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Poésie

Posts Tagged ‘acide’

Brume sur l’eau (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018




    
Brume
sur l’eau
la rivière
rêve

Montée acide
de la lumière

Trop aiguë

Déchire
l’haleine
éphémère

Mémoire du songe

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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AUJOURD’HUI COMBIEN D’HEURES TOMBENT (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018




Aujourd’hui combien d’heures tombent, tombent
dans le puits, dans la nasse, dans le temps :
elles sont lentes mais ne prennent de repos,
elles tombent, se rassemblant
au début comme des poissons,
puis comme des pierres lancées ou des bouteilles.
En bas, les heures
avec les jours s’entendent,
avec les mois,
avec les souvenirs fumeux,
avec des nuits désertes,
des femmes, des habits, des trains et des provinces,
le temps
s’accumule, et chaque heure
se dissout en silence,
s’effrite et choit
dans l’acide aux vestiges,
dans les eaux noires
dans la nuit sens dessus dessous.

(Pablo Neruda)

Illustration: Salvador Dali

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TOI (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Marcio Melo
    
TOI

Mon livre doré sur tranches que je veux lire de bout en bout.
Mon gâteau d’anniversaire qui n’a pas besoin de bougies pour être illuminé.
Mon alcool qui enivre sans nausée ni mal de tête.
Mon établi pour une espèce immatérielle de menuiserie.
Mon bateau de plaisance toujours prêt à prendre la mer.
Mon violon qui se fait mélodie dès que ma main effleure ses cordes.
Mon arme de précision que ne salit aucune piqûre de rouille.
Mon aube sur les jardins verts et sur les tas de charbon.
Mon sentier de forêt tout jalonné de cailloux blancs.
Ma fable trop merveilleuse pour comporter le post-scriptum d’une moralité.
Mon château à multiples tourelles, évanoui alors que son pont-levis vient à peine de s’abaisser.
Mon unité, dans la présence et dans l’absence.
Mon alphabet — d’arc-en-ciel à zodiaque — aux vignettes peintes des tons les plus acides et, aussi bien, les plus doux.
Ma déchirure et ce qui la recoud.
Ma preuve par neuf.
Ma partie et mon tout.
Ma panacée.
Ma chance.
Ma raison et ma déraison.
Ma fraîcheur et ma fièvre.

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fruits verts… (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

Fruits verts…

Castilles
cerises
aigres

groseille
geai
et pie

cassis
rumeur
acide

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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LE ROULIER (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




Illustration    
    
LE ROULIER

La route va, sans espoir,
Droit entre bise et galerne :
Coteaux plus bas que les soirs
De grands vents et de lanternes.

Le roulier suit cette route
Sous les cabans étoilés,
Épie l’ombre, ruse, écoute
L’acide vent vert des blés.

Bise en proue, galerne en poupe,
Il fonce au coeur des forêts,
Mais là-bas l’attend la soupe
Et le pichet de vin frais.

Délivré des peurs mortelles,
Il claque d’un fouet vainqueur,
Et le vent ferme ses ailes
Puis se couche dans son coeur.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Est-il trop limpide et invisible (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Gérald Lefèvre

    
Est-il trop limpide et invisible à d’autres yeux
le secret qui remplit le panier de mes jours ?

Qui mangera avec moi les fruits dont il regorge ?
Ne sont-ils pas trop acides ou trop mûrs pour d’autres bouches ?

Leur odeur berce mon âme, lui donne saveur d’éternel et couleur d’amour.
Elle peut alors rejoindre le pré nourrissant et sauvage de l’enfance première,
l’ordre pur qui attire et délivre, première porte du paradis.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Aube vivante (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Aube vivante

La lumière nimbe la source
Dans le bois humide
Dont le vent secoue les feuilles
Et mélange les couleurs
Avec les odeurs d’un matin acide

Dans le silence
J’écoute monter la sève
Vers un ciel aride
Et me drape de clarté

J’emprisonne l’espace
Où le soleil se mire
Et multiplie sa propre image

Il se lève sur un matin d’oiseaux
Qui criblent l’air de cris
Lentement le jour déplie ses doigts
Pour me caresser le front.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Il y avait (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
— Il y avait la terre qu’un renard fouillait,
il y avait un arbre et ses branches brisées,
il y avait le ciel et ses nuages acides,
il y avait la pluie qui noyait les labours,
il y avait un fleuve et ses méandres de boue,
il y avait le froid qui censurait les gestes,
il y avait un corps qui observait le monde,
il y avait un jour d’une mort ordinaire ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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MONTS ET MERVEILLES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



    

MONTS ET MERVEILLES

Soleil dont le plateau fait pencher la balance
Le vent dans les barreaux
Le premier pas de danse
Et la neige qui fond
Les liens qui se défont
La pensée qui descend lentement du plafond
Le sourire attendu qui lézarde la face

Seigneur il fait si beau
Comment rester en place
Je vais te réclamant sur les toits bohémiens
Pour t’appeler les mots ne viennent pas très bien
Niais de mes yeux tu vois j’apprivoise les anges
Les arbres et mes bras font un curieux mélange
Toujours plus près de toi
Conseillé par les fleurs
Ta main pressant la pomme acide de mon coeur

Je t’attends
Tu n’attends jamais laissé un homme attendre
Pour t’aimer
Tu diras comment il faut s’y prendre
J’ai tant besoin d’amour
Mon Dieu, tu ne peux pas me rayer de ton cours

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Par un cri d’hirondelle (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
par un cri d’hirondelle abritées
douleur et douceur se fiancent

sans cesse tremblent les lèvres de la mer
ta peau seule est l’impossible aveu

sois le rêve des arbres qui dorment
sois le havre des vents qui vont

ce qu’une vie ne suffit pas à voir
laisse l’acide nudité du matin le franchir

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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