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Poésie

Posts Tagged ‘achevé’

Le poète (Ralph Waldo Emerson)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

Duy Huynh -   (5)

Le poète incarne, parmi les hommes inaccomplis,
l’homme achevé.
Il rattache les choses au tout.

(Ralph Waldo Emerson)

Illustration: Duy Huynh

 

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Regarde (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Regarde, des anges diffusent à travers l’espace
leurs sentiments qui ne cessent jamais.
Notre incandescence leur serait froideur.
Regarde, des anges rougeoient à travers l’espace.

Cependant qu’à nous, qui n’en savons rien d’autre,
tantôt une chose se refuse, tantôt une autre échoit en vain,
eux marchent, enthousiasmés par ce qu’ils ont à accomplir,
à travers leur domaine pleinement achevé.

***

Siehe. Engel fühlen durch den Raum
ihre unaufhörlichen Gefühle.
Unsre Weißglut wäre ihre Kühle.
Siehe, Engel glühen durch den Raum.

Während uns, die wirs nicht anders wissen,
eins sich wehrt und eins umsonst geschieht,
schreiten sie, von Zielen hingerissen,
durch ihr ausgebildetes Gebiet.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Lanterne rouge (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




    

Lanterne rouge

Auberge obscure avec mendiants de nuit
Etreignant des lambeaux de froid,
Tandis que les groupes inertes, pareils à une fleur de pluie,
Contemplent le passage d’un sourire.

Ces corps misérables possèdent
Des formes aux yeux sans lumière ou au sable tombé ;
Là chante une voix, et la vie, si les mains n’échouent pas,
Est gaie comme l’amour emprisonné.

Ces mendiants sont les rois sans couronne
En quête du bonheur au-delà de la vie,
En quête de la fleur jamais ouverte,
En quête de désirs achevés en nuages.

Les corps pâlissent comme des vagues,
La lumière est un prétexte de l’ombre,
Le rire meurt très lentement,
Et avec lui s’en va aussi ma vie.

Or les ombres ne sont ni mendiants ni couronnes,
Mais les années d’ennui et leur vie cette nuit ;
Et ma vie n’est plus qu’un homme mélancolique
Qui ne connaît rien d’autre que ses larmes.

***

Linterna roja

Albergue oscuro con mendigos de noche
Abrazando jirones de frío,
Mientras que los grupos inertes, iguales a una flor de lluvia,
Contemplan cómo pasa una sonrisa.

Poseen estos cuerpos miserables
Formas de ojos sin luz o de arena caída;
Vivir, allí canta una voz, si las manos no fallan,
Es alegre como un amor aprisionado.

Esos mendigos son los reyes sin corona
Que buscaron la dicha más allá de la vida,
Que buscaron la flor jamás abierta,
Que buscaron deseos terminados en nubes.

Los cuerpos palidecen como olas,
La luz es un pretexto de la sombra,
La risa va muriendo lentamente,
Y mi vida también se va con ella.

Mas las sombras no son mendigos o coronas,
Son los años de hastío esta noche con vida;
Y mi vida es ahora un hombre melancólico
Sin saber otra cosa que su llanto.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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APRÈS LA CENDRE MORTE… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



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APRÈS LA CENDRE MORTE…

Après la cendre morte des jours,
Lorsque le vide blanc des nuits
Sera usé, lorsque l’instant brumeux
Sans forme, sans image, sans chemins,
Se dissoudra, le tourment achevé,
La terre émergera pure de la mer
De larmes sans fin où je m’invente.

***

DEPOIS DA CINZA MORTA…

Depois da cinza morta lestes dias,
Quando o vatio branco lestas noites
Se gastar, quando a névoa leste instante
Sem forma, sem imagem, sem caminhos,
Se dissolver, cumprido o seu tormento,
A terra emergirá pura do mar
De lágrimas sem fim onde me invento.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Je retrouve toujours mêlés à la souffrance (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Je retrouve toujours mêlés à la souffrance
Le cri mal achevé de notre amour, le goût
De tes baisers, et comme au ciel de la nuit d’août,
La musique des mots s’évade et recommence.

Le temps du désespoir n’a fait que rendre vive
Cette soif que j’avais de l’eau de ton regard,
Car pour nous séparer, le sort venait trop tard
Si même notre amour est amour fugitive.

Le ciel peut refermer sur nous sa main de nues,
L’océan nous lier avec ses goémons,
Le pain avoir le goût mortel de la ciguë
Et les oiseaux mourir dans les cours des prisons,
Ton amour est plus fort que cette trahison
Et tes yeux sont plus beaux qui saluent le matin
Quand un monde va naître avec ses lourds poisons
Du peu de sang qui reste aux fleurs de nos jardins.

Je ne sais plus où commence ta bouche,
Je ne sais plus où finissent tes lèvres,
Où s’arrête le rire courageux du matin.
Mes doigts cherchent sans fin à briser le cristal
Du rêve opaque de ton torse de neige.
Je déchire la rose noire de l’oubli.

(Albert Ayguesparse)

 

 

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La perfection achevée semble imparfaite (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



La perfection achevée semble imparfaite.
Et pourtant elle rayonne sans fin.

La plénitude parfaite paraît vide.
Et pourtant elle est intarissable.
Elle donne sans jamais s’épuiser.

Une franchise extrême semble fausse.
Une habileté extrême entrave le geste.
Une éloquence extrême ne persuade personne.

le mouvement triomphe du froid,
et c’est l’immobilité qui triomphe de l’ardeur.

C’est dans le calme et la sérénité que réside le bonheur,
car la quiétude et l’immobilité règlent le monde.

Ainsi est-il.

(Lao Tseu)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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CIEL À MOITIÉ ACHEVÉ (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



CIEL À MOITIÉ ACHEVÉ

L’accablement suspend son vol.
L’angoisse suspend sa course.
Le vautour cesse de fuir.

Fougueuse, la lumière afflue,
même les fantômes en prennent une gorgée.

Et nos tableaux ressortent au grand jour,
animaux rouges de nos ateliers de l’ère glaciaire.

Tout regarde à l’entour.
Nous marchons par centaines sous le soleil.

Les hommes restent une porte entrebâillée
donnant sur une salle commune.

Le sol interminable sous nos pas.

L’eau reluit entre les arbres.

Le lac est une fenêtre ouverte sur la terre.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Leonid Afremov

 

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Poésie, mon amie (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2015



 

Poésie, mon amie,
Tu es comme mon enfant :
Tu me fais rire et pleurer
Au même instant.

Un soir de mélancolie,
De toi, j’ai accouché :
Depuis,
Nous ne nous sommes plus quittées
Tu me poursuis,
Tu m’as suivie…
Et quand je crois
Que tu m’as tout dit de toi,
Que tout est raconté,
Que tout est terminé,
Sur le point de renoncer,
Soudain, l’inspiration renaît :
Alors, tout reste à réinventer,
Tout est à recommencer…
Avec toi, jamais, rien n’est achevé…

(Mireille Gaglio)

 

Site de Mireille ici

 

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