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Poésie

Posts Tagged ‘acharné’

On le sait (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration: Vladimir Kush
    
On le sait

On le sait par cette écume
où frissonnent nos poitrines
par ce phare qui s’allume
cette voile qui s’incline

le vent glisse sur la toile
bruit de sable qui s’écoule
on le sait qu’on va chez toi
l’acharnée où mon sang roule

sur la côte tremble un feu
on le sait qu’on nous attend
vague à vague creux par creux
que s’affale cet élan.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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LA CHUTE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018



Illustration: Jacob-Peter Gowi
    
LA CHUTE

C’est la chute, la chute éternelle
d’eau, de pierre, d’oiseaux blessés, le coeur blessé,
la cascade de la délivrance. Les anges tombent
comme des amants de l’azur, séparés,
et meurent de cette même mort qui nous achève tous.

Tombant dix millions d’années, nous nous jetons
dans les bras accueillants du temps;
notre vol nuptial doit finir dans la mort,
délivrance toujours recommencée
tandis que le mystique acharné„ retient son souffle.

La surface aux aguets de la mer vivante
toujours intacte, offre le sourire de l’amour,
là où le sang vivant se noie dans son extase,
régi par la nature qui fait bouger les montagnes,
se croyant délivré quand il est le moins libre.

Allons-nous sombrer, sombrer ensemble dans l’abîme?
Ici, sur le pic, neige et vent nous invitent
à tomber dans leurs gouffres.
La voie est tracée, inconnaissable la fin,
la mer nous emportera là où mènent courants et marées.

***

THE FALL

It is the fall, the eternal fall of water,
of rock, of wounded birds, and the wounded heart,
Me waterfall of freedom. Angels fall
like loyers from the azure, separate,
and die by that saine death that ends us ail.

Falling ten million years, we fling ourselves
again info the inviting arms of time;
our nuptial flight must end again in death
that serves for freedom time and lime again
while the hard labouring mystic holds his breath.

The watching surface of the living sea
ever intact, :miles with the face of love,
where living blood drowns in its ecstasy,
impelled by nature that can mountains move,
feeling most freedom when it least is free.

Shall we go down, shall ive go down together?
here on the mountain top, the wind and snow
urge us to fall, and go the way they go.
The way is clear, the end we shall not know,
the sea will carry us where tides run and currents flow.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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Ah ! que je t’aime (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Gustave Courbet
    
Ah ! que je t’aime, Mnasidika, plus que le souvenir de ma vie.
Je t’aime parce que tu as une vulve brûlante, et une bouche infatigable pour le baiser que je veux.

Ouvre les genoux : Je te couvre. Donne-moi tes lèvres et ta langue.
Crispe tes dix doigts sur mes fesses. Foule tes seins contre mes seins.

M’y voici : Nos vulves s’appliquent et se froissent et se heurtent.
Étreins-moi comme je t’étreins ! Elles clapotent, entends-tu ? Mnasidika, nos jouissances se mêlent!

Je suis ton amant ! Je te possède ! Ah ! Si j’étais fille de Kypris,
sans doute elle me donnerait la virilité, et nos tentatives acharnées
ne seraient pas jeux de petits enfants .

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction: Gallimard
Editions: Gallimard

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La substance interne (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
La substance interne
n’est plus qu’un oeil

un oeil acharné
à s’élucider

à pénétrer
le plus enfoui

atteindre
le dedans du dedans

là où s’offrent
la paix et la lumière

l’inaltérable joyau
de la haute connaissance

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Cette plainte merveilleuse de l’âme, c’est l’amour.
Écoute-la. Je n’ai point d’âge, mais, nourri d’épices, chargé de sel, couvert d’humus, empli de choses à naître,
Je suis maître de moi comme d’un navire, et mon corps est un voilier d’avril, de vice, d’impudeur.
J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.
Cherche-moi. Trouve-moi.
Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Cette plainte merveilleuse de l’âme,
c’est l’amour.

Écoute-la.

Je n’ai point d’âge,
mais, nourri d’épices,
chargé de sel, couvert d’humus,
empli de choses à naître,

Je suis maître de moi
comme d’un navire,
et mon corps est un voilier
d’avril, de vice, d’impudeur.

J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.

Cherche-moi.
Trouve-moi.

Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs
au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Possible imaginaire

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Les astres se sont croisés (Ali Hamouda)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2016



Les astres se sont croisés
et nos langues sont devenues deux lames acharnées
sur le fil ténu de l’amour.
Que mes doigts se déchirent sous vos morsures
Ô dents du temps folles de déchirer!
Je couvrirai de mon corps l’invisible rayon qui verse l’ivresse
et à l’aurore, éternel comme l’horizon,
notre fil portera le soleil.

(Ali Hamouda)

Illustration: Gustave Doré

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Conte d’amour IX (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Conte d’amour IX

Nous marchions nous tenant par la main, dans la rue
Où sous les becs de gaz se heurte la cohue.
Sous les jasmins en fleur qui bordent le chemin,
A l’ombre nous marchions, nous tenant par la main.
Et ma joie est fanée avec le blanc jasmin.

Sa voix, perlant tout bas ses notes argentines,
Berçait mon coeur, ainsi qu’un psaume des matines.
Son baiser acharné, grisant comme les nuits,
Faisait sourire encor mon front chargé d’ennuis.
Et mes bras veufs en vain la cherchent dans les nuits.

(Jean Moréas)

 

 

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