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Poésie

Posts Tagged ‘accrocher’

La fraîcheur du matin (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



    

Illustration: Piet Mondrian Mondrian
    
La fraîcheur du matin vient de la mer,
le champ mouillé vert-cristal au soleil
dans la vapeur légère de l’écume, qui roule
sur le cristal d’un vert d’herbe ; la morsure
de l’air frais s’insinue à l’intérieur, les fenêtres
sont béantes sur la dune je suis assis là
les charmants nuages rouges, dégoulinant de miel,
me passent devant la bouche.

Et c’est amour que je murmure plongé dans la fraîcheur,
et l’amour dévale de la maison il longe la dune,
il court, il prend la terre dans ses bras.

Je suis la source et de moi coule l’eau,
voici d’où vient la source, calme jardin intérieur,
ici est accroché mon coeur, haut siège de la fontaine.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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UN CAMÉLIA (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Charles Gleyre 
    
UN CAMÉLIA

Elle s’approche du soir, lentement,
un camélia blanc sur l’épaule accroché.
Bruits de soie noire, plis sous les branchages,
dans l’ombre calme et du cercle entier de la nuit,
tandis que sur le visage et le flux des miroirs,
court le parfum fidèle, froissé, des sels dorés.

Errance de ce visage, clair et ardent,
qui, à travers l’orage inespéré d’août,
éclaire, et fait l’obscurité plus douce.

Elle peut passer, se couvrir d’ombre.
Qu’importe !
Elle a sur sa robe et dans ses doigts,
les clartés célestes pour refleurir,
plus haut, après la nuit.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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GOUTTES SUR LE FIL (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
GOUTTES SUR LE FIL

Par la fenêtre de la cuisine
tu me les avais montrées
les gouttes sur le fil.
L’averse était passée
un rayon de soleil
perçait les nuages noirs.
À la radio on donnait
des nouvelles de la guerre
et les gouttes sur le fil
accrochées qu’elles étaient
à la terre toute entière
faisaient de ta question
— « tu as vu les gouttes ? » —
cette image qui brillait
par-dessus ton épaule
dans l’incertaine durée.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Te dire jamais (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Te dire jamais
jamais comme borne à l’univers connu
à la normalité merveilleuse de l’humain
jamais comme si on pouvait former des décrets
à partir de l’observation de la Nature

Je ne le dirai pas
Jamais n’est pas un mot de la réalité
jamais est un mot-lunette pour ceux comme toi
qui ont besoin de certitudes extérieures
Je n’en ai pas besoin moi

L’avenir s’étend couleur béton ciré
grande esplanade où je pourrai courir
Le vent est frais la lune et le soleil bien accrochés
Je fais des roulades sauts périlleux athlète papillon
plaisir fou de l’accord
avec le vent la lune et le soleil

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avant Carthage (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



 

Illustration: Marie Dominique Garnier Bossy
    
Avant Carthage

Brumes enchanteresses
laissez monter en moi le souvenir
des antiques cités

Le soleil comme un oeil brillant accroche
les brumes épaisses
déchirant la toile de l’oubli

Je vois une coupole d’or
et la silhouette au crayon bleu des toits de la ville
un port rond comme un oeuf relié à la mer
d’où s’échappent des bateaux longs

Inondant l’azur frère de l’eau
la lumière est si forte
qu’elle en brûle d’une flamme blanche
ma pauvre mémoire

Je sais pour sûr que c’est une ville
aux rues fraîches et tortueuses
mère de nos médinas

C’est pourquoi comme une pauvresse
je reste à son seuil de lignes peintes
attendant qu’elle rouvre ses portes

Brumes enchanteresses
laissez monter en moi le souvenir
des antiques cités

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’été dans la montagne (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



L’été dans la montagne

Nonchalant, j’agite mon éventail de plumes blanches,
Mon corps est nu dans le bois verdoyant.
Ôtant mon bonnet, je l’accroche au rocher,
Mon chef découvert se baigne dans le vent des sapins.

(Li Po)

 

 

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L’Important (Robert Gélis)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Illustration: Antony Lelgouarch
    
L’Important, c’est d’accrocher des rires
Aux branches sèches de la vie

(Robert Gélis)

 

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Quelle douceur… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Virginie Trabaud
    

Quelle douceur…

Quelle douceur d’allumer un feu de bruyère
A la nuitée et d’y accrocher sa marmite,
De souper en rêvant au seuil de sa chaumière
Quand la lune fleurit comme une clématite,

Et de tendre à une biche familière
Se faufilant silencieuse au ras des branches,
Le reste de son pain et de la voir, légère,
Danser en s’ébrouant par les clairières blanches!

(Marie Dauguet)

 

 

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Accrocher le regard (Matthias Vincenot)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Accrocher le regard

Il faudrait pouvoir accrocher le regard
Au moment où il faut
Dans l’éclair incroyable
L’interstice où la vie prend sa source parfois
Le destin n’est souvent rien moins qu’une seconde
Il faudrait pouvoir approcher le hasard

(Matthias Vincenot)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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Je murmure amour (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Vito Russotto
    

Je murmure amour au plus profond de la fraîcheur,
et l’amour dévale de la maison le long de la dune,
courant qui prend la terre dans ses bras.

Je suis la source et de moi coule l’eau,
voici d’où vient la source, un calme jardin d’hiver,
ici est accroché mon coeur, haut siège de la fontaine.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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