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Poésie

Posts Tagged ‘acheter’

Achetez mes pommes (Henri Druart)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2019



Achetez mes pommes.
Dans un instant
J’aurai tout mangé!

(Henri Druart)


Illustration

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La chasse aux lions (Alphonse Allais)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



Pour la chasse aux lions:
vous achetez un tamis et vous allez dans le désert.
Là, vous passez tout le désert au tamis.
Quand le sable est passé,
il reste les lions.

(Alphonse Allais)

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À la lisière du temps (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
À la lisière du temps

Quand on marche le soir à la lisière du temps
il monte soudain une bouffée d’enfance
les cris d’hirondelles folles d’un préau d’école
ou le silence de la barque sur fa rivière
à la tombée du jour quand le soleil rase l’eau qui moucheronne
ou bien la sonnette (deux fois) de l’épicerie-mercerie
où on achète après l’école les rouleaux de réglisse Zan
qui barbouillent de noir et font les doigts collants

On tend l’oreille le long du voile de la brume
Quelqu’un parle à voix basse
sans qu’on puisse reconnaître la voix
et sans comprendre les paroles
les mots chuchotés loin à l’envers du silence

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’acheteuse (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Elle achetait un élixir
dans la ville
d’un autre temps
il nous faut penser à elle
encore aujourd’hui pourtant
quand les bras sont aussi blancs
et les poignets aussi fins
aussi douce la chair
ô vertigineuse vie!

(Jean Follain)

 

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Ne jetez pas aux pourceaux (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Ne jetez pas aux pourceaux —
L’animal rationnel préfère
La chair aphrodisiaque de l’huître :
Qui donc attache à une perle
Un prix tel
Qu’il vend tout
Pour l’acheter?

***

Cast not before swine —
The rational animal
Oysters’ soft aphrodisiac flesh prefers:
Who values then a pearl
At so great price
As to sell all
To purchase one ?

(Kathleen Raine)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Le prix de l’amour (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Celle qui dans ses bras d’eau si froids
Porta son prince à la rive
Sans pourtant conquérir son coeur
Acheta cher ces pieds mortels :
Le prix de l’amour; sinon comment,
Immortelle, fouler les voies de la douleur?

***

She who in cold elemental arms upbore
Her prince to shore
Yet did not win his heart
Bought dear these mortal feet;
Must pay love’s price: how else
Shall an immortal walk in sorrow’s ways?

(Kathleen Raine)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Je ne veux pas qu’elle soit morte (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Je ne veux pas qu’elle soit morte.
Je veux un espoir, je demande un espoir.
Dieu de ma mère, mon Dieu que j’aime
malgré mes blasphèmes de désespoir.
Je T’appelle au secours.

Aie pitié de ce mendiant abandonné au coin du monde.
Je n’ai plus de mère, je n’ai plus de maman,
je suis tout seul et sans rien
et j’appelle vers Toi qu’elle a tant prié.

Donne-moi la foi en Toi,
donne-moi la croyance en une vie éternelle.
Cette croyance, je l’achèterais au prix d’un milliard d’années en enfer.
Car après ce milliard d’années en enfer où l’on Te nie,
je pourrai revoir ma mère qui m’accueillera,
sa petite main timidement à la commissure de sa lèvre.

(Albert Cohen)

Illustration

 

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QUI M’ACHÈTE UNE ORANGE ? (José Gorostiza)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018


 


 

coeur-orange

QUI M’ACHÈTE UNE ORANGE ?

Qui m’achète une orange
pour me consoler ?
Une orange mûre
en forme de coeur.

Le sel de la mer sur les lèvres
ah pauvre de moi !
le sel de la mer dans les veines
et que j’ai recueilli sur les lèvres.

Personne ne me donne les siennes
à embrasser.
Le tendre épi d’un baiser
je ne peux le faucher.

Personne ne demande mon sang
pour le boire.
Même moi, je ne sais s’il coule
ou s’il ne coule plus.

Comme se perdent les barques
ah pauvre de moi !
comme se perdent les nuages
et les barques, je me suis perdu.

Et puisque personne ne me le demande
je n’ai plus de coeur.
Qui m’achète une orange
pour me consoler ?

(José Gorostiza)

 

 

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Je rappelle (Halina Poswiatowska)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Akitaka Ito -medium

Je rappelle
si tu meurs
je ne mettrai pas une robe lilas
je n’achèterai pas de couronnes multicolores
avec le vent qui chuchote dans les rubans
rien de cela
rien
le corbillard arrivera – il arrivera
le corbillard repartira – il repartira
je me tiendrai à la fenêtre – je regarderai
je ferai signe de la main
j’agiterai un foulard
je ferai mes adieux
toute seule à cette fenêtre
et l’été
quand mai sera en folie
je m’étendrai sur l’herbe
sur l’herbe chaude
et de mes mains toucherai tes cheveux
et de mes lèvres toucherai la fourrure de l’abeille
mordante et belle
comme ton sourire
comme le crépuscule
et puis ce sera
argent – or
peut-être or et seulement rouge
car ce crépuscule
ce vent qui souffle instamment aux herbes
amour – amour
ne me laissera pas me lever
et m’en aller
comme d’ordinaire
à la maison maudite vide

(Halina Poswiatowska)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Akitaka Ito

 

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SCÈNE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
SCÈNE

« Où étais-tu ?
— Chez la marchande de fleurs. J’ai acheté des iris très beaux. Les voici, je te les apporte.
— Pendant si longtemps tu as acheté quatre fleurs ?
— La marchande m’a retenue.

— Tu as les joues pâles et les yeux brillants.
— C’est la fatigue de la route.
— Tes cheveux sont mouillés et mêlés.
— C’est la chaleur et c’est le vent qui m’ont toute décoiffée.

— On a dénoué ta ceinture. J’avais fait le noeud moi-même, plus lâche que celui-ci.
— Si lâche qu’elle s’est défaite; un esclave qui passait me l’a renouée.

— Il y a une trace à ta robe.
— C’est l’eau des fleurs qui est tombée.
— Mnasidika, ma petite âme, tes iris sont les plus beaux qu’il y ait dans tout Mytilène.
—Je le sais bien, je le sais bien. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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