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Posts Tagged ‘accumuler’

Le sentiment de finitude m’enveloppe (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
le sentiment de finitude
m’enveloppe

la nuit a étendu
ses grandes mains

je suis noire
de toutes les étoiles
accumulées en moi

je m’abreuve
de la distance des astres

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Nuit
Traduction:
Revue: Ce qui reste

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Egotrip (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Diego Rivera  
    
Egotrip

Je suis
un écririen

j’applique le principe
des cloaques communicants

j’accumule
les cuticules
du vent

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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LES SABLES (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



LES SABLES

Tout ce que le travail inlassable du temps
Accumule en nos coeurs de poussière ténue,
De vanités et de soucis inconsistants,

Comme s’ajoute au bord des vagues en sanglots
Un infini de sable à l’infini des flots,
Forme aussi dans mon coeur la dune aride et nue.

Mais il pleure derrière une mer inconnue,
Une mer dont les eaux lourdes et désolées
Par des barques jamais n’ont été violées.

Et moi-même roulé dans la médiocre vie,
Amenuisé par le frottement quotidien,
Je m’amuse d’un mot et je ne sais plus bien
La route en moi qui va vers la mer infinie.

Et comme en la tiédeur des juins épandus,
Quand le calme de l’heure est sur les métairies,
Un vieux berger dans le silence des prairies
Entend pleurer la mer que jamais il n’a vue,

De même en le miracle aussi de certains soirs,
Le choeur en moi se tait des voix quotidiennes
Et j’entends sangloter les plaintes surhumaines
De ces flots oubliés que je ne vais plus voir!

(François Mauriac)

Illustration: Ludovic Florent

 

 

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VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

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Nous sommes les abeilles de l’Univers (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Nous sommes les abeilles de l’Univers.
Nous butinons éperdument le miel du visible
pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’invisible.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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Quand le moineau (Anthony de Mello)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



nid

Quand le moineau

Quand le moineau construit son nid dans la forêt,
il n’occupe qu’une branche.
Quand le cerf étanche sa soif à la rivière,
il ne boit pas plus que son estomac ne peut contenir.
Nous accumulons les choses
parce que nos coeurs sont vides !

(Anthony de Mello)

 Illustration

 

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Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
Et t’aime d’autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.

Je m’avance à l’attaque, et je grimpe aux assauts,
Comme après un cadavre un chœur de vermisseaux,
Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !
Jusqu’à cette froideur par où tu m’es plus belle !

Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne.

(Charles Baudelaire)

 Illustration: Christian Schloe 

 

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VERT PARADIS (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




VERT PARADIS

étrange que je fus
lorsque voisine de lointaines lumières
j’accumulais des paroles très pures
pour créer des silences nouveaux

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Leonid Afremov

 

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Pourquoi j’écris ? (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
Pourquoi j’écris ?
Pourquoi je sanglote au petit matin
Pourquoi soudain ce goût de chant du cygne
Cette écume verte accumulée dans la gorge

Mon coeur est absurde comme un masque dans la pluie
La frayeur l’assimile à la mer
Mon corps est une invasion de tambours dans le silence de la nuit

Pourquoi ces nuits comme une oasis pour sorcières
Pourquoi cette conjuration d’absences
Cet enlèvement de la fille du vent

Dans la nuit m’entoure une loge exterminatrice
je t’appelle et tu ne viens pas

Je t’aime et tu ne viens pas
Pourquoi tu es venu comme l’éclair
et tu m’as laissée seule dans le dévasté

Si tu écoutais mon bruit de cellule minuscule
peuplée d’agonisants
mon halètement d’asphyxiée

Si soudain tu me voyais à la lisière du réveil,
chanteuse médusée à la cime de son étonnement
Si tu me voyais attachée à ton visage

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Tondreno Haguregon-Arc-en-ciel (Eléonore Sioui)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018



 

Tondreno Haguregon-Arc-en-ciel

J’accumule les printemps
Qui s’évaporent
En parfum d’amour et communiquent des sons
Aux couleurs de vie

(Eléonore Sioui)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

Illustration

 

 

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