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Posts Tagged ‘accroupi’

L’ONCLE ITZE (Moshe Kulbak)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
L’ONCLE ITZE

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

Dans un village arrive
Avec aiguille et fil,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits.

Accroupi sur la table
L’oncle, hébété, découd,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout.

Rapiécé le village
Vers un autre il s’en fut,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu.

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

(Moshe Kulbak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Accroupis sur la nuit d’août (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018




    
Accroupis sur la nuit d’août
les gens des terres creuses applaudissent à chaque chute d’étoile
l’univers disent-ils n’en a pas pour longtemps
les oiseaux qui assuraient l’équilibre entre le haut et le bas ont vieilli
l’horizon tangue à la moindre chute de feuille

un oiseau descendant d’une lignée prestigieuse suit les méandres
de sa plume sur ta page
comment choisir entre deux mots alors qu’il hésite à atterrir
la page est terre inhospitalière et la plume qui écrit fusil de chasseur.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Gens de l’eau
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Un couvreur perdu (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
Un couvreur perdu parmi les gros pigeons
Parmi les fientes et les plumes courtes
Un homme jeune
Accroupi
Martèle le zinc
Rajoute des coups
Pour la rage

Et tout le quartier résonne comme une méchante boîte.

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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DANSE DES FLAMMÈCHES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Berthe Morisot
    
DANSE DES FLAMMÈCHES

Meule de feu, je voltige
Autour de toi, en flammèches.
En boitillant je jaillis
De tes douces tiges courbes.
Et hop ! du bout de ton nez,
Je te souris, mon amour.
Et le crépuscule arrive,
Drapé dans sa houppelande,
Gardant en sa pipe fraîche
Tes fretins de flammes qui
Me giflent sur les deux joues.
Accroupie es-tu, coquine ?
Et voilà que le buisson
Jette au loin ta jupe rouge
Dont tu l’as, impertinente,
Couvert pour te joindre à moi.
Rentre tes cornes de feu,
Étends-toi sur l’herbe tendre,
Pour que ton corps brun je puisse
L’oindre d’entière blancheur.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Rosée (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Rosée

Accroupi, se balance
Un framboisier. Sur lui,
Un papier gras poursuit
Sa douce somnolence.

Feuillages s’enlaçant!
Beau soir de perle fine!
Brume sur la colline
Où plane aussi mon chant!

Bourdon dans la prairie,
Sans trêve j’ai trimé.
Que le ciel est léger
Sur ma forge assombrie!

Je suis las, un peu sot…
– Ou bon, que vous en semble? –
Comme l’herbe je tremble
Et l’étoile, là-haut…

(Attila Jozsef)

Illustration: Île Nancy

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LES TROIS PRINCESSES (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Estampe 2

LES TROIS PRINCESSES

Au pays de Sim, trois princesses, jeunes et belles,
sont assises sur une plage blanche.
Elles cherchent, du regard, une nef qui les emmènerait, très loin,
au delà de l’horizon, vers une île qui doit exister,
où les femmes sont heureuses.
La mer est bleue.

Au pays de Sim, trois princesses, qui ne sont plus jeunes et belles,
pleurent, debout, sur une plage blanche.
La mer est bleue.

Au pays de Sim, trois princesses, vieilles et sans voix,
sont accroupies sur une plage blanche.
Elles jouent avec le sable et s’en inondent les cheveux,
croyant que les grains de sable sont des fleurs.
La mer est bleue.

(La Flûte de Jade)

 

 

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HÔTEL FRATERNITÉ (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Marcel Roux 
    
HÔTEL FRATERNITÉ

Celui qui n’a pas de quoi se payer une île
Celui qui devant le ciné attend la reine de Saba
Celui qui de colère et de chagrin déchire sa dernière chemise
Celui qui cache en douce un doublon dans sa godasse
Celui qui se contemple dans l’oeil glacé du maître chanteur
Celui qui grince des dents sur les manèges
Celui qui renverse du vin rouge sur sa paillasse
Celui qui fait flamber lettres et photographies
Celui qui sur les quais siège sous les grues
Celui qui nourrit l’écureuil
Celui qui n’a pas le sou
Celui qui se contemple
Celui qui cogne au mur
Celui qui crie
Celui qui boit
Celui qui ne fait rien

Mon ennemi
sur le balcon accroupi
sur le lit sur l’armoire
par terre partout
accroupi
les yeux braqués sur moi
mon frère.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Cherchant l’ermitage du maître Yong (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018




    
Cherchant l’ermitage du maître Yong

Les hauts pics caressent le ciel de leur émeraude
Hors du monde, oublieux des ans qui passent

Écartant les nuages je cherche la sente ancienne
Adossé à un arbre j’écoute chanter la source

Près des fleurs un buffle accroupi se chauffe au soleil
Sur la cime des pins s’est endormie la blanche grue

Paroles dites : le fleuve en bas est crépusculaire
Tout seul je descendrai vers la froide fumée

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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A la tête des Perches (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



&

Illustration
nbsp;   
A la tête des Perches

rocs sauvages
arbres foudroyés, nudité
du bois blanc — dans ces hauteurs
steppiques
au-dessus
des nuages

tu respires une odeur marine
accroupi

je t’écoute, torrent
aux écailles d’argent

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Amourette (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Amourette

Or que l’hiver roidit la glace épaisse,
Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,
Non accroupis près le foyer cendreux,
Mais aux plaisirs des combats amoureux.

Assisons-nous sur cette molle couche.
Sus ! baisez-moi, tendez-moi votre bouche,
Pressez mon col de vos bras dépliés,
Et maintenant votre mère oubliez.

Que de la dent votre tétin je morde,
Que vos cheveux fil à fil je détorde.
Il ne faut point, en si folâtres jeux,
Comme au dimanche arranger ses cheveux.

Approchez donc, tournez-moi votre joue.
Vous rougissez ? il faut que je me joue.
Vous souriez : avez-vous point ouï
Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?

Je vous disais que la main j’allais mettre
Sur votre sein : le voulez-vous permettre ?
Ne fuyez pas sans parler : je vois bien
A vos regards que vous le voulez bien.

Je vous connais en voyant votre mine.
Je jure Amour que vous êtes si fine,
Que pour mourir, de bouche ne diriez
Qu’on vous baisât, bien que le désiriez ;

Car toute fille, encor’ qu’elle ait envie
Du jeu d’aimer, désire être ravie.
Témoin en est Hélène, qui suivit
D’un franc vouloir Pâris, qui la ravit.

Je veux user d’une douce main-forte.
Hà ! vous tombez, vous faites jà la morte.
Hà ! quel plaisir dans le coeur je reçois !
Sans vous baiser, vous moqueriez de moi

En votre lit, quand vous seriez seulette.
Or sus ! c’est fait, ma gentille brunette.
Recommençons afin que nos beaux ans
Soient réchauffés de combats si plaisants.

(Pierre de Ronsard)

 Illustration: Jean Antoine Watteau

 

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