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Poésie

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Le fruit est le résumé de l’arbre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Le fruit est le résumé de l’arbre,
l’oiseau est le résumé de l’air,
le sang est le résumé de l’homme,
l’être est le résumé du néant.

La métaphysique du vent
s’informe de tous les résumés
et du tunnel que creusent les paroles
par-dessous tous les résumés.

Car la parole n’est pas le cri,
mais l’accueil ou le congé.
La parole est le résumé du silence,
du silence, qui est le résumé de tout.

***

El fruto es el resumen del árbol,
el pájaro es el resumen del aire,
la sangre es el resumen del hombre,
el ser es el resumen de la nada.

La metafísica del viento
se notifica de todos los resúmenes
y del túnel que excavan las palabras
por debajo de todos los resúmenes.

Porque la palabra no es el grito,
sino recibimiento o despedida.
La palabra es el resumen del silencio,
del silencio, que es resumen de todo.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Odilon Redon

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Ritournelle (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Philippe Loubat _n

Ritournelle

Dans la plaine blonde et sous les allées,
Pour mieux faire accueil au doux messidor,
Nous irons chasser les choses ailées,
Moi, la strophe, et toi, les papillons d’or.

Et nous choisirons les routes tentantes,
Sous les saules gris et près des roseaux,
Pour mieux écouter les choses chantantes,
Moi, le rythme, et toi, le choeur des oiseaux.

Suivant tous les deux les rives charmées
Que le fleuve bat de ses flots parleurs,
Nous vous trouverons, choses parfumées,
Moi, glanant des vers, toi, cueillant des fleurs.

Et l’amour, servant notre fantaisie,
Fera, ce jour-là, l’été plus charmant :
Je serai poète, et toi poésie ;
Tu seras plus belle, et moi plus aimant.

(François Coppée)

Illustration: Philippe Loubat

 

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Je l’aime (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
Je l’aime et le lui dis toujours en mêmes mots,
Avec de vieux frissons toujours, toujours nouveaux.
Mon cœur changeant, pour elle est demeuré le même ;
C’est mon ancienne voix qui lui dit que je l’aime ;
Et de l’accueil heureux le baiser coutumier,
Ô mystère d’amour ! est toujours le premier !
Ma pauvre âme blasée aux choses de la vie,
Dès que je la revois, en est toute ravie !
C’est elle qu’en mon rêve attendri j’acclamais ;
Et celle-là qui m’est si douce, et plus encore,
Celle-là que d’un cœur toujours jeune j’adore,
Je ne l’aurai peut-être à moi, jamais, jamais !…

(Albert Lozeau)

 

 

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Oublie ta fatigue (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



oublie ta fatigue

refuse de convenir
que tu as marché
en vain
jusqu’à ce jour

oublie ta fatigue

étouffe la voix
qui t’invite
à renoncer
et sache faire
meilleur accueil
à ton besoin
du retour

oublie ta fatigue

dresse-toi
à nouveau

chemine
à nouveau

n’admets pas
que ta patrie
soit l’exil

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Paysages (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Don Hong-Oai  005

Paysages

Derrière le visage et le geste
Les êtres taisent leur réponse
Et la parole dite alourdie
De celles qu’on ignore ou qu’on tait
Devient trahison

Je n’ose parler des hommes je sais si
Peu de moi

Mais le Paysage

Livré à mes yeux pour son reflet qui
Est aussi son mensonge glisse dans
Mes mots j’en parle sans remords
Reflet qui est moi-même et le visage
Des hommes mon unique tourment

Je parle de Désert sans quiétude
Sillonné des tourmentes du vent
Soulevé aux entrailles
Aveuglé de ses sables
Laissé aux solitudes sans toit
Jaune comme la mort
Qui parchemine
Face contre le soleil

Je parle
Des pas de l’homme si rares
En son aridité
Mais chéris comme le refrain
Jusqu’à l’autre passage
Du vent jaloux

Et de l’oiseau si rare
Qui de son ombre fuyante
Panse les blessures que donne le soleil

Et de l’arbre et de l’eau
Que l’on nomme Oasis
Du nom d’une femme aimée

Et je parle de la Mer rapace qui reprend
Les coquillages aux grèves
Les vagues aux enfants

Mer sans visage
Au cent visages de noyés
Qu’elle enroule d’algues
Rend glauques et glissants
Comme les bêtes marines

Mer insensée telle une histoire sans fin
Détachée de l’angoisse
Pleine de contes de mort

Et je parle de vallées ouvertes
Aux pas fertiles de l’homme
Au désordre de la fleur
De cimes confinées

De montagnes de clarté
Que dévore la fauve course des sapins

Et des sapins qui savent
L’accueil des lacs
La noirceur des sols
Et les sentiers qui errent

Echos de ces visages
Qui hantent nos matins.

(Andrée Chedid)

Illustration: Don Hong-Oai

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Credo (Lucien Jacques)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Credo

Je crois en l’homme, cette ordure.
Je crois en l’homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l’homme, ce tordu,
Cette vessie de vanité.
Je crois en l’homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boute-feu, ce fouille-merde.
Je crois en l’homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
De mortel et d’irréparable.
Je crois en lui
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l’étoile.
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
Pour le simple accueil d’un berger.

(Lucien Jacques)

Illustration: Castanheira Amilcar

 

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VIDONS NOS VERRES (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



trinquer

VIDONS NOS VERRES

Buvons ce soir tout notre soûl
Oublions demain devant la coupe
J’apprécie votre accueil si hospitalier
le gobelet rempli de votre amitié

Attention à ce que la nuit printanière soit courte
Les verres ne sont jamais trop pleins
Trinquons une fois encore
A notre vie qui passe comme l’éclair

(Wei Zhuang)

 

 

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LES MAINS (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



LES MAINS

Elle est assise au bord des saisons
Et fait miroiter ses mains comme des rayons.

Elle est étrange
Et regarde ses mains que colorent les jours.

Les jours sur ses mains
L’occupent et la captivent.

Elle ne les referme jamais.
Et les tend toujours.

Les signes du monde
Sont gravés à même ses doigts.

Tant de chiffres profonds
L’accablent de bagues massives et travaillées.

D’elle pour nous
Nul d’accueil et d’amour

Sans cette offrande impitoyable
Des mains de douleurs parées
Ouvertes au soleil.

(Anne Hébert)

Illustration: Chantal Mainguy

 

 

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Villanelle du solitaire (Patrice Auboin)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Villanelle du solitaire

Douce compagne solitude
Tu t’accoudes à mon fauteuil
Toi silence, toi mansuétude.

Suis-je digne de ta quiétude
Quand tu scintilles sur le seuil
Douce compagne solitude ?

Tu favorises mon étude
Si je plonge dans un recueil
Toi silence, toi mansuétude.

Pour rompre quelque lassitude
Aux dames tu fais bon accueil
Douce compagne solitude.

Si dans l’herbe je les dénude
Eloigne-toi comme un chevreuil
Toi silence, toi mansuétude.

Après mainte vicissitude
Suivras-tu mon humble cercueil
Douce compagne solitude
Toi silence, toi mansuétude ?

(Patrice Auboin)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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ACCUEIL (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018



    

ACCUEIL

En marchant sur les pointes,
quand je suis revenu il faisait
nuit, j’ai ouvert, j’ai fermé,
je suis rentré dans la maison,
sans que les fleurs ne s’en
rendent compte
pour me jouer un air
sur leurs feuilles
comme
elles l’ont toujours fait.

Mais le lendemain
tout se réalisa, après
mon pardon, quand
en sortant dehors
j’ai jeté sur elle
un sourire
comme une lumière d’en haut.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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