de bretelles
De faux dollars de vrais bijoux
Y’en a vraiment pour tous les goûts
Des oraisons pour dentifrices
Des chiens nourris qui parlent anglais
Et les putains à l’exercice
Avec leurs yeux qui font des frais
De faux tableaux qui font la gueule
Et puis des vrais qui leur en veulent
Des accordéons déployés
Qui soufflent un peu avant de gueuler
Des filles en fleurs des fleurs nouvelles
Des illustrés à bonne d’enfant
Et des enfants qui font les belles
Devant des mecs bourrés d’argent

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme dans les coeurs
A faire se lever le bonheur
Des fois qu’il pousserait dans les rues

Les faux poètes qu’on affiche
Et qui se meurent à l’hémistiche
Les vedettes à nouveau nez
Paroles de Léo Ferré
Les prix Goncourt que l’on égorge
Les gorges chaudes pour la voix
Les coupe file et les soutiens-gorge
Avec la notice d’emploi
Des chansons mortes dans la cire
Et des pick-up pour les traduire
Microsillon baille aux corneilles
C’est tout Mozart dans une bouteille
Le sang qui coule plein à la une
Et qui se caille aux mots croisés
« France soir », « Le Monde » et la fortune
Devant des mecs qu’ont pas bouffé

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme aux alentours
A faire se lever l’amour
Des fois qu’on le vendrait aux surplus

Des père Noël grandeur nature
Qui ne descendent plus que pour les parents
Pendant que les gosses jouent les doublures
En attendant d’avoir vingt ans
Toupie qui tourne au quart de tour
Bonbons fondants bonheur du jour
Et ces mômes qu’en ont plein les bras
A lécher la vitrine comme ça
Des soldats de plomb qui font du zèle
Des poupées qui font la vaisselle
De drôles d’oiseaux en équilibre
Pour amuser les tout petits
A l’intérieur la vente est libre
Pour ceux qui s’ennuient dans la vie
Des merveilles qu’on peut pas toucher
Devant des mecs qui peuvent « Entrer »

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme dans les yeux
A rendre aveugles tous les gueux
Des fois qu’ils en auraient trop vu

Jambon d’York garanti Villette
Des alcools avec étiquettes
Crème à raser les plus coriaces
« Où l’on m’étend le poil se lasse »
La gaine qui fond sous les caresses
Le slip qui rit le bas qu’encaisse
L’escarpin qui use le pavé
Les parfums qui sentent le péché
Des falbalas pour la comtesse
Des bandes en soie pour pas que ça blesse
Du chinchilla de la toile écrue
Y faut vêtir ceux qui sont nus
Des pull-over si vrais qu’ils bêlent
Des vins si vieux qu’ils coulent gagas
Des décorations qu’étincellent
Devant des mecs qui n’en veulent pas.

Les vitrines de l’avenue
C’est mes poches à moi quand je rêve
Et que j’y fouille à mains perdues
Des lambeaux de désirs qui lèvent

(Léo Ferré)

Illustration

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L’accordéon (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



L’accordéon

Accompagné par son père, son frère,
son oncle? L’enfant tzigane fait passer le frisson
parmi des voyageurs. Et les jambes
touchent à d’autres jambes.
Il n’y a qu’une princesse aux cheveux blonds
pour sortit une épingle d’or
dans le secret de son âme et s’approcher de la cage
où le rossignol chante, des cernes sous les yeux.

(Gérard Noiret)

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Avec mes tympanons, ma trompe et mes timbales (Jean-Michel Maulpoix)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



Avec mes tympanons, ma trompe et mes timbales
Je chanterai sur un semblant d’air lyrique
Le grand tintamarre de la mer moderne et désuète
Pleine à ras bord de vieilleries et de trésors légendaires
Accrue de performances et de péripéties nouvelles
Traversée de cargos, de brise-glaces et de méthaniers monumentaux.

Ce sera une espèce inouïe de poème
Gonflé de belles images et de bons sentiments
Mimant à la manière antique le pathos de la mer et la discorde de ses bruits archaïques
Pressant l’accordéon du large au poumon bleu gonflé d’œdèmes
Faisant chanter ses boursouflures au pied des phares et des balises
Médusant ses moutons, ses mollusques
Soldant le gros temps à bas prix.

(Jean-Michel Maulpoix)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

 

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Ca existe (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



un morceau de chocolat
un quartier d’orange
et l’odeur du velours

la goût des choses
dire C’EST BON

se lécher les doigts
caresser le bois verni
plonger le bras dans l’eau glacée d’un ruisseau

ça existe

la crème à la vanille
trois notes d’accordéon
marcher pieds nus sur le sable
étonnant

la vie a envie qu’on l’aime
on dirait

(Bernard Friot)

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