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Poésie

Posts Tagged ‘(Achille Chavée)’

HISTOIRE SIMPLE (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



HISTOIRE SIMPLE

Maintenant je suis un grand animal blessé
dans la jungle du temps
et je m’avance comme un tigre vers Dieu
en déniant son existence

Nul ne croit à ma démarche
nul ne sait que je m’avance vers un gouffre
qui dépasse la croyance
que je m’avance vers moi-même

Là-bas une partie de poker continue
là-bas une femme enfante un monstre miroitant
et moi je m’avance vers moi-même
à la découverte d’une preuve éblouissante

(Achille Chavée)

 

 

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Je crois que je suis le seul à veiller (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018



Illustration: Alex Nabaum
    
Je crois que je suis le seul à veiller…
Cependant
si quelqu’un venait à frapper à la porte
je le suivrais au bout du monde.

(Achille Chavée)

 

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Du temps que j’étais milliardaire (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



 

Du temps que j’étais milliardaire
un éléphant vêtu de noir
près de moi vint s’asseoir
en me disant pardon confrère

Du temps que j’étais souris blanche
je suis sorti de souricière
au jour perdu de ma naissance
mais je n’ai pas gagné au change

Du temps que j’étais hanneton
je fus aussi dans la prison
de l’allumette
et dans celle des horizons

Du temps trouvé pour être un homme
et pour penser à moi aussi
je n’ai cueilli sur l’arbre que la pomme
pleine des vers de mon souci

(Achille Chavée)

Illustration

 

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Verdict (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



Kathryn Jacobi b01

 

Verdict

On est comptable et de tout et de rien
on est comptable irréversiblement
irrévocablement
de tous les mouvements divers de sa conscience

Tout nous assaille
tout nous meurtrit
nous circonscrit
tout nous concerne
nous cerne
nous emprisonne
nous désavoue
nous loue enfin pour mieux nous accuser
nous particularise
tout se nourrit de notre défaillance

En apparence à notre insu
un oiseau médite sur son aile brisée
et sur sa toile une araignée est triste
et sur le banc des accusés
un innocent s’efforce en vain de réfuter
l’interminable acte d’accusation

Demain tantôt qu’allons-nous faire
de cet instant précis qui déjà nous observe ?

(Achille Chavée)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

 

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Chaque rue aboutit dans une femme (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



masque ge

Chaque rue aboutit dans une femme
qui ressemble à l’aventure
dont le visage se dérobe
sous un masque de velours noir

Chaque rue aboutit dans une femme
qui s’élabore dans nos rêves
et se nourrit de notre sang
et s’enivre de notre angoisse
aboutit dans une femme nue
fatale inconnue attirante
comme un panorama secret
aux frondaisons de lanternes sanglantes

(Achille Chavée)

 

 

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Eva (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016




Eva

Femme ténébreuse
errante de la mauvaise vertu
errante du bien pour le mal
adroite et décidément maladroite
parmi les rideaux de rêve et de soie
parmi les pains de chaleur de chair et de sang
parmi l’homme dépaysé d’être lui-même
femme dangereuse
légèrement inclinée
dans le vent des miracles
légèrement vêtue dans le vent du péché
légèrement perdue dans l’ouragan de vie
femme qui joues
femme qui ris
femme qui pleures
femme qui veux gagner toujours
une chance en plus que le cœur trouvé
dressée à nous ravir
à joindre notre défaillance
à ne jamais nous oublier
à ne jamais nous délivrer
à nous aimer l’éternité de ses mensonges
femme dressée à se livrer
dans l’ombre d’une science exacte
dans la nuit de notre souffrance
dans l’oubli de notre mission
femme impardonnable et pardonnée
voilà que c’est moi le maudit
qui se prend à te reconnaître
à défendre tes cris de malheur
à redramatiser l’aube de ta passion
à pardonner le sang que tu révèles
à s’attendrir sur ton ventre de vie
à t’aimer plus qu’un désert de diamant

(Achille Chavée)

Illustration: Campos Edson

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Un jour viendra sans doute (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2016



Un jour viendra sans doute où nous serons
en communication
avec le monde des insectes
avec les termites muets
avec les aveugles fourmis

Qu’est-ce que parler humain veut dire
au fond du gouffre de la pensée !

Et je me vois très bien
buvant un bock
avec un insecte asexué
à la table effrayante de l’éternité

Insecte
je bois à ta santé
à nos bonnes santés interminables

(Achille Chavée)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Je reste identique (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2015



flèche

Je reste identique
à la flèche du peau-rouge
de mon enfance

Quant à ma carte de visite
je l’ai perdue
il y a bien longtemps
dans un immense champ de blé

(Achille Chavée)

Illustration

 

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